On ne badine pas avec l’amour de Musset : Résumé & Fiche de Lecture 📚
On ne badine pas avec l’amour est une pièce de théâtre d’Alfred de Musset publiée en 1834 et créée sur scène en 1861. Ce « proverbe dramatique » en trois actes raconte les retrouvailles de deux cousins, Perdican et Camille, que leurs familles destinent l’un à l’autre. Mais l’orgueil, la peur d’aimer et les jeux de séduction transforment ce qui aurait pu être un bonheur simple en une tragédie. Inscrite au programme du bac de français 2026 dans l’objet d’étude « Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle », cette pièce est au cœur du parcours « Les jeux du cœur et de la parole ».
Retrouvez ci-dessous notre fiche de lecture complète : résumé, personnages, thèmes, citations essentielles et méthode pour le bac.
📋 Sommaire
- 1. Carte d’identité de l’œuvre
- 2. Contexte historique et biographique
- 3. Structure de la pièce
- 4. Résumé acte par acte
- 5. Les personnages
- 6. Thèmes principaux
- 7. Parcours « Les jeux du cœur et de la parole »
- 8. Style et procédés d’écriture
- 9. Citations clés
- 10. L’œuvre au bac : sujets et méthode
- 11. Questions fréquentes (FAQ)
📇 1. Carte d’identité de l’œuvre
| Fiche d’identité — On ne badine pas avec l’amour | |
|---|---|
| Titre | On ne badine pas avec l’amour |
| Auteur | Alfred de Musset (1810 – 1857) |
| Date de publication | 1834 (dans la Revue des Deux Mondes), publiée dans Un spectacle dans un fauteuil |
| Première représentation | 1861 (à la Comédie-Française, après la mort de Musset) |
| Genre | Proverbe dramatique — drame romantique mêlant comédie et tragédie |
| Mouvement littéraire | Romantisme |
| Registres dominants | Lyrique, comique, tragique, pathétique — mélange des registres caractéristique du drame romantique |
| Programme bac 2026 | Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle — Parcours : « Les jeux du cœur et de la parole » |
🏛️ 2. Contexte historique et biographique
Musset écrit On ne badine pas avec l’amour en 1834, au lendemain de sa rupture avec George Sand. Cette liaison orageuse, commencée en 1833, est l’une des plus célèbres de l’histoire littéraire. Les deux amants voyagent en Italie, où Musset tombe malade. Sand le soigne puis entame une relation avec le médecin vénitien Pagello. Musset, trahi et meurtri, rentre à Paris. Leur relation connaît encore des rechutes avant la rupture définitive.
Cette expérience autobiographique nourrit directement la pièce. Le thème central — les jeux amoureux qui tournent mal, l’orgueil qui détruit l’amour — porte la marque de la souffrance personnelle de Musset. Cependant, la pièce dépasse largement l’anecdote autobiographique pour atteindre une dimension universelle.
Sur le plan littéraire, la pièce s’inscrit dans le drame romantique, mouvement qui bouleverse les règles du théâtre classique. Victor Hugo en a posé les principes dans la préface de Cromwell (1827) : mélange du comique et du tragique, du sublime et du grotesque, refus des trois unités. Musset va plus loin : après l’échec de sa pièce La Nuit vénitienne en 1830 (sifflée par le public), il décide de ne plus écrire pour la scène mais pour la lecture. Il publie ses pièces sous le titre Un spectacle dans un fauteuil — du théâtre destiné à être lu, pas joué. C’est ce qu’on appelle le théâtre dans un fauteuil. Paradoxalement, cette liberté lui permet d’inventer un théâtre plus audacieux que celui de ses contemporains.
| Repère | Détail |
|---|---|
| 1830 | Bataille d’Hernani (Hugo). Échec de La Nuit vénitienne de Musset → il renonce à la scène |
| 1833-1835 | Liaison et rupture avec George Sand — expérience qui irrigue toute l’œuvre de Musset |
| 1834 | Publication d’On ne badine pas avec l’amour dans la Revue des Deux Mondes |
| 1861 | Première représentation à la Comédie-Française (4 ans après la mort de Musset) |
| Concept clé | Le « proverbe dramatique » : courte pièce illustrant un proverbe ou une maxime. Ici : « on ne badine pas avec l’amour » = on ne joue pas avec l’amour |
📐 3. Structure de la pièce
La pièce est en trois actes, en prose (et non en vers), avec un nombre variable de scènes. Elle ne respecte pas les unités classiques : les lieux changent (château, jardin, fontaine, couvent), le temps s’étire, et l’action mêle intrigue amoureuse et scènes comiques secondaires.
La pièce fonctionne sur un double niveau :
| Niveau | Registre | Personnages |
|---|---|---|
| Intrigue principale | Lyrique et tragique | Perdican, Camille, Rosette — le triangle amoureux |
| Intrigue secondaire / chœur | Comique et grotesque | Le Baron, Maître Blazius, Dame Pluche, Maître Bridaine — les adultes ridicules |
Ce double niveau est caractéristique du drame romantique : le sublime côtoie le grotesque, le rire précède les larmes. La progression va de la comédie (acte I) au drame (acte III), avec un point de bascule au milieu de l’acte II.
📖 4. Résumé acte par acte
Acte I — Les retrouvailles
Au château du Baron, tout le monde prépare l’arrivée de deux jeunes gens : Perdican, fils du Baron, qui revient de Paris après de brillantes études, et Camille, sa cousine, qui sort du couvent. Le Baron a le projet de les marier. Les personnages comiques — Maître Blazius (le précepteur de Perdican, ivrogne et pédant), Dame Pluche (la gouvernante bigote de Camille) et Maître Bridaine (le curé gourmand) — commentent les événements avec une bouffonnerie qui contraste avec le sérieux de l’intrigue amoureuse.
Perdican et Camille se retrouvent. Ils se sont aimés enfants. Perdican est heureux de la revoir, mais Camille se montre froide et distante. Elle refuse le tutoiement, adopte un ton cérémonieux, semble avoir changé. Perdican est blessé par cette froideur. L’acte s’achève sur un malaise : les retrouvailles attendues tournent au fiasco.
Acte II — Le jeu cruel
Camille annonce à Perdican qu’elle veut entrer au couvent et refuse le mariage. Elle lui explique que les religieuses lui ont appris que l’amour des hommes est trompeur et que seul l’amour de Dieu est fiable. Elle a été marquée par les récits de femmes abandonnées et trahies. Perdican, d’abord stupéfait, tente de la convaincre que l’amour humain, même imparfait, vaut la peine d’être vécu.
S’ensuit la grande scène de débat entre Perdican et Camille (II, 5) — l’un des moments les plus célèbres du théâtre romantique. Perdican défend l’amour humain avec passion ; Camille défend le renoncement avec lucidité. Aucun ne convainc l’autre.
Blessé dans son orgueil par le refus de Camille, Perdican décide de se venger en courtisant Rosette, une jeune paysanne, sœur de lait de Camille. Il feint de l’aimer pour rendre Camille jalouse. Camille, de son côté, écrit une lettre à une religieuse du couvent dans laquelle elle dit avoir « remué » le cœur de Perdican — preuve qu’elle aussi joue un jeu. Le jeu cruel commence : chacun manipule l’autre, et Rosette est l’innocente prise au piège.
Acte III — La catastrophe
Les jeux de l’orgueil s’intensifient. Perdican feint de vouloir épouser Rosette. Camille, qui l’espionne, découvre que c’est une mise en scène destinée à la blesser. Les deux cousins se provoquent, s’affrontent, oscillent entre colère et aveux.
Dans la scène finale (III, 8), Perdican et Camille se retrouvent seuls dans un oratoire (petite chapelle). Ils laissent enfin tomber les masques. Perdican déclare son amour ; Camille avoue le sien. Ils s’embrassent enfin. Mais Rosette, cachée derrière l’autel, a tout entendu. Elle comprend que Perdican ne l’a jamais aimée — qu’elle n’a été qu’un instrument de jalousie. Elle pousse un cri et s’effondre. On la découvre morte (de douleur, de honte, de désespoir).
Camille, horrifiée, s’enfuit. Perdican reste seul face au corps de Rosette et prononce la dernière réplique, qui donne son sens au titre : il a « badiné » avec l’amour — joué avec les sentiments — et quelqu’un en est mort. La comédie se transforme en tragédie.
👤 5. Les personnages
| Personnage | Rôle et caractéristiques |
|---|---|
| Perdican | Jeune homme brillant, séduisant, sincèrement amoureux de Camille. Mais son orgueil blessé le pousse à instrumentaliser Rosette pour se venger. Personnage romantique par excellence : passionné, éloquent, lucide — et pourtant capable de cruauté. Il défend l’amour humain avec des accents lyriques magnifiques, mais ses actes contredisent ses paroles. |
| Camille | Cousine de Perdican, élevée au couvent. Marquée par l’éducation religieuse et les récits de femmes trahies, elle refuse l’amour par peur de souffrir. Son refus est à la fois une conviction (la méfiance envers les hommes) et un jeu d’orgueil (elle veut que Perdican la supplie). Elle aime Perdican mais refuse de l’admettre — jusqu’à ce qu’il soit trop tard. |
| Rosette | Jeune paysanne, sœur de lait de Camille. Simple, sincère, innocente. Elle est la victime du jeu des deux nobles : Perdican la courtise sans l’aimer, et elle meurt en découvrant la vérité. Personnage silencieux pendant une grande partie de la pièce, elle incarne la vérité des sentiments face aux jeux de mots et d’orgueil de Perdican et Camille. Sa mort est le verdict de la pièce. |
| Le Baron | Père de Perdican. Aristocrate vaniteux et borné, il ne comprend rien à ce qui se passe entre les jeunes gens. Figure comique de l’autorité impuissante. |
| Maître Blazius | Précepteur de Perdican. Ivrogne, pédant, flatteur. Personnage de farce qui apporte le comique grotesque. |
| Dame Pluche | Gouvernante de Camille. Bigote, sèche, antipathique. Elle incarne l’éducation religieuse rigide qui a formaté Camille. |
| Maître Bridaine | Curé du village. Gourmand, jaloux de Blazius, préoccupé par sa place à table. Personnage de comédie pure. |
| Le Chœur | Les paysans du village. Ils commentent l’action avec bon sens et lucidité, à la manière du chœur antique. Voix de la sagesse populaire face aux folies des nobles. |
🎯 6. Thèmes principaux
Les jeux de l’amour et de l’orgueil
Le titre le dit : on ne badine pas (on ne joue pas) avec l’amour. Perdican et Camille transforment leurs sentiments en un jeu de pouvoir : qui avouera le premier ? Qui souffrira le plus ? Ce jeu, alimenté par l’orgueil, a des conséquences irréparables. Musset montre que l’amour exige la sincérité et que le jeu le détruit.
La parole : séduire, mentir, blesser
La parole est au centre de la pièce. Perdican séduit par ses discours lyriques. Camille se protège par la froideur de ses mots. Les personnages s’affrontent par le langage : la grande scène II, 5 est un duel verbal autant qu’amoureux. Mais la parole peut aussi tromper : Perdican dit à Rosette ce qu’il ne pense pas, Camille cache ses sentiments derrière un discours appris au couvent. La pièce interroge la vérité de la parole amoureuse.
Le mélange du comique et du tragique
La pièce est structurée autour d’un basculement : les deux premiers actes sont largement comiques (les personnages grotesques, les quiproquos, le badinage galant), mais le troisième acte vire au tragique (la mort de Rosette). Ce mélange est le propre du drame romantique : la vie n’est pas un genre pur, elle mêle le rire et les larmes. Le comique rend le tragique encore plus violent.
L’éducation et la corruption des sentiments
Camille a été formée par le couvent à méfiance envers l’amour humain. Perdican a été formé par Paris à l’éloquence et à la séduction. Les deux éducations ont corrompu leurs sentiments naturels : Camille ne sait plus aimer, Perdican ne sait plus être sincère. La pièce oppose l’artificialité des adultes éduqués à la simplicité de Rosette, la paysanne qui aime sans calcul.
L’innocence sacrifiée
Rosette est l’innocente victime des jeux des puissants. Son statut social (paysanne, sœur de lait) la rend vulnérable : elle n’a pas les armes verbales ni la position pour se défendre. Sa mort est un sacrifice qui dénonce la cruauté inconsciente de l’aristocratie. Musset montre que les « jeux du cœur et de la parole » ont des victimes réelles.
🔗 7. Parcours « Les jeux du cœur et de la parole »
| Problématique | Éléments de réponse |
|---|---|
| Quels sont les « jeux » dans la pièce ? | Le jeu de la séduction (Perdican courtise Rosette), le jeu de l’indifférence (Camille feint la froideur), le jeu de l’orgueil (qui cédera le premier ?), le jeu de mots (l’éloquence comme arme). Tous ces jeux ont un prix. |
| La parole amoureuse est-elle sincère ou manipulatrice ? | Les deux. Perdican est sincèrement amoureux mais utilise la parole pour manipuler (fausse cour à Rosette). Camille cache ses sentiments derrière des discours appris. La parole amoureuse oscille sans cesse entre vérité et mensonge. |
| Le théâtre est-il lui-même un « jeu » ? | Oui : Perdican et Camille « jouent la comédie » l’un pour l’autre. Le théâtre dans le théâtre est omniprésent. Mais quand le jeu théâtral croise des sentiments réels, la comédie devient tragédie. |
| Que signifie le titre ? | « Badiner » = jouer, plaisanter. Le titre est un proverbe moral : l’amour n’est pas un jeu. Ceux qui jouent avec les sentiments finissent par les détruire. La mort de Rosette est la preuve fatale de cette vérité. |
Œuvres complémentaires possibles : Marivaux (Le Jeu de l’amour et du hasard — le jeu amoureux dans la comédie), Racine (Phèdre — la passion destructrice), Shakespeare (Beaucoup de bruit pour rien — le badinage amoureux), Corneille (Le Menteur — le jeu de la parole).
✍️ 8. Style et procédés d’écriture
| Procédé | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Le mélange des registres | Alternance de scènes comiques et lyriques/tragiques | Les bouffonneries de Blazius et Bridaine alternent avec les duels verbaux intenses de Perdican et Camille |
| La prose lyrique | Musset écrit en prose mais avec la musicalité et l’intensité de la poésie | Les tirades de Perdican ont un rythme, des images et une cadence poétiques malgré l’absence de vers |
| Le chœur | Les paysans commentent l’action, à la manière du chœur antique | Le chœur apporte une voix de sagesse, un regard extérieur lucide sur les folies des protagonistes |
| L’ironie dramatique | Le spectateur sait ce que les personnages ignorent | Le public sait que Perdican aime Camille quand il courtise Rosette. Rosette est la seule à ne pas comprendre le jeu. |
| La stichomythie | Échange rapide de répliques courtes, comme un duel verbal | Les affrontements entre Perdican et Camille utilisent ce procédé pour exprimer la tension et l’urgence |
| Le retournement final | Le dénouement bascule brutalement de la comédie à la tragédie | L’aveu d’amour mutuel est immédiatement suivi de la mort de Rosette — le bonheur est détruit au moment même où il semble possible |
💬 9. Citations clés
| Citation | Personnage / Acte | Analyse |
|---|---|---|
| « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels […] mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. » | Perdican, II, 5 | La tirade la plus célèbre de la pièce. Perdican reconnaît toutes les imperfections humaines mais affirme que l’amour les transcende. L’accumulation d’adjectifs négatifs est renversée par la chute : l’amour est la seule chose « sainte et sublime ». Défense passionnée de l’amour humain contre le renoncement de Camille. |
| « On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime. » | Perdican, II, 5 | Suite du même discours. La concessive (« souvent trompé […] souvent malheureux ») est annulée par l’affirmation finale (« mais on aime »). L’amour s’impose malgré la souffrance. Philosophie romantique de Musset. |
| « Je ne veux pas aimer ; je ne veux pas être une femme […] que l’on prend et que l’on quitte. » | Camille, II, 5 | Camille exprime sa peur de l’abandon. Son refus d’aimer est un mécanisme de protection. L’éducation du couvent a renforcé cette peur. Mais en se protégeant, Camille se prive aussi du bonheur. |
| « Elle est morte. Adieu, Camille. » | Perdican, III, 8 | Dernières répliques de la pièce. Sobriété bouleversante. Deux phrases courtes qui disent la catastrophe irréparable. Le « adieu » est définitif : Perdican et Camille ne seront jamais ensemble. Le jeu a tué l’amour. |
| « Les enfants ont-ils bien dormi ? » | Le Chœur | Le chœur traite Perdican et Camille comme des « enfants ». Ironie bienveillante : les deux protagonistes croient jouer un jeu d’adultes, mais ils sont encore des enfants qui ne mesurent pas les conséquences de leurs actes. |
🎓 10. L’œuvre au bac : sujets et méthode
Sujets de dissertation possibles
| Sujet | Pistes de réflexion |
|---|---|
| En quoi les « jeux du cœur et de la parole » conduisent-ils à la tragédie ? | I. Des jeux séduisants (le badinage, l’éloquence, la provocation) / II. Mais des jeux dangereux (l’orgueil, la manipulation, l’instrumentalisation de Rosette) / III. Le passage de la comédie à la tragédie : la mort de Rosette comme sanction des jeux cruels |
| Perdican et Camille sont-ils victimes ou coupables ? | I. Victimes : de leur éducation, de leur orgueil, de leur peur d’aimer / II. Coupables : ils instrumentalisent Rosette, jouent avec les sentiments / III. La pièce refuse de trancher : la condition humaine mêle innocence et culpabilité |
| On ne badine pas avec l’amour est-elle une comédie ou une tragédie ? | I. Les éléments comiques (personnages grotesques, quiproquos, badinage) / II. Les éléments tragiques (passion, mort, fatalité) / III. Le mélange des genres est le propre du drame romantique : la vie mêle le rire et les larmes |
| Quel rôle joue Rosette dans la pièce ? | I. Un rôle dramatique : elle est l’instrument de la jalousie et la victime du jeu / II. Un rôle symbolique : elle incarne l’innocence et la vérité des sentiments / III. Un rôle moral : sa mort est le verdict de la pièce, la preuve que les jeux ont un prix |
Conseils pour l’oral
Pour l’explication linéaire, les passages les plus fréquemment choisis sont : la grande scène du débat Perdican-Camille (II, 5 — passage incontournable), une scène de Perdican avec Rosette (la fausse cour), le dénouement (III, 8 — mort de Rosette) et une intervention du chœur. L’enjeu est de montrer comment la parole est à la fois outil de séduction et arme de destruction, et comment le mélange des registres (comique/tragique) sert le sens de la pièce.
Pour l’entretien, préparez un avis personnel (quel personnage vous touche le plus ? La mort de Rosette est-elle évitable ?) et une œuvre complémentaire. Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux est un excellent choix (même thème du jeu amoureux, mais traitement comique qui finit bien — contraste intéressant).
❓ 11. Questions fréquentes (FAQ)
De quoi parle On ne badine pas avec l’amour ?
On ne badine pas avec l’amour raconte les retrouvailles de deux cousins, Perdican et Camille, que leurs familles destinent l’un à l’autre. Camille, élevée au couvent, refuse l’amour. Perdican, blessé dans son orgueil, courtise une paysanne, Rosette, pour rendre Camille jalouse. Quand les deux cousins finissent par s’avouer leur amour, Rosette, qui a tout entendu et compris qu’elle a été manipulée, meurt de désespoir. Le titre résume la leçon : on ne joue pas avec les sentiments.
Que signifie « badiner » dans le titre ?
Badiner signifie « plaisanter, jouer, ne pas prendre au sérieux ». Le titre est un proverbe moral : on ne joue pas avec l’amour. Les sentiments ne sont pas un jeu. Ceux qui traitent l’amour comme un jeu de séduction, un jeu d’orgueil ou un jeu de pouvoir finissent par détruire ce qu’ils aiment — c’est exactement ce qui arrive à Perdican et Camille.
Comment meurt Rosette ?
Rosette meurt dans la dernière scène (III, 8). Cachée derrière l’autel d’un oratoire, elle entend Perdican avouer son amour à Camille — et comprend qu’il ne l’a jamais aimée, qu’elle n’a été qu’un instrument de jalousie. Elle pousse un cri et s’effondre, morte. Musset ne précise pas la cause médicale : c’est une mort symbolique, causée par la douleur et le choc de la trahison. Elle meurt de ce que les « jeux du cœur » ont fait d’elle.
Qu’est-ce qu’un « proverbe dramatique » ?
Un proverbe dramatique est un genre théâtral inventé au XVIIIe siècle et popularisé par Musset au XIXe. C’est une courte pièce qui illustre un proverbe ou une maxime morale par une intrigue fictive. Ici, le proverbe est le titre lui-même : « on ne badine pas avec l’amour ». La pièce raconte une histoire qui démontre cette vérité. Les proverbes de Musset sont cependant bien plus complexes que le genre ne le laisse supposer : ils mêlent comédie et tragédie, légèreté et profondeur.
Pourquoi la pièce n’a-t-elle pas été jouée du vivant de Musset ?
Après l’échec de sa première pièce sur scène (La Nuit vénitienne, 1830), Musset décide de ne plus écrire pour le théâtre mais pour la lecture. Il publie ses pièces dans des revues et des livres, sous le titre Un spectacle dans un fauteuil. Cette liberté lui permet d’écrire sans les contraintes techniques de la scène. On ne badine pas avec l’amour n’est jouée pour la première fois qu’en 1861, quatre ans après la mort de Musset, à la Comédie-Française.
La pièce est-elle difficile à lire ?
Non : c’est l’une des pièces les plus accessibles et émouvantes du programme. La prose de Musset est claire, vive, parfois drôle, parfois bouleversante. Les personnages comiques (Blazius, Bridaine) rendent la lecture légère, et l’intrigue amoureuse captive. La pièce est courte (trois actes). Le seul défi est de bien comprendre le basculement du comique au tragique — c’est ce qui fait toute la force de l’œuvre.
📚 Fiches de lecture — Bac de français 2026
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- On ne badine pas avec l’amour, Musset — Parcours : Les jeux du cœur et de la parole (cette page)
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