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Les Droits de l’Homme

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Fév 2026Mis à jour

EMC Collùge – Des textes fondateurs aux enjeux contemporains

Les droits de l’Homme sont les droits inaliĂ©nables reconnus Ă  tout ĂȘtre humain, quelle que soit sa nationalitĂ©, son origine, son sexe, sa religion ou sa condition sociale. Ils sont le fruit de siĂšcles de luttes et de rĂ©flexions philosophiques, et sont aujourd’hui consacrĂ©s par des textes juridiques nationaux et internationaux. Comprendre ces droits, c’est comprendre le socle sur lequel repose toute sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique — et mesurer Ă  quel point ils restent fragiles et menacĂ©s.


Sommaire


Qu’est-ce qu’un Droit de l’Homme ?

CaractéristiqueSignification
UniverselsIls s’appliquent Ă  tous les ĂȘtres humains sans exception, partout dans le monde, indĂ©pendamment de la nationalitĂ©, du sexe, de l’origine ethnique, de la religion ou de toute autre condition. Un droit de l’Homme n’a pas besoin d’ĂȘtre mĂ©ritĂ© — il existe par le simple fait d’ĂȘtre humain
InaliĂ©nablesOn ne peut pas les vendre, les cĂ©der ni y renoncer. Personne ne peut renoncer Ă  sa dignitĂ©, mĂȘme volontairement. Un État ne peut pas « retirer » les droits de l’Homme Ă  ses citoyens
IndivisiblesTous les droits se tiennent. On ne peut pas respecter le droit Ă  la vie tout en supprimant la libertĂ© d’expression. Les droits civils et politiques sont insĂ©parables des droits Ă©conomiques et sociaux
ImprescriptiblesIls ne s’Ă©teignent pas avec le temps. On ne perd pas un droit fondamental parce qu’on ne l’a pas exercĂ© pendant longtemps

On distingue traditionnellement trois gĂ©nĂ©rations de droits de l’Homme, apparues progressivement dans l’histoire :

GĂ©nĂ©rationType de droitsÉpoqueExemples
1re gĂ©nĂ©rationDroits civils et politiques (« libertĂ©s-autonomie »). L’État doit s’abstenir d’interfĂ©rerXVIIIe siĂšcle (LumiĂšres, RĂ©volutions)LibertĂ© d’expression, de conscience, de la presse, droit de vote, prĂ©somption d’innocence, interdiction de la torture, droit Ă  un procĂšs Ă©quitable
2e gĂ©nĂ©rationDroits Ă©conomiques, sociaux et culturels (« droits-crĂ©ances »). L’État doit agir pour les garantirXIXe-XXe siĂšcle (mouvement ouvrier, État-providence)Droit au travail, Ă  l’Ă©ducation, Ă  la santĂ©, au logement, Ă  la sĂ©curitĂ© sociale, droit de grĂšve, protection de la famille
3e gĂ©nĂ©rationDroits collectifs et de solidaritĂ©. NĂ©cessitent une coopĂ©ration internationaleFin du XXe siĂšcleDroit Ă  un environnement sain, droit au dĂ©veloppement, droit Ă  la paix, droit au patrimoine commun de l’humanitĂ©

Les Grands Textes Fondateurs

TexteDatePortéeContenu essentiel
Habeas Corpus1679 (Angleterre)NationaleInterdit l’emprisonnement arbitraire. Toute personne arrĂȘtĂ©e doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e Ă  un juge dans un dĂ©lai court. Premier texte moderne protĂ©geant la libertĂ© individuelle contre l’État
Bill of Rights1689 (Angleterre)NationaleLimite les pouvoirs du roi, garantit les droits du Parlement, interdit les chùtiments cruels. ModÚle pour les déclarations américaine et française
DĂ©claration d’indĂ©pendance amĂ©ricaine4 juillet 1776Nationale (USA)« Tous les hommes sont créés Ă©gaux » avec des droits « inaliĂ©nables » Ă  « la vie, la libertĂ© et la recherche du bonheur ». PremiĂšre proclamation universelle, mais l’esclavage persiste jusqu’en 1865
DDHC26 aoĂ»t 1789France, portĂ©e universelle17 articles. Art. 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et Ă©gaux en droits. » Proclame la libertĂ©, l’Ă©galitĂ©, la propriĂ©tĂ©, la sĂ»retĂ©, la rĂ©sistance Ă  l’oppression, la sĂ©paration des pouvoirs. Valeur constitutionnelle en France
Préambule de 19461946FranceComplÚte la DDHC par les droits économiques et sociaux (travail, santé, éducation, grÚve, égalité hommes-femmes). Valeur constitutionnelle
DUDH10 déc. 1948Internationale (ONU)30 articles. Premier texte à portée universelle. Adoptée aprÚs la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Non contraignante juridiquement mais référence morale fondamentale
CEDH1950RĂ©gionale (46 États, Conseil de l’Europe)Juridiquement contraignante : les citoyens peuvent saisir la Cour europĂ©enne des droits de l’homme (Strasbourg) contre leur propre État

La DĂ©claration Universelle de 1948 — Articles ClĂ©s

RĂ©digĂ©e sous la prĂ©sidence d’Eleanor Roosevelt, avec la contribution du Français RenĂ© Cassin (prix Nobel de la paix 1968), la DUDH a Ă©tĂ© adoptĂ©e le 10 dĂ©cembre 1948 par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU Ă  Paris. Le 10 dĂ©cembre est depuis la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.

ArticleContenu résumé
Art. 1« Tous les ĂȘtres humains naissent libres et Ă©gaux en dignitĂ© et en droits. Ils sont douĂ©s de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternitĂ©. »
Art. 2Droits garantis sans distinction de race, couleur, sexe, langue, religion, opinion, origine, fortune, naissance
Art. 3Droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne
Art. 4Interdiction de l’esclavage et de la traite sous toutes leurs formes
Art. 5Interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants
Art. 13LibertĂ© de circulation. Droit de quitter tout pays, y compris le sien, et d’y revenir
Art. 18Liberté de pensée, de conscience et de religion, y compris le droit de changer de religion
Art. 19LibertĂ© d’opinion et d’expression, y compris le droit de chercher, recevoir et rĂ©pandre des informations
Art. 23Droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et à un salaire juste
Art. 26Droit Ă  l’Ă©ducation. L’enseignement Ă©lĂ©mentaire doit ĂȘtre gratuit et obligatoire

La Convention EuropĂ©enne des Droits de l’Homme

AdoptĂ©e en 1950 dans le cadre du Conseil de l’Europe (Ă  ne pas confondre avec l’Union europĂ©enne), la CEDH est le texte international de protection des droits de l’Homme le plus efficace au monde grĂące Ă  son mĂ©canisme juridictionnel contraignant.

ÉlĂ©mentDĂ©tail
Droits protĂ©gĂ©sDroit Ă  la vie, interdiction de la torture, interdiction de l’esclavage, droit Ă  la libertĂ© et Ă  la sĂ»retĂ©, droit Ă  un procĂšs Ă©quitable, respect de la vie privĂ©e, libertĂ© de pensĂ©e/conscience/religion, libertĂ© d’expression, libertĂ© de rĂ©union et d’association, interdiction de la discrimination
Cour europĂ©enne des droits de l’hommeSiĂšge Ă  Strasbourg. Tout citoyen d’un des 46 États membres peut saisir la Cour s’il estime que son État a violĂ© ses droits (aprĂšs avoir Ă©puisĂ© les recours nationaux). Les arrĂȘts sont obligatoires
La France et la CEDHLa France a été condamnée de nombreuses fois : surpopulation carcérale, violences policiÚres, durée excessive des procédures, conditions de rétention des étrangers. Ces condamnations obligent la France à améliorer ses pratiques
Conseil de l’Europe ≠ Union europĂ©enneLe Conseil de l’Europe (1949, Strasbourg, 46 membres) est une organisation distincte de l’Union europĂ©enne (1957/1992, Bruxelles, 27 membres). Le Conseil de l’Europe inclut des pays non-UE (Turquie, Royaume-Uni, NorvĂšge). La Russie en a Ă©tĂ© exclue en 2022

Les Droits de l’Enfant

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), adoptĂ©e par l’ONU le 20 novembre 1989, est le traitĂ© international le plus ratifiĂ© de l’histoire (196 États — seuls les États-Unis ne l’ont pas ratifiĂ©). Elle reconnaĂźt que l’enfant (toute personne de moins de 18 ans) a des droits spĂ©cifiques liĂ©s Ă  sa vulnĂ©rabilitĂ© et Ă  son dĂ©veloppement.

CatégorieDroitsArticles CIDE
ProtectionProtection contre les violences, les mauvais traitements, l’exploitation (travail, exploitation sexuelle), la traite, l’enlĂšvement, la guerre. Interdiction de recruter des enfants-soldats de moins de 15 ans. Protection des enfants rĂ©fugiĂ©s et handicapĂ©sArt. 19, 32, 34, 35, 38
PrestationDroit Ă  la vie et Ă  la survie, Ă  la santĂ© (accĂšs aux soins), Ă  l’Ă©ducation (Ă©cole obligatoire et gratuite), Ă  un niveau de vie suffisant, Ă  une identitĂ© (nom, nationalitĂ©), Ă  une familleArt. 6, 7, 24, 27, 28
ParticipationDroit d’exprimer librement son opinion sur les questions qui le concernent (et d’ĂȘtre entendu), libertĂ© de pensĂ©e, de conscience et de religion, droit aux loisirs et au jeuArt. 12, 13, 14, 31

Principe cardinal : l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l’enfant (art. 3) doit ĂȘtre une considĂ©ration primordiale dans toutes les dĂ©cisions qui concernent un enfant.

État des lieux mondial : malgrĂ© la Convention, les violations persistent massivement. 160 millions d’enfants travaillent dans le monde (OIT, 2021), dont la moitiĂ© dans des conditions dangereuses. ~250 000 enfants-soldats sont exploitĂ©s (UNICEF). Des millions d’enfants n’ont pas accĂšs Ă  l’Ă©cole, notamment les filles en Afghanistan, au Sahel et dans les zones de conflit. En France, le DĂ©fenseur des droits dispose d’un adjoint spĂ©cialement chargĂ© de la dĂ©fense des droits de l’enfant. Le 20 novembre est la JournĂ©e internationale des droits de l’enfant.


Institutions et ONG de Protection

OrganisationTypeMission
ONU — Conseil des droits de l’hommeInstitution internationale (GenĂšve)Examine la situation des droits de l’Homme dans tous les pays (Examen PĂ©riodique Universel). Nomme des rapporteurs spĂ©ciaux (torture, libertĂ© d’expression, droits des femmes)
Cour pĂ©nale internationale (CPI)Juridiction internationale (La Haye)Juge les individus accusĂ©s de gĂ©nocide, crimes contre l’humanitĂ©, crimes de guerre et crime d’agression. Créée en 2002 (Statut de Rome). 124 États membres — les USA, la Russie et la Chine n’en font pas partie
Cour europĂ©enne des droits de l’hommeJuridiction rĂ©gionale (Strasbourg)Applique la Convention europĂ©enne. Recours individuel. ArrĂȘts contraignants
Défenseur des droitsInstitution nationale (France)Autorité indépendante saisissable gratuitement par toute personne, y compris les enfants. Lutte contre les discriminations, contrÎle la déontologie des forces de sécurité
Amnesty InternationalONG internationale (1961)EnquĂȘte et dĂ©nonce les violations dans le monde. PĂ©titions, campagnes de pression. Prix Nobel de la paix 1977. ~10 millions de membres
Reporters sans frontiÚres (RSF)ONG internationale (1985, Paris)Défend la liberté de la presse. Classement annuel de 180 pays. Soutient les journalistes emprisonnés et persécutés
UNICEFAgence de l’ONUProtĂšge les droits des enfants : santĂ©, Ă©ducation, protection. Intervient dans les crises humanitaires
Human Rights Watch (HRW)ONG internationale (1978, New York)EnquĂȘtes de terrain sur les violations. Rapports utilisĂ©s comme preuves par les tribunaux internationaux. Plaidoyer auprĂšs des gouvernements
Ligue des droits de l’Homme (LDH)Association française (1898)FondĂ©e lors de l’affaire Dreyfus. DĂ©fend les libertĂ©s individuelles et collectives en France. Combat les discriminations, le racisme et les atteintes aux libertĂ©s

Violations et Enjeux Contemporains

EnjeuSituation
TortureInterdite par toutes les conventions, elle reste pratiquée dans plus de 140 pays (Amnesty). Violences physiques, privation de sommeil, isolement prolongé, menaces contre la famille
Peine de mortAbolie dans 112 pays. AppliquĂ©e dans ~20 (Chine, Iran, Arabie Saoudite, USA). Tendance mondiale Ă  l’abolition. Risque irrĂ©versible d’erreur judiciaire
RĂ©fugiĂ©s et migrants110+ millions de personnes dĂ©placĂ©es de force (HCR, 2023 — record). Guerres, persĂ©cutions, climat. Droit d’asile (Convention de GenĂšve 1951) souvent bafouĂ© : refoulements, conditions indignes, murs
Droits des femmesÉcarts de salaire (~15 % en France, ~20 % mondial), violences conjugales (1 femme sur 3 selon l’OMS), mariages forcĂ©s, mutilations gĂ©nitales, restrictions Ă  l’Ă©ducation (Afghanistan, Iran)
LibertĂ© de la presse500+ journalistes emprisonnĂ©s, 50+ tuĂ©s en 2023 (RSF). Censure d’Internet en Chine, Russie, Iran. Concentration des mĂ©dias
Discrimination et racismeDiscriminations persistantes Ă  l’embauche, au logement, dans les contrĂŽles policiers. Homophobie pĂ©nalisĂ©e dans certains pays (69 États criminalisent encore l’homosexualitĂ©)
Droits numĂ©riquesSurveillance de masse (reconnaissance faciale en Chine, rĂ©vĂ©lations Snowden 2013). Exploitation des donnĂ©es personnelles. Émergence d’un « droit au numĂ©rique » et d’un « droit Ă  l’oubli » (RGPD)
Esclavage moderne~50 millions de personnes en situation d’esclavage moderne dans le monde (OIT, 2022) : travail forcĂ©, servitude pour dette, traite des ĂȘtres humains, mariage forcĂ©. Toutes les rĂ©gions du monde sont concernĂ©es, y compris l’Europe

Questions Fréquentes

La Déclaration universelle est-elle vraiment universelle ?

Elle se veut universelle — applicable Ă  tous les ĂȘtres humains, partout — mais cette universalitĂ© est contestĂ©e. Certains gouvernements (Chine, Arabie Saoudite, Russie) la considĂšrent comme un produit de la pensĂ©e occidentale et lui opposent des valeurs « asiatiques », « islamiques » ou « traditionnelles ». Des intellectuels du Sud critiquent une dĂ©claration rĂ©digĂ©e en 1948 par des États coloniaux qui ne respectaient pas eux-mĂȘmes les droits proclamĂ©s. MalgrĂ© ces critiques, la DUDH reste le texte de rĂ©fĂ©rence mondial : les mouvements de libĂ©ration (anti-colonisation, droits civiques, printemps arabes) s’en sont toujours rĂ©clamĂ©s. L’universalitĂ© n’est pas un fait acquis — c’est un horizon vers lequel tendre.

Quelle est la différence entre la DDHC et la DUDH ?

La DDHC de 1789 est un texte français. Elle a valeur constitutionnelle en France : on peut l’invoquer devant un tribunal français, et le Conseil constitutionnel s’en sert pour censurer des lois. Elle proclame principalement des droits civils et politiques (1re gĂ©nĂ©ration). La DUDH de 1948 est un texte international adoptĂ© par l’ONU. Elle couvre aussi les droits Ă©conomiques et sociaux (2e gĂ©nĂ©ration). Mais elle n’est pas juridiquement contraignante : c’est une dĂ©claration de principes, pas un traitĂ©. Aucun tribunal ne peut directement la faire appliquer. C’est la CEDH (1950) et les Pactes internationaux de 1966 qui transforment ces principes en obligations juridiques.

La France respecte-t-elle bien les droits de l’Homme ?

La France est l’un des pays oĂč les droits de l’Homme sont le mieux protĂ©gĂ©s au monde, grĂące Ă  un arsenal juridique solide (DDHC, PrĂ©ambule de 1946, CEDH, DĂ©fenseur des droits, justice indĂ©pendante). Mais elle est loin d’ĂȘtre irrĂ©prochable. La France est rĂ©guliĂšrement condamnĂ©e par la Cour europĂ©enne des droits de l’homme pour : la surpopulation carcĂ©rale (taux d’occupation de ~120 % en moyenne, conditions indignes), la durĂ©e excessive des procĂ©dures judiciaires, les violences policiĂšres (usage disproportionnĂ© de la force lors de manifestations), les conditions d’accueil des rĂ©fugiĂ©s, et les discriminations (contrĂŽles au faciĂšs, accĂšs au logement). DĂ©fendre les droits de l’Homme, c’est aussi accepter un regard critique sur ses propres pratiques.

Pourquoi certains pays ne respectent-ils pas les droits de l’Homme ?

Plusieurs raisons se combinent. Certains rĂ©gimes autoritaires voient les droits de l’Homme comme une menace pour leur pouvoir et les rĂ©priment dĂ©libĂ©rĂ©ment (Chine, CorĂ©e du Nord, Russie, ÉrythrĂ©e). D’autres pays sont si pauvres qu’ils ne peuvent pas garantir les droits Ă©conomiques et sociaux (Ă©ducation, santĂ©) mĂȘme s’ils le voulaient. Certains invoquent des traditions culturelles ou religieuses pour justifier des violations (excision, mariages forcĂ©s, peine de mort pour homosexualitĂ©). Enfin, mĂȘme dans les dĂ©mocraties, la peur (terrorisme, immigration, crise Ă©conomique) pousse parfois Ă  accepter des reculs des libertĂ©s au nom de la sĂ©curitĂ©. L’histoire montre que les droits de l’Homme ne sont jamais dĂ©finitivement acquis — ils doivent ĂȘtre dĂ©fendus en permanence par les citoyens, les associations et les institutions.


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