Guerre froide et décolonisation : cours de terminale
De 1945 au début des années 1970, les deux blocs se structurent et de nouveaux États s’affirment. Repères, crises, indépendances, méthode et 20 questions corrigées pour comprendre leurs relations.
La guerre froide est la rivalité politique, idéologique, économique et militaire qui oppose principalement les États-Unis et l’URSS après la Seconde Guerre mondiale. La décolonisation désigne les processus par lesquels des territoires sous domination coloniale accèdent à l’indépendance. Ces deux phénomènes se croisent, mais l’un ne se réduit pas à l’autre : les mouvements d’indépendance ont leurs propres acteurs, revendications et chronologies.
Cette fiche se concentre sur la bipolarisation et l’émergence du tiers-monde, avec les repères de 1945 nécessaires pour comprendre le chapitre. Elle ne remplace pas les autres parties du thème 2, notamment l’étude complète de la France. Le programme de terminale générale retient en particulier Cuba en 1962, les guerres d’Indochine et du Vietnam et l’année 1968 dans le monde.
Après le cours, les 20 questions corrigées permettent de vérifier les repères, de comparer des situations et de construire des réponses argumentées. Les exercices sont créés pour cette fiche : ce ne sont pas des sujets officiels ni des prévisions d’évaluation.
1945 : reconstruire un ordre international
Une alliance de guerre qui ne règle pas l’après-guerre
À Yalta, du 4 au 11 février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline discutent notamment du sort de l’Allemagne, de l’Europe libérée et de la future ONU. La conférence de Potsdam, du 17 juillet au 2 août, précise l’organisation de l’Allemagne vaincue. Le territoire allemand et Berlin sont occupés en quatre zones ou secteurs, dont un français. Cela ne correspond pas encore à la création de deux États allemands.
Évite donc la formule « Yalta partage officiellement le monde en deux ». Les conférences règlent des questions concrètes de fin de guerre, tout en laissant des désaccords sur l’avenir politique de l’Europe. Les engagements concernant les élections et la souveraineté ne reçoivent pas la même application dans les territoires concernés. Pour reprendre les événements qui précèdent, utilise les repères de collège sur la Seconde Guerre mondiale.
L’ONU et la reconstruction économique
La charte fondatrice de l’ONU, signée le 26 juin 1945, entre en vigueur le 24 octobre. L’organisation vise notamment le maintien de la paix et la coopération internationale. Au Conseil de sécurité, les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. Un veto peut empêcher l’adoption d’une décision de fond ; il ne suspend pas pour autant toute l’activité de l’ONU, de son Assemblée générale ou de ses organismes.
Les accords de Bretton Woods, conclus en juillet 1944, préparent un système monétaire fondé sur des parités fixes et sur un dollar convertible en or. Ils prévoient aussi le Fonds monétaire international et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Distingue bien ces institutions économiques de l’ONU : elles relèvent de projets de coopération liés, mais n’ont ni les mêmes fonctions ni la même date de création.
En France, la reconstruction comprend également des transformations politiques et sociales issues de la Libération. La fiche sur la refondation de la République entre 1944 et 1947 permet de revoir ce contexte. Le programme du Conseil national de la Résistance appartient à ce volet français, et ne doit pas être confondu avec une décision des conférences interalliées.
1947-1955 : deux blocs en formation
Deux modèles, des discours à analyser
Le modèle américain associe institutions représentatives pluralistes, propriété privée et économie de marché. Le modèle soviétique repose sur le pouvoir du parti communiste, la planification et la propriété étatique ou collective des principaux moyens de production. Ces caractéristiques servent à comparer les systèmes ; elles ne permettent pas de décrire automatiquement tous leurs alliés comme des copies conformes.
Dans un discours de guerre froide, distingue la description des institutions et la présentation qu’un gouvernement donne de lui-même. Quand Truman invoque les « peuples libres » ou quand Jdanov oppose un camp « impérialiste » à un camp « anti-impérialiste », ce sont des catégories employées par ces dirigeants. Dans ta réponse, écris « Truman présente… » ou « Jdanov affirme… » au lieu d’adopter leur vocabulaire comme une description neutre du monde.
Truman, Marshall et Jdanov : trois repères de 1947
Le 12 mars 1947, la doctrine Truman annonce une aide destinée d’abord à la Grèce et à la Turquie. Elle s’inscrit dans l’endiguement, ou containment : empêcher l’extension de l’influence communiste. Il ne s’agit pas d’un traité militaire créant l’OTAN.
Le plan Marshall, annoncé le 5 juin 1947 et mis en œuvre à partir de 1948, propose une aide économique à la reconstruction européenne. L’URSS la refuse et s’oppose à son acceptation par les pays placés sous son influence. En septembre 1947, le rapport de Jdanov formule une lecture du monde en deux camps lors de la réunion qui fonde le Kominform, organisme de coordination de partis communistes. Distingue la doctrine, qui expose une analyse politique, de l’organisation qui réunit ces partis.
Des alliances qui se construisent progressivement
Le coup de Prague de février 1948 renforce le contrôle communiste sur la Tchécoslovaquie. En 1949 sont créées l’OTAN, alliance militaire occidentale, puis la RFA à l’Ouest et la RDA à l’Est de l’Allemagne. La même année, l’URSS réalise son premier essai atomique et la République populaire de Chine est proclamée. Le pacte de Varsovie, alliance militaire organisée autour de l’URSS, date de 1955. Ces étapes structurent les blocs sans rendre leurs relations internes immuables.
Berlin, Cuba et la Détente
Berlin : le blocus de 1948 n’est pas le mur de 1961
Du 24 juin 1948 au 12 mai 1949, le blocus de Berlin interrompt les accès terrestres occidentaux à Berlin-Ouest, situé dans la zone d’occupation soviétique. Les États-Unis et leurs alliés organisent un pont aérien pour ravitailler leurs secteurs. Le blocus est finalement levé. L’enjeu est le maintien de la présence occidentale à Berlin, pas l’indépendance d’une colonie.
Le mur de Berlin, à partir du 13 août 1961, répond à une autre situation : la RDA ferme la frontière pour empêcher les départs vers l’Ouest. Le dispositif se renforce progressivement ; il ne devient pas d’un seul coup le mur de béton des photographies ultérieures. Les Occidentaux restent à Berlin-Ouest, mais le mur demeure. Sa construction ne se conclut donc pas par un compromis qui le ferait disparaître.
Cuba en 1962 : une crise nucléaire et plusieurs acteurs
Après la révolution cubaine de 1959, le gouvernement de Fidel Castro se rapproche de l’URSS. En octobre 1962, la découverte de missiles soviétiques à Cuba déclenche une confrontation avec les États-Unis. Kennedy annonce une « quarantaine » navale pour empêcher l’arrivée de nouveaux équipements militaires offensifs. Les décisions ne concernent pas seulement Washington et Moscou : le gouvernement cubain a ses propres objectifs de sécurité.
Le compromis de la crise des missiles de Cuba comprend le retrait des missiles soviétiques, l’engagement américain de ne pas envahir Cuba et un accord confidentiel sur le retrait des missiles américains Jupiter de Turquie. Les concessions ne sont donc pas toutes rendues publiques au même moment. Pour analyser l’épisode, précise les moyens de pression, les risques et les conditions de la désescalade, sans réduire la réponse à la désignation d’un « vainqueur ».
Une guerre froide qui comprend de véritables guerres
« Froide » ne signifie pas pacifique. La guerre de Corée, de 1950 à 1953, oppose les deux États coréens et implique une coalition sous mandat de l’ONU conduite par les États-Unis, ainsi que la Chine aux côtés du Nord. L’armistice ne réunifie pas la péninsule. Le conflit illustre l’articulation entre une guerre régionale et les rivalités internationales.
La coexistence pacifique désigne une orientation soviétique selon laquelle des États aux systèmes différents peuvent rivaliser sans qu’une guerre entre eux soit inévitable. Cette orientation ne suppose ni l’abandon de la compétition idéologique, ni la disparition des interventions militaires. Distingue donc une doctrine affichée, les pratiques des États et les moments où les tensions se réduisent effectivement.
La Détente désigne ensuite une phase de négociation et de limitation de certains risques, particulièrement visible dans les années 1960 et au début des années 1970. Les accords SALT I de 1972 portent sur certaines armes stratégiques et les systèmes antimissiles. Ils ne suppriment ni les arsenaux nucléaires, ni les alliances, ni les conflits régionaux.
La décolonisation : des trajectoires différentes
Des causes qui précèdent la guerre froide
Les mouvements nationalistes ne naissent pas tous en 1945. Leurs revendications, leurs organisations et leurs mobilisations se sont développées auparavant. La Seconde Guerre mondiale modifie toutefois les rapports de force : affaiblissement de plusieurs métropoles, mobilisation des populations colonisées et remise en cause de l’autorité européenne. Pour expliquer une indépendance, pars des acteurs du territoire concerné, pas uniquement des décisions américaines ou soviétiques.
Le contexte international peut soutenir les revendications, mais aussi prolonger un conflit. Les États-Unis affichent leur opposition au colonialisme tout en soutenant la France en Indochine dans le cadre de l’endiguement. L’URSS soutient des mouvements anticoloniaux tout en cherchant à étendre son influence. La décolonisation de l’Asie et de l’Afrique demande donc de distinguer les déclarations de principe, les décisions concrètes et les initiatives des colonisés.
Inde et Pakistan : négocier n’exclut pas les violences
L’indépendance de l’Inde et du Pakistan en août 1947 résulte d’une négociation avec le Royaume-Uni, mais aussi de mobilisations et de tensions antérieures. La partition provoque des déplacements de millions de personnes et des violences de masse. La présentation du National Army Museum sur la partition montre pourquoi « indépendance négociée » ne doit pas être remplacé par « indépendance sans violence ».
Indonésie : distinguer proclamation et reconnaissance
En Indonésie, Sukarno et Hatta proclament l’indépendance en 1945. Les Pays-Bas tentent ensuite de rétablir leur domination. Une guerre et des négociations se succèdent jusqu’au transfert de souveraineté du 27 décembre 1949. Les archives nationales néerlandaises documentent cette seconde étape. Les deux dates ne sont pas concurrentes : 1945 désigne la proclamation, 1949 la reconnaissance et le transfert négociés avec les Pays-Bas.
L’Algérie : les étapes de la sortie de guerre
La guerre d’Algérie commence en novembre 1954 avec l’insurrection du FLN. La présence d’une importante population européenne, le statut du territoire, les inégalités coloniales et les choix des acteurs contribuent à la durée du conflit. Il faut aussi examiner les divisions internes, la répression, les attentats et le recours à la torture : aucun facteur isolé n’explique toute la guerre.
Les accords d’Évian sont conclus le 18 mars 1962 ; le cessez-le-feu prend effet le 19 mars. L’indépendance intervient en juillet, après le référendum d’autodétermination. Les violences ne cessent pas toutes en mars : les attentats de l’OAS et les affrontements de la transition touchent encore les populations. Les travaux présentés par la Fondation Charles de Gaulle et les recherches de l’historienne Malika Rahal sur 1962 permettent de distinguer accord diplomatique, cessez-le-feu et fin effective des violences.
La crise algérienne intervient également dans le changement de régime en France en 1958. Le cours sur les origines et les institutions de la Ve République fournit les repères de collège à approfondir ensuite dans le chapitre consacré à la France.
L’Afrique : une accélération, pas un modèle unique
L’indépendance du Ghana en 1957 et les nombreuses indépendances de 1960 constituent des repères majeurs. Le Ghana n’est cependant pas le premier État indépendant de tout le continent : il faut préciser le territoire colonial et la période que l’on étudie. De même, toutes les indépendances d’Afrique subsaharienne ne résultent pas d’une transition sans affrontements.
Le Cameroun, étudié dans une ressource d’Éduscol en donne un exemple : les violences et les opérations militaires contre l’Union des populations du Cameroun précèdent l’indépendance de 1960 et se poursuivent après celle-ci. Ce cas invite à examiner chaque trajectoire. Les processus de décolonisation continuent aussi au-delà des bornes de cette fiche ; le début des années 1970 n’en marque pas partout l’achèvement.
Indochine et Vietnam : croiser les deux histoires
Les guerres d’Indochine et du Vietnam permettent de relier décolonisation, affrontements internes et guerre froide. Il ne suffit pas de juxtaposer une guerre contre la France et une guerre avec les États-Unis : il faut comprendre comment évoluent les acteurs et les soutiens extérieurs.
1946-1954 : la guerre d’Indochine
La France affronte notamment le Viet Minh, dirigé par Hô Chi Minh, qui revendique l’indépendance. Le conflit s’inscrit progressivement dans la guerre froide : la Chine communiste soutient le Viet Minh et les États-Unis financent une part croissante de l’effort français. La défaite française de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, est suivie des accords de Genève en juillet.
Les accords organisent notamment un regroupement militaire de part et d’autre du 17e parallèle. Cette ligne est conçue comme une démarcation provisoire, non comme la frontière définitive de deux nations sans histoire commune. La guerre coloniale se termine, mais la question politique vietnamienne n’est pas réglée durablement.
1955-1975 : la guerre du Vietnam
Le Nord communiste reçoit des soutiens soviétiques et chinois ; les États-Unis soutiennent le Sud et intensifient leur engagement militaire, notamment à partir de 1965. Le conflit comprend des dimensions vietnamiennes propres : projets d’unification, rivalités politiques et affrontements au sein du Sud. Les acteurs locaux ne sont pas de simples exécutants des superpuissances.
L’offensive du Têt de 1968 constitue un moment important de la guerre et de son retentissement aux États-Unis. Pour une copie, distingue le déroulement militaire d’une opération de ses effets politiques et médiatiques. Les négociations et le retrait américain appartiennent à la fin de la période étudiée ; la prise de Saïgon en 1975 est un prolongement qui dépasse le début des années 1970.
Bandung, tiers-monde et non-alignement
Trois notions qui ne sont pas synonymes
Le terme tiers-monde, proposé par Alfred Sauvy en 1952 par analogie avec le tiers état, désigne un ensemble de pays qui cherchent à compter dans un ordre international dominé par les puissances industrielles. Dans l’histoire de cette période, il renvoie à des situations de développement et à des revendications politiques diverses, pas à une organisation possédant une liste stable de membres.
Le non-alignement correspond à une orientation diplomatique : préserver une autonomie à l’égard des blocs. Il ne signifie ni absence d’opinion, ni isolement, ni interdiction de toute coopération avec une superpuissance. Un gouvernement peut défendre le non-alignement tout en négociant une aide, un achat d’armes ou un accord commercial.
Bandung en 1955, Belgrade en 1961
La conférence de Bandung, du 18 au 24 avril 1955, réunit vingt-neuf délégations d’Asie et d’Afrique. Elle affirme notamment l’opposition au colonialisme, la souveraineté et la coopération. Les participants ne partagent pourtant pas tous le même régime ni les mêmes alliances : la Chine populaire y côtoie des pays liés aux États-Unis. Ce n’est donc pas la réunion d’un troisième bloc homogène.
Le mouvement des non-alignés prend forme lors du sommet de Belgrade en 1961, avec notamment la Yougoslavie de Tito, l’Inde de Nehru et l’Égypte de Nasser. La Yougoslavie, située en Europe, rappelle que le non-alignement ne se confond pas avec la seule décolonisation afro-asiatique. Bandung et Belgrade sont liés, mais constituent deux événements distincts.
Une affirmation politique et des contraintes économiques
L’arrivée de nouveaux États modifie les rapports de force diplomatiques. L’Assemblée générale de l’ONU adopte le 14 décembre 1960 la déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux. La tribune onusienne permet de porter des revendications de souveraineté et de développement sans disposer d’une puissance militaire comparable à celle des deux Grands.
L’indépendance politique est une transformation réelle : le nouvel État dispose de ses institutions et de sa diplomatie. Elle n’efface toutefois pas automatiquement la dépendance commerciale, financière ou technique. Selon les pays, les gouvernements recherchent des partenaires, nationalisent des activités ou développent des coopérations. Ne transforme pas ces contraintes en conclusion selon laquelle toutes les indépendances seraient fictives.
Un monde qui ne se réduit pas à deux camps
La Chine de Mao : une trajectoire distincte
Proclamée en 1949, la République populaire de Chine s’allie d’abord à l’URSS, puis entre en conflit avec elle. La rupture sino-soviétique montre qu’une référence commune au communisme ne garantit pas une politique étrangère commune. Pékin cherche sa propre place internationale et développe des relations avec des pays d’Asie et d’Afrique.
En 1971, la République populaire remplace les représentants de la République de Chine à l’ONU. En 1972, Nixon se rend en Chine. Ce rapprochement sino-américain n’implique pas la disparition des différences de régime : il montre que les relations diplomatiques ne se déduisent pas mécaniquement d’une opposition idéologique.
Le Proche et le Moyen-Orient : des enjeux régionaux
La naissance d’Israël en 1948, après le plan de partage adopté par l’ONU en 1947, s’accompagne d’une guerre et de l’exode de centaines de milliers de Palestiniens. Ces événements ont leurs dynamiques nationales, territoriales et coloniales propres. Les replacer dans la guerre froide ne signifie pas que celle-ci serait leur cause unique. La ressource d’accompagnement du thème 2 présente ce contexte.
En 1956, Nasser nationalise la compagnie du canal de Suez. L’intervention d’Israël, du Royaume-Uni et de la France déclenche une crise internationale ; les États-Unis et l’URSS s’opposent à l’opération pour des raisons différentes. La crise de Suez illustre à la fois l’affirmation égyptienne, les limites de l’action franco-britannique et l’absence d’unité automatique entre alliés occidentaux.
La guerre de juin 1967 conduit Israël à occuper de nouveaux territoires, dont la Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza, le Sinaï et le Golan. Les rivalités entre États de la région, les revendications palestiniennes et les soutiens extérieurs s’entrecroisent. Une explication historique doit situer ces faits en 1967, sans transformer une carte de cette année en description de toutes les situations ultérieures.
1968 : des contestations différentes selon les pays
En Tchécoslovaquie, le Printemps de Prague porte un projet de réforme du socialisme. L’intervention conduite par l’URSS en août 1968 met fin à cette dynamique. Le cas tchécoslovaque montre une contestation interne au bloc de l’Est, distincte du coup de Prague de 1948.
Aux États-Unis, la guerre du Vietnam suscite des mobilisations ; en France, mai-juin 1968 associe notamment contestation étudiante et grèves ouvrières. Ces mouvements ne défendent pas tous un projet identique et ne se limitent pas aux relations entre États. Ils font apparaître d’autres acteurs : étudiants, salariés, associations et opinions publiques. C’est pourquoi le chapitre inclut aussi une histoire des sociétés.
L’Europe occidentale et la France
La coopération européenne se développe avec la CECA puis la CEE. Elle ne se confond pas avec l’OTAN : la construction européenne et l’alliance militaire atlantique n’ont pas les mêmes objectifs ni les mêmes membres. Cet exemple permet de montrer que des États peuvent participer au camp occidental tout en élaborant des projets régionaux particuliers.
Une chronologie croisée pour réviser
Associe chaque date à un événement précisément nommé. Le tableau est un repère de révision, pas une liste exhaustive : certaines années voient plusieurs dynamiques se dérouler simultanément sans qu’elles aient un lien de causalité direct.
| Date | Relations internationales | Indépendances et nouveaux acteurs |
|---|---|---|
| 1945 | Yalta, Potsdam, création de l’ONU. | Proclamation de l’indépendance de l’Indonésie. |
| 1947 | Doctrine Truman, annonce du plan Marshall, rapport Jdanov. | Indépendance et partition de l’Inde britannique. |
| 1948-1949 | Blocus de Berlin ; OTAN ; RFA et RDA. | Israël en 1948 ; Chine populaire et transfert de souveraineté en Indonésie en 1949. |
| 1950-1953 | Guerre de Corée. | Intervention de la Chine dans le conflit. |
| 1954 | Accords de Genève après Diên Biên Phu. | Début de la guerre d’Algérie. |
| 1955 | Pacte de Varsovie. | Conférence de Bandung. |
| 1956-1957 | Crise de Suez ; traité créant la CEE en 1957. | Affirmation de l’Égypte ; indépendance du Ghana en 1957. |
| 1960 | Résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU. | Nombreuses indépendances africaines. |
| 1961 | Construction du mur de Berlin. | Sommet des non-alignés à Belgrade. |
| 1962 | Crise des missiles de Cuba. | Accords d’Évian en mars ; indépendance de l’Algérie en juillet. |
| 1968 | Offensive du Têt ; intervention en Tchécoslovaquie. | Mobilisations étudiantes et sociales dans plusieurs pays. |
| 1971-1972 | Rapprochement sino-américain ; SALT I en 1972. | Représentation de la Chine à l’ONU modifiée en 1971. |
Pour t’entraîner, cache une colonne et reconstruis-la. Puis choisis deux événements d’une même ligne : leur simultanéité suffit-elle à expliquer un lien ? Par exemple, la crise de Cuba et les accords d’Évian datent de 1962, mais ne sont pas les deux étapes d’un même conflit.
Construire une réponse d’histoire
Définir le sujet avant de choisir un plan
Commence par encadrer les dates et les espaces. Un sujet limité à 1945-début des années 1970 ne demande pas un récit détaillé de la chute du mur en 1989. Définis ensuite les mots importants : bipolarisation, indépendance, tiers-monde ou Détente. Ils n’impliquent pas tous le même angle d’analyse.
Prépare un tableau de brouillon à trois entrées : idée, exemple daté, explication. « Les blocs ne sont pas homogènes » est une idée ; le rapprochement sino-américain de 1972 est un exemple ; préciser qu’un État communiste négocie avec les États-Unis malgré ses différences idéologiques fournit le lien entre les deux.
Analyser un document sans le paraphraser
Identifie l’auteur, la date, la nature du document, les destinataires et le contexte. Un discours cherche souvent à justifier une politique ; une carte simplifie une situation ; un témoignage restitue une expérience située. Cite un passage court, explique-le avec le cours et indique ce que le document ne permet pas d’établir.
Une affiche hostile à un camp renseigne d’abord sur la représentation qu’en donne son auteur. Elle ne prouve pas, à elle seule, les accusations qu’elle contient. De même, un dirigeant qui affirme défendre l’indépendance de tous les peuples ne fournit pas la preuve que chacune de ses décisions respecte cette déclaration.
Rédiger et relire
Construis des paragraphes où une idée est expliquée par des faits précis. Les connecteurs « cependant », « tandis que » et « par conséquent » doivent exprimer un rapport réel : opposition, simultanéité ou conséquence. Termine en répondant à la question posée, sans inventer un plan valable pour tous les sujets.
Relis enfin les noms, les dates et les sigles : ONU n’est pas OTAN, Bandung n’est pas Belgrade, le blocus n’est pas le mur. Le guide pour organiser ses révisions au lycée peut servir de complément de méthode ; les consignes et le barème de ton professeur restent la référence de l’exercice demandé.
20 questions d’histoire avec corrigés
Réponds d’abord sans consulter les solutions. Les premières questions portent sur les repères ; les suivantes demandent une comparaison, une analyse de formulation ou une courte argumentation. Les synthèses proposées ne sont ni des citations d’archives ni des corrigés officiels.
Question 1 — Définir sans confondre
Distingue guerre froide, décolonisation et bipolarisation. Donne une phrase pour chaque notion.
Corrigé expliqué. La guerre froide est une rivalité globale dominée par les États-Unis et l’URSS. La décolonisation est l’accès à l’indépendance de territoires sous domination coloniale. La bipolarisation est l’organisation des relations internationales autour de deux pôles. Les deux premières notions désignent des processus historiques liés ; la troisième décrit une structure. Une indépendance peut modifier cette structure sans mettre fin à la rivalité.
Question 2 — Replacer cinq événements
Classe dans l’ordre : construction du mur de Berlin ; conférence de Bandung ; création de l’ONU ; doctrine Truman ; crise de Cuba.
Corrigé expliqué. ONU : 1945 ; Truman : 1947 ; Bandung : 1955 ; mur de Berlin : 1961 ; Cuba : 1962. Associe ensuite chaque événement à sa nature : institution, doctrine, conférence, fermeture d’une frontière ou crise internationale. Tu retiens ainsi davantage qu’une suite de nombres : tu peux expliquer ce que chaque repère représente.
Question 3 — Yalta et les deux Allemagnes
Corrige cette phrase : « À Yalta, en 1945, les Alliés créent la RFA et la RDA et partagent officiellement le monde en deux. »
Corrigé expliqué. Les discussions de 1945 portent notamment sur l’occupation de l’Allemagne et l’organisation de l’après-guerre. La RFA et la RDA sont créées en 1949. La division du monde en blocs se construit progressivement, surtout à partir de 1947 ; ce n’est pas une décision générale signée à Yalta. La phrase mélange une conférence, un dispositif d’occupation et la création ultérieure de deux États.
Question 4 — Doctrine, aide ou alliance ?
Classe ces trois éléments en justifiant : doctrine Truman, plan Marshall, OTAN.
Corrigé expliqué. La doctrine Truman expose une orientation de politique étrangère, liée à l’endiguement. Le plan Marshall est un dispositif d’aide économique. L’OTAN est une alliance militaire. Ils participent à la politique américaine et à la structuration du camp occidental, mais leurs instruments sont différents. Leur relation ne permet pas d’utiliser les trois noms comme des synonymes.
Question 5 — Comparer deux crises de Berlin
Donne les dates, l’action principale et l’issue du blocus de Berlin et de la construction du mur.
Corrigé expliqué. En 1948-1949, les accès terrestres occidentaux sont bloqués ; le pont aérien maintient le ravitaillement, puis le blocus est levé. En 1961, la RDA ferme la frontière et construit un dispositif destiné à empêcher les départs ; le mur reste en place. Le premier épisode porte sur l’accès à Berlin-Ouest, le second sur le passage des populations. Leurs issues ne sont donc pas identiques.
Question 6 — Reconstituer le compromis de Cuba
Cite une concession soviétique et deux engagements américains associés à la résolution de la crise de 1962.
Corrigé expliqué. L’URSS accepte le retrait de ses missiles de Cuba. Les États-Unis s’engagent à ne pas envahir l’île et acceptent confidentiellement le retrait de leurs missiles Jupiter de Turquie. L’information publique et les arrangements confidentiels ne sont pas identiques. Une réponse qui ne cite que le retrait soviétique décrit une partie du compromis, pas son ensemble.
Question 7 — Expliquer le mot « froide »
Pourquoi cette expression ne signifie-t-elle pas que la période est dépourvue de guerres ? Utilise l’exemple coréen.
Corrigé expliqué. La guerre de Corée, de 1950 à 1953, est un conflit armé qui mobilise les deux États coréens, les États-Unis et leurs alliés sous mandat onusien, ainsi que la Chine. La guerre froide désigne le cadre global de rivalité, pas une absence de combats. L’absence de guerre ouverte et généralisée entre les deux superpuissances ne rend pas les conflits régionaux moins réels.
Question 8 — Détente et désarmement
Un élève écrit : « SALT I met fin à la guerre froide et supprime toutes les armes nucléaires en 1972. » Rectifie.
Corrigé expliqué. SALT I limite certains armements stratégiques et encadre les systèmes antimissiles. Les accords ne suppriment pas toutes les armes nucléaires et n’abolissent pas les blocs. Ils illustrent une négociation entre puissances rivales. Il faut distinguer limitation, réduction et suppression d’armements : ces mots n’ont pas la même portée.
Question 9 — Expliquer les causes d’une indépendance
Propose trois catégories d’explication de la décolonisation sans tout attribuer aux États-Unis et à l’URSS.
Corrigé expliqué. On peut distinguer les mobilisations dans les territoires colonisés, les transformations des métropoles après la guerre et le contexte international. Dans chaque cas étudié, précise les organisations, les revendications et les décisions concernées. Cette grille aide à classer les causes ; elle ne signifie pas que leur poids est identique dans tous les territoires.
Question 10 — Négociation et violence en 1947
Pourquoi l’Inde et le Pakistan empêchent-ils d’assimiler indépendance négociée et transition sans violence ?
Corrigé expliqué. L’indépendance de 1947 est négociée avec le Royaume-Uni, mais la partition entraîne des violences de masse et d’importants déplacements de population. Le mode de transfert du pouvoir et les conditions vécues par les populations sont deux questions différentes. Une analyse doit traiter les deux, au lieu de ranger tout le processus dans une seule case « pacifique ».
Question 11 — Deux dates pour l’Indonésie
Que distinguent les repères 1945 et 1949 dans l’indépendance de l’Indonésie ?
Corrigé expliqué. 1945 correspond à la proclamation de l’indépendance par les dirigeants indonésiens. 1949 correspond au transfert de souveraineté obtenu après le conflit et les négociations avec les Pays-Bas. La distinction montre qu’une proclamation ne signifie pas nécessairement que la puissance coloniale reconnaît immédiatement le nouvel État.
Question 12 — L’Algérie : mars n’est pas juillet
Associe les accords d’Évian, le cessez-le-feu et l’indépendance aux trois repères : 18 mars, 19 mars et juillet 1962. Quelle précision faut-il ajouter ?
Corrigé expliqué. 18 mars : accords d’Évian. 19 mars : entrée en vigueur du cessez-le-feu. Juillet : indépendance. Il faut ajouter que des violences se poursuivent pendant la transition. Un accord établit un cadre politique et militaire ; sa conclusion ne prouve pas que toute la population est immédiatement en sécurité.
Question 13 — Changer d’échelle avec le Vietnam
Explique en trois phrases le lien entre guerre d’Indochine, décolonisation et guerre froide.
Corrigé expliqué. La guerre d’Indochine oppose notamment la France au Viet Minh qui revendique l’indépendance. Elle s’internationalise avec le soutien chinois au Viet Minh et l’aide américaine à la France. Après 1954, le conflit vietnamien oppose des projets politiques concurrents et mobilise les soutiens des deux superpuissances : l’enjeu national et la rivalité internationale s’articulent, sans se confondre.
Question 14 — Bandung n’est pas Belgrade
Identifie une différence de date et une différence de nature entre Bandung et Belgrade.
Corrigé expliqué. Bandung, en 1955, est une conférence afro-asiatique rassemblant des gouvernements aux orientations diverses. Belgrade, en 1961, est le sommet fondateur du mouvement des non-alignés. Bandung contribue à l’affirmation internationale de nouveaux États, mais ses participants ne constituent pas tous un ensemble sans liens avec les blocs.
Question 15 — Tiers-monde et non-alignement
Explique pourquoi « tous les pays du tiers-monde restent à égale distance des deux blocs » est une généralisation incorrecte.
Corrigé expliqué. Le tiers-monde désigne un ensemble hétérogène, pas un traité d’alliance imposant une conduite commune. Le non-alignement constitue une orientation diplomatique, qui n’empêche pas des coopérations ponctuelles avec un bloc. Les positions doivent être étudiées pays par pays et à une date précise. Une catégorie générale ne permet pas de déduire automatiquement les décisions de chaque gouvernement.
Question 16 — La Chine et les limites des blocs
Que permet de montrer la visite de Nixon en Chine en 1972 ?
Corrigé expliqué. Elle montre un rapprochement diplomatique entre deux États de régimes différents, dans un contexte de tensions sino-soviétiques. Le monde ne fonctionne pas comme deux ensembles totalement unifiés. Il ne faut pas en déduire que la Chine devient capitaliste en 1972 ni que ses relations avec les États-Unis sont immédiatement normalisées dans tous les domaines.
Question 17 — Suez : identifier les acteurs
Dans la crise de Suez de 1956, distingue la décision égyptienne, l’intervention militaire et les réactions des deux Grands.
Corrigé expliqué. Nasser nationalise la compagnie du canal de Suez. Israël, le Royaume-Uni et la France interviennent militairement. Les États-Unis et l’URSS s’opposent à cette opération, sans partager pour autant les mêmes objectifs généraux. L’exemple montre qu’une crise régionale peut opposer des États appartenant habituellement au même camp, et que l’Égypte prend elle-même une initiative.
Question 18 — Étudier 1968 sans tout confondre
Compare le Printemps de Prague et les mobilisations contre la guerre du Vietnam aux États-Unis. Quel point commun et quelle différence peux-tu retenir ?
Corrigé expliqué. Dans les deux cas, des acteurs contestent une politique ou un fonctionnement existant. Mais Prague porte un projet de réforme dans un État du bloc de l’Est, tandis que les mobilisations américaines citées s’opposent à la guerre du Vietnam. Leurs contextes et leurs objectifs ne sont pas identiques. Le rapprochement est utile à condition de ne pas fabriquer un programme commun à toutes les contestations de 1968.
Question 19 — Lire une déclaration avec distance
Un document de 1960 affirme le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Quelles vérifications dois-tu faire avant d’en conclure que toutes les colonies deviennent immédiatement indépendantes ?
Corrigé expliqué. Vérifie l’auteur, la nature et la portée du texte, puis distingue le principe proclamé de son application. La déclaration adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1960 formule une orientation anticoloniale ; elle n’est pas une série d’actes d’indépendance automatiquement exécutés dans tous les territoires. Compare-la aux situations locales et aux chronologies. Cette question est un exercice d’analyse, non la citation d’un document fictif.
Question 20 — Proposer un plan argumenté
Propose un plan pour répondre à cette question d’entraînement : « Comment les nouveaux États s’affirment-ils dans un monde dominé par les deux blocs entre 1945 et le début des années 1970 ? »
Corrigé expliqué. Un plan possible : d’abord, les indépendances font apparaître de nouveaux États selon des trajectoires diverses ; ensuite, Bandung, le non-alignement et l’ONU offrent des moyens d’affirmation diplomatique ; enfin, l’aide extérieure, les conflits régionaux et les désaccords entre gouvernements limitent l’unité de cet ensemble. Associe un exemple daté à chaque idée. Ce plan répond à cette question précise : il n’est ni obligatoire ni transposable sans réflexion à tous les sujets du chapitre.
QCM, textes à trous et cartes de révision
Ces modules servent à revoir les repères et le vocabulaire. Ils complètent les réponses rédigées précédentes ; ils ne constituent pas un barème officiel d’histoire.
Que propose le plan Marshall annoncé en juin 1947 ?
- Une alliance militaire fondée en 1949.
- Une aide économique à la reconstruction européenne.
- La création immédiate de deux États allemands.
L’aide Marshall est économique. L’OTAN est une alliance militaire, et la RFA comme la RDA sont créées en 1949.
Comment les Occidentaux répondent-ils au blocus de Berlin en 1948-1949 ?
- Ils organisent un pont aérien.
- Ils construisent le mur de Berlin.
- Ils quittent définitivement leurs secteurs.
Le pont aérien permet le ravitaillement de Berlin-Ouest. Le mur est construit par la RDA à partir de 1961.
Que réunit la conférence de Bandung en 1955 ?
- Les seuls membres de l’OTAN.
- Les dirigeants des deux Allemagnes.
- Vingt-neuf délégations d’Asie et d’Afrique.
Les délégations réunies à Bandung ont des orientations variées. La conférence ne fonde pas une alliance militaire homogène.
Quel événement suit la défaite française de Diên Biên Phu en mai 1954 ?
- Les accords de Genève en juillet 1954.
- La dissolution de l’URSS.
- La construction du mur de Berlin.
Les accords de Genève mettent fin à la guerre d’Indochine. Ils ne mettent pas fin à tous les conflits ultérieurs au Vietnam.
Quel est l’un des engagements américains du compromis de Cuba ?
- Annexer Cuba.
- Ne pas envahir Cuba.
- Dissoudre l’OTAN.
L’engagement de non-invasion fait partie du compromis, avec le retrait soviétique et l’accord confidentiel concernant les missiles américains de Turquie.
Quelle association est correcte ?
- Bandung : 1961 ; Belgrade : 1955.
- Bandung : 1945 ; Belgrade : 1947.
- Bandung : 1955 ; Belgrade : 1961.
Bandung précède de six ans le sommet de Belgrade. Les deux événements sont liés, mais leur nature et leurs participants ne se confondent pas.
Que montre la partition de l’Inde britannique en 1947 ?
- Une indépendance négociée peut s’accompagner de violences massives.
- Négociation signifie toujours absence de violence.
- Les indépendances asiatiques commencent toutes après 1960.
Le transfert de pouvoir négocié et les violences de la partition doivent être étudiés ensemble.
Que désigne le 19 mars 1962 dans la guerre d’Algérie ?
- Le début de l’insurrection du FLN.
- L’entrée en vigueur du cessez-le-feu prévu par les accords d’Évian.
- Le sommet fondateur des non-alignés.
Les accords sont conclus le 18 mars, le cessez-le-feu prend effet le lendemain et l’indépendance intervient en juillet.
Quel événement montre une divergence au sein du monde communiste ?
- La création de l’ONU.
- L’annonce du plan Marshall.
- La rupture entre la Chine populaire et l’URSS.
La référence au communisme n’empêche pas les conflits politiques et diplomatiques entre les deux États.
La Détente signifie…
- la disparition de toutes les armes nucléaires.
- la négociation et la limitation de certains risques sans disparition de la rivalité.
- la fin de tous les conflits régionaux.
SALT I illustre la maîtrise négociée de certains armements, non une paix générale mettant fin à la guerre froide.
L’organisation fondée en 1945 pour la paix et la coopération internationales est l’ONU.
La doctrine américaine annoncée le 12 mars 1947 porte le nom de Truman.
L’Alliance atlantique créée en 1949 est désignée par le sigle OTAN.
Le dispositif construit à Berlin à partir d’août 1961 est le mur.
L’Inde et le Pakistan accèdent à l’indépendance en 1947.
Les accords conclus le 18 mars 1962 portent le nom de la ville d’Évian.
La conférence afro-asiatique de 1955 se tient à Bandung.
Le sommet fondateur des non-alignés de 1961 se tient à Belgrade.
Guerre froide
Rivalité globale dominée par les États-Unis et l’URSS, sans guerre ouverte et généralisée entre eux.
La Corée et le Vietnam rappellent que la période comprend de véritables guerres.
Bipolarisation
Structuration des relations internationales autour de deux pôles et de leurs réseaux d’alliances.
OTAN et pacte de Varsovie illustrent la dimension militaire de cette organisation.
Endiguement
Politique américaine visant à limiter l’extension de l’influence communiste.
La doctrine Truman en 1947 est un repère du containment.
Coexistence pacifique
Orientation soviétique selon laquelle des systèmes différents peuvent rivaliser sans guerre inévitable entre eux.
Cette doctrine n’abolit ni les oppositions idéologiques ni les crises internationales.
Décolonisation
Processus par lequel un territoire sous domination coloniale accède à l’indépendance.
En Indonésie, distinguer la proclamation de 1945 et le transfert de souveraineté de 1949.
Tiers-monde
Catégorie historique désignant des pays aux situations diverses qui revendiquent une place internationale et le développement.
Ce n’est pas une organisation à laquelle tous les États adhèrent par le même traité.
Non-alignement
Recherche d’autonomie diplomatique à l’égard des deux blocs.
Belgrade, 1961 : sommet fondateur du mouvement des non-alignés.
Acteur international
État, organisation ou autre groupe dont les décisions et mobilisations interviennent dans les relations internationales.
Les nouveaux États, l’ONU et les mouvements contre la guerre du Vietnam agissent à des échelles différentes.
Questions fréquentes
Quelles sont les dates de la guerre froide à retenir ?
Le repère scolaire le plus courant est 1947-1991, mais les tensions de l’après-guerre expliquent la rupture de 1947. Cette fiche traite surtout de 1945 au début des années 1970 : la fin de la guerre froide appartient à une autre période. Adapte les dates à la question posée plutôt que de raconter systématiquement tout le conflit.
Pourquoi parle-t-on d’un monde bipolaire ?
Parce que les États-Unis et l’URSS structurent une grande partie des relations internationales autour de leurs modèles et de leurs alliances. Cela ne signifie pas que tous les pays appartiennent à un bloc, ni que les alliés suivent toujours la même politique. La Chine et les non-alignés montrent les limites de cette représentation.
Quelle différence entre le blocus et le mur de Berlin ?
Le blocus de 1948-1949 porte sur les accès terrestres occidentaux à Berlin-Ouest ; un pont aérien répond à cette situation. Le mur est construit à partir d’août 1961 pour empêcher les départs vers l’Ouest. Les dates, les moyens employés et les objectifs diffèrent, même si les deux épisodes concernent la division de Berlin.
La décolonisation est-elle une conséquence de la guerre froide ?
Pas uniquement. Les mobilisations nationalistes et les transformations des sociétés colonisées ont leurs propres histoires. L’affaiblissement des métropoles et le contexte international interviennent également. La rivalité entre les blocs peut soutenir une revendication d’indépendance, mais aussi internationaliser ou prolonger un conflit, comme en Indochine.
Bandung et le non-alignement désignent-ils la même chose ?
Non. Bandung est une conférence afro-asiatique organisée en 1955. Le sommet de Belgrade de 1961 fonde le mouvement des non-alignés. La conférence de 1955 contribue à l’affirmation internationale des nouveaux États, mais réunit des gouvernements dont les alliances et les orientations sont différentes.
Tous les pays du tiers-monde sont-ils non alignés ?
Non. Le tiers-monde est une catégorie historique hétérogène ; le non-alignement est une orientation diplomatique et un mouvement. Il faut distinguer ces deux notions. Même un gouvernement non aligné peut coopérer avec les États-Unis ou l’URSS sans renoncer à toute autonomie de décision.
Les accords d’Évian correspondent-ils à l’indépendance de l’Algérie ?
Ils en préparent le processus, mais les dates ne se confondent pas. Les accords sont conclus le 18 mars 1962 et le cessez-le-feu prend effet le 19 mars. L’indépendance intervient en juillet. Des violences se poursuivent pendant cette transition : la signature d’un accord ne signifie pas leur arrêt immédiat.
La Détente met-elle fin à la guerre froide ?
Non. Elle correspond à une gestion négociée de certains aspects de la rivalité, notamment du risque nucléaire. Les accords SALT I de 1972 limitent certains armements, mais les blocs et les conflits régionaux ne disparaissent pas. Il faut distinguer réduction des tensions et fin de l’affrontement global.
Quels points de passage travailler pour ce chapitre de terminale ?
Le chapitre sur la bipolarisation et l’émergence du tiers-monde prévoit la crise de Cuba en 1962, les guerres d’Indochine et du Vietnam et l’année 1968 dans le monde. Ils doivent être reliés à la question des acteurs internationaux. La Chine et le Proche et Moyen-Orient font également partie des axes du chapitre ; il ne se limite pas à Berlin et aux indépendances.
Comment réviser sans mélanger les dates ?
Construis une chronologie à deux ou trois colonnes : relations entre les blocs, indépendances, affirmation d’autres acteurs. Pour chaque date, note un événement et une phrase qui en explique la portée. Entraîne-toi aussi à distinguer les événements voisins : 1948 et 1968 à Prague, 1955 et 1961 pour Bandung et Belgrade, mars et juillet 1962 en Algérie.
Pour poursuivre les révisions
Les fiches de collège ci-dessous servent à reprendre des repères précis avant de revenir à l’analyse de terminale. Pour les autres matières et niveaux, consulte la rubrique des cours du lycée.



































