Le Petit Prince de Saint-Exupéry : Résumé & Fiche de Lecture 📚

Le Petit Prince est un conte philosophique d’Antoine de Saint-Exupéry, publié en 1943 à New York. C’est l’un des livres les plus traduits et les plus lus au monde, avec plus de 200 millions d’exemplaires vendus. Sous l’apparence d’un récit pour enfants illustré par l’auteur lui-même, cette œuvre cache une réflexion profonde sur l’amitié, l’amour, la perte et le sens de la vie. Le petit prince, venu d’un astéroïde minuscule, traverse l’univers et rencontre des personnages qui incarnent les travers des adultes, avant de trouver sur Terre la sagesse de l’essentiel.


📋 Sommaire


📇 1. Carte d’identité de l’œuvre

Fiche d’identité — Le Petit Prince
Titre Le Petit Prince
Auteur Antoine de Saint-Exupéry (1900 – 1944)
Date de publication 1943 (New York, Reynal & Hitchcock). Publication en France en 1946, après la mort de l’auteur.
Genre Conte philosophique, récit poétique, fable
Registres Merveilleux, lyrique, satirique, pathétique
Narrateur Un aviateur échoué dans le désert du Sahara (alter ego de Saint-Exupéry)
Chapitres 27 chapitres courts + dédicace
Illustrations Aquarelles de l’auteur, partie intégrante de l’œuvre (le boa, le mouton dans la caisse, la rose, le petit prince sur son astéroïde)
Record Traduit dans plus de 500 langues et dialectes. L’un des livres les plus vendus de l’histoire.

🏛️ 2. Contexte et biographie de Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry naît en 1900 à Lyon dans une famille aristocratique. Passionné d’aviation dès l’adolescence, il devient pilote et fait de l’aéropostale son métier et sa vocation. Ses expériences de vol nourrissent directement son œuvre littéraire : Courrier Sud (1929), Vol de nuit (1931, prix Femina), Terre des hommes (1939) et Pilote de guerre (1942) mêlent récit d’aventure, méditation philosophique et lyrisme.

Saint-Exupéry écrit Le Petit Prince en 1942-1943, en exil aux États-Unis. La France est occupée par l’Allemagne nazie, et l’auteur, trop âgé pour piloter en combat, vit douloureusement cette inactivité forcée. Il est séparé de sa patrie, de ses amis, de ses repères. C’est dans ce contexte de nostalgie, de solitude et d’inquiétude face à la guerre qu’il écrit ce conte — un retour à l’enfance, à l’essentiel, comme un remède contre la folie du monde adulte.

Le livre paraît d’abord en anglais et en français à New York en avril 1943. Saint-Exupéry ne verra jamais le succès de son œuvre en France : il disparaît le 31 juillet 1944 lors d’une mission de reconnaissance au-dessus de la Méditerranée. Son avion ne sera retrouvé qu’en 2004.

Repère Détail
1900 Naissance à Lyon
1926 Début comme pilote de l’Aéropostale (ligne Toulouse-Dakar)
1931 Vol de nuit — prix Femina
1935 Crash dans le désert de Libye (raid Paris-Saïgon) — inspiration directe du Petit Prince
1939 Terre des hommes — Grand Prix du roman de l’Académie française
1940-1943 Exil aux États-Unis. Écriture du Petit Prince.
Avril 1943 Publication du Petit Prince à New York
31 juillet 1944 Disparition en vol au-dessus de la Méditerranée

📐 3. Structure de l’œuvre

Le Petit Prince est composé de 27 chapitres courts, précédés d’une dédicace à Léon Werth (« quand il était petit garçon »). Le récit s’organise en trois grandes parties :

Partie Chapitres Contenu
1. Le cadre et la rencontre I à IX Le narrateur-aviateur, échoué dans le Sahara, rencontre le petit prince. Celui-ci lui raconte sa vie sur l’astéroïde B 612 et son histoire avec la rose.
2. Le voyage dans les planètes X à XV Le petit prince visite six planètes habitées chacune par un personnage incarnant un travers des adultes (roi, vaniteux, buveur, businessman, allumeur de réverbères, géographe).
3. La Terre et le dénouement XVI à XXVII Arrivée sur Terre : rencontre avec le serpent, le jardin de roses, le renard (apprivoisement), l’aiguilleur, le marchand. Retrouvailles avec l’aviateur. Départ du petit prince.

📖 4. Résumé chapitre par chapitre

Chapitres I à III — Le narrateur et la rencontre

Le narrateur raconte son enfance : à six ans, il dessine un boa qui digère un éléphant, mais les adultes n’y voient qu’un chapeau. Cette incompréhension l’amène à renoncer à la peinture pour devenir pilote. Des années plus tard, il tombe en panne dans le désert du Sahara — seul, avec de l’eau pour huit jours. Au lever du jour, une petite voix le réveille : « S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! » C’est le petit prince, un enfant mystérieux venu d’ailleurs. Après plusieurs tentatives, le narrateur dessine une caisse en disant que le mouton est dedans. Le petit prince est ravi.

Chapitres IV à VIII — L’astéroïde B 612 et la rose

Le narrateur découvre progressivement l’histoire du petit prince. Il vient de l’astéroïde B 612, une planète minuscule où il y a trois volcans (deux en activité, un éteint) et des graines de baobabs qu’il faut arracher chaque matin pour qu’ils ne détruisent pas la planète. Un jour, une rose a poussé sur son astéroïde — belle, unique, mais orgueilleuse et capricieuse. Elle exigeait des soins, se plaignait des courants d’air, dramatisait ses quatre épines. Le petit prince l’aimait mais souffrait de ses coquetteries. Trop jeune pour comprendre que derrière ses manières la rose l’aimait, il a décidé de partir. Au moment du départ, la rose avoue qu’elle a été « sotte » et lui dit de partir être heureux.

Chapitres X à XV — Le voyage dans les planètes

Planète Habitant Travers incarné Ce qu’en pense le petit prince
1ère planète Le roi Le pouvoir absurde, l’autoritarisme vide « Les grandes personnes sont bien étranges »
2e planète Le vaniteux La vanité, le besoin d’admiration « Les grandes personnes sont décidément bien bizarres »
3e planète Le buveur La honte et le cercle vicieux de l’addiction « Les grandes personnes sont décidément très très bizarres »
4e planète Le businessman L’avarice, la possession matérielle absurde Il « possède » les étoiles mais ne les regarde jamais
5e planète L’allumeur de réverbères L’obéissance aveugle, la routine — mais aussi la fidélité à sa tâche Le seul qui ne lui paraît pas ridicule, car il s’occupe d’autre chose que de lui-même
6e planète Le géographe Le savoir théorique déconnecté du réel N’a jamais vu les merveilles qu’il répertorie. Lui conseille de visiter la Terre.

Chapitres XVI à XXI — La Terre, le serpent, le renard

Le petit prince arrive sur Terre, dans le désert. Il rencontre d’abord un serpent qui lui propose de l’aider à « retourner sur sa planète » quand il le souhaitera (la morsure du serpent symbolise la mort). Puis il découvre un jardin de cinq mille roses : sa rose, qu’il croyait unique au monde, n’est qu’une rose parmi des milliers. Il pleure de désillusion.

C’est alors qu’apparaît le renard, qui lui enseigne le concept d’apprivoisement — créer des liens, rendre l’autre unique par le temps et l’attention qu’on lui consacre. Grâce au renard, le petit prince comprend que sa rose est unique : non pas parce qu’elle est différente des autres, mais parce qu’il l’a aimée, arrosée, protégée. Le renard lui confie son secret : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Chapitres XXII à XXVI — L’aiguilleur, le marchand, le départ

Le petit prince rencontre un aiguilleur qui expédie les voyageurs dans des trains sans qu’ils sachent pourquoi ils voyagent, et un marchand de pilules qui économisent le temps de boire. Ces rencontres montrent l’absurdité d’une vie où l’on gagne du temps sans savoir qu’en faire.

Pendant ce temps, le narrateur et le petit prince, assoiffés dans le désert, trouvent ensemble un puits — moment de grâce et de partage. Puis le petit prince annonce qu’il doit partir : il retournera sur sa planète grâce au serpent. Le narrateur comprend que le petit prince va mourir (ou du moins quitter son corps terrestre). La dernière nuit, le petit prince le console : quand il regardera les étoiles, il entendra le rire du petit prince dans chacune d’elles.

Chapitre XXVII — L’épilogue

Six ans ont passé. Le narrateur s’est consolé mais demeure nostalgique. Il dessine le paysage où le petit prince est apparu et demande au lecteur : si vous passez par là et qu’un enfant vous apparaît, écrivez-moi pour me dire qu’il est revenu.


👤 5. Les personnages

Personnage Rôle et signification
Le petit prince Enfant venu de l’astéroïde B 612. Il incarne le regard de l’enfance : la curiosité, la sincérité, la capacité de s’émerveiller et de voir l’essentiel. Son voyage est une quête de sens. Sensible, parfois triste, il pose les questions que les adultes ont cessé de poser.
Le narrateur (l’aviateur) Alter ego de Saint-Exupéry. Adulte qui a gardé une part d’enfance (le dessin du boa). Sa rencontre avec le petit prince le ramène à l’essentiel. Il représente le pont entre le monde adulte et le monde de l’enfance.
La rose Belle, unique, orgueilleuse, fragile derrière ses épines. Elle symbolise l’être aimé dans sa complexité : elle aime le petit prince mais ne sait pas le dire simplement. Souvent lue comme une figure de Consuelo, l’épouse de Saint-Exupéry.
Le renard Personnage-clé qui enseigne au petit prince la notion d’apprivoisement : créer des liens rend l’autre unique. C’est lui qui prononce la phrase la plus célèbre du livre. Il représente la sagesse de l’amitié.
Le serpent Premier être rencontré sur Terre. Il parle en énigmes et possède le pouvoir de « renvoyer à la terre dont on est venu ». Figure de la mort, il est à la fois inquiétant et libérateur.
Les habitants des planètes Galerie satirique des travers humains : le roi (pouvoir), le vaniteux (ego), le buveur (addiction), le businessman (argent), l’allumeur de réverbères (routine), le géographe (savoir abstrait). Chacun est enfermé dans son obsession, seul sur sa planète.

🎯 6. Thèmes principaux

L’enfance et le regard sur le monde

Le livre oppose constamment le regard de l’enfant et celui de l’adulte. Les « grandes personnes » ne voient que les chiffres, les apparences, l’utile. L’enfant voit l’essentiel : la beauté, les liens, le sens. Le dessin du boa-éléphant est le symbole inaugural de cette incompréhension. Saint-Exupéry ne fait pas l’éloge de l’immaturité mais de la capacité d’émerveillement que l’âge adulte tend à étouffer.

L’amour et l’apprivoisement

L’enseignement du renard est au cœur du livre : aimer, c’est « apprivoiser » — investir du temps, de l’attention, de la patience. C’est cet investissement qui rend l’autre unique. La rose du petit prince n’est pas plus belle que les cinq mille roses du jardin, mais elle est la sienne parce qu’il l’a aimée. L’amour implique aussi la responsabilité : « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

La solitude et le lien

Chaque personnage du livre est seul : le roi sur sa planète, le buveur dans sa honte, le petit prince dans son voyage, l’aviateur dans son désert. La solitude est la condition par défaut. Seul l’apprivoisement — la création de liens véritables — peut la rompre. Le livre est une méditation sur ce qui nous relie aux autres et sur le prix de ces liens.

La critique du monde adulte

Les six planètes visitées forment une satire des travers humains : le pouvoir pour le pouvoir, la vanité, l’addiction, l’accumulation matérielle, l’obéissance aveugle, le savoir théorique coupé du réel. Saint-Exupéry ne critique pas la société de manière abstraite : il montre des individus qui ont perdu de vue l’essentiel — des gens qui comptent les étoiles sans les regarder.

La mort et le départ

Le dénouement du livre est ambigu et bouleversant. Le petit prince choisit de se faire mordre par le serpent pour retourner sur sa planète — ce qui, sur le plan réaliste, signifie qu’il meurt. Mais Saint-Exupéry refuse de traiter la mort comme une fin : il la présente comme un passage, un retour. Le petit prince console l’aviateur en lui disant que chaque étoile sera un rire. La mort n’efface pas les liens créés — elle les transforme.


✍️ 7. Style et procédés d’écriture

Procédé Description et effet
Le conte et la fable Un enfant venu d’une étoile, un renard qui parle, un serpent qui envoie « chez soi » : le merveilleux est le véhicule de la philosophie. Comme les fables de La Fontaine, le récit simple porte une morale profonde.
La simplicité du langage Phrases courtes, vocabulaire accessible, dialogues naturels. Cette simplicité est délibérée : elle reproduit la clarté du regard enfantin et rend les vérités philosophiques immédiatement compréhensibles.
Le symbole et l’allégorie Chaque élément a une portée symbolique : la rose (l’amour), le renard (l’amitié), le serpent (la mort), le désert (la solitude), les étoiles (la mémoire et l’invisible), les baobabs (le mal qu’il faut combattre tôt).
Le récit enchâssé Le narrateur-aviateur raconte sa rencontre avec le petit prince, qui raconte lui-même son voyage. Double narration qui crée une mise à distance et un effet de témoignage.
Les illustrations Les aquarelles de Saint-Exupéry font partie intégrante du texte (elles sont décrites et commentées dans le récit). Le dessin est présenté comme un mode de connaissance supérieur aux chiffres — un langage de l’essentiel.
L’ironie douce La satire des habitants des planètes repose sur une ironie légère, jamais agressive. Le rire est tendre, presque triste — on rit des travers humains avec compassion plus qu’avec mépris.
Les aphorismes Le texte est ponctué de phrases-clés qui ont la force de proverbes : « On ne voit bien qu’avec le cœur », « L’essentiel est invisible pour les yeux », « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé ». Ces formules circulent hors du livre et font partie du patrimoine culturel.

💬 8. Citations clés

Citation Contexte Analyse
« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Le renard, ch. XXI La phrase la plus célèbre du livre. La vraie connaissance passe par le sentiment, non par la raison ou les apparences. L’essentiel — l’amour, l’amitié, le sens — ne se mesure ni ne se photographie.
« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. » Le renard, ch. XXI L’amour et l’amitié engagent moralement. Aimer n’est pas un état passif mais un devoir de soin et d’attention. Le petit prince comprend qu’il doit retourner vers sa rose.
« Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c’est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications. » Le narrateur, ch. I Inversion ironique du rapport adulte-enfant. Ce sont les adultes qui ont besoin d’explications, pas les enfants. Pose d’emblée le regard critique du livre sur le monde adulte.
« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. » Le renard, ch. XXI La valeur ne vient pas de l’objet mais du temps qu’on lui consacre. Le « temps perdu » est en réalité du temps investi. C’est l’investissement affectif qui crée la valeur.
« S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! » Le petit prince, ch. II Première parole du petit prince. Cette demande apparemment absurde est en réalité un test : seul quelqu’un qui a gardé sa part d’enfance peut répondre. Le mouton dans la caisse (invisible) est le mouton parfait — car imaginé.
« Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. » Le petit prince, ch. XXVI La consolation face à la mort. L’absent ne disparaît pas : il transforme le monde. Chaque étoile devient un souvenir vivant. La mémoire affective transfigure le réel.

🔍 9. Interprétation et signification

Un testament spirituel

Le Petit Prince est souvent lu comme le testament spirituel de Saint-Exupéry, écrit un an avant sa mort. L’auteur y condense l’essentiel de sa philosophie de vie : la primauté des liens humains sur les biens matériels, l’importance du regard de l’enfance, la responsabilité envers ceux qu’on aime. Le thème du départ et de la mort, omniprésent dans le dénouement, prend une résonance particulière quand on sait que Saint-Exupéry ne reviendra pas de sa dernière mission.

Une dimension autobiographique

Le narrateur-aviateur est un double de Saint-Exupéry (même métier, même crash dans le désert — référence directe à l’accident de 1935 en Libye). La rose est généralement lue comme une figure de Consuelo Suncín, son épouse : belle, orgueilleuse, exigeante, aimée malgré les difficultés. L’exil du petit prince résonne avec l’exil de Saint-Exupéry aux États-Unis, loin de sa France occupée.

Un conte universel

La force du Petit Prince est de dépasser les circonstances de sa création pour atteindre l’universel. Un enfant au Japon, un adulte au Brésil, un adolescent au Sénégal peuvent tous se reconnaître dans la quête du petit prince — parce que la peur de perdre ce qu’on aime, le besoin de donner du sens à sa vie et la nostalgie de l’enfance sont des expériences humaines universelles.


❓ 10. Questions fréquentes (FAQ)

De quoi parle Le Petit Prince ?

Le Petit Prince raconte la rencontre entre un aviateur en panne dans le désert du Sahara et un mystérieux enfant venu d’un astéroïde minuscule. Le petit prince raconte son voyage à travers l’univers : il a quitté sa planète (et une rose qu’il aimait) pour visiter six planètes habitées par des adultes aux comportements absurdes, avant d’arriver sur Terre. Ici, il rencontre un renard qui lui enseigne la valeur de l’amitié et de l’amour. C’est un conte philosophique sur l’essentiel de la vie.

Quelle est la morale du Petit Prince ?

La morale centrale se résume dans la phrase du renard : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Le livre enseigne que la vraie richesse n’est ni dans l’argent, ni dans le pouvoir, ni dans le savoir abstrait — mais dans les liens qu’on crée avec les autres. Aimer rend responsable, le temps « perdu » pour quelqu’un est ce qui lui donne sa valeur, et le regard de l’enfance (curiosité, émerveillement, sincérité) est plus clairvoyant que celui des adultes.

Le Petit Prince meurt-il à la fin ?

La fin est volontairement ambiguë. Le petit prince demande au serpent de le mordre pour « retourner sur sa planète ». Sur le plan réaliste, la morsure du serpent provoque la mort. Mais Saint-Exupéry refuse de le présenter ainsi : le corps du petit prince a disparu au matin, et le narrateur préfère croire qu’il est retourné sur son astéroïde auprès de sa rose. Cette ambiguïté permet une double lecture : réaliste (le petit prince meurt) ou poétique (il est rentré chez lui). C’est précisément cette incertitude qui donne au dénouement sa force émotionnelle.

Que signifie « apprivoiser » dans Le Petit Prince ?

Le renard explique : apprivoiser, c’est « créer des liens ». Avant d’être apprivoisé, le renard n’est qu’un renard parmi cent mille. Après, il est unique. Apprivoiser signifie investir du temps, de la patience et de l’attention dans une relation — ce qui transforme l’autre en être irremplaçable. Mais cela implique aussi un risque : celui de souffrir quand l’autre part. Le renard pleurera au départ du petit prince, mais les blés dorés lui rappelleront ses cheveux — la beauté vient avec la perte.

Qui est la rose dans Le Petit Prince ?

La rose est généralement interprétée comme une figure de Consuelo Suncín, l’épouse de Saint-Exupéry — une femme belle, vive, capricieuse, avec qui l’auteur eut une relation passionnée mais tumultueuse. Au-delà de la référence biographique, la rose représente universellement l’être aimé dans sa complexité : fragile derrière ses épines (ses défenses), exigeante mais aimante. Le petit prince apprend que l’amour véritable consiste à accepter les imperfections de l’autre.

Pourquoi Le Petit Prince est-il si célèbre ?

Le Petit Prince est l’un des livres les plus traduits et les plus vendus au monde (plus de 500 langues, plus de 200 millions d’exemplaires) parce qu’il touche à des vérités universelles avec une simplicité désarmante. Enfants et adultes y trouvent des niveaux de lecture différents : les enfants apprécient l’histoire merveilleuse, les adultes y reconnaissent des vérités sur l’amour, la perte et le sens de la vie. Les illustrations de l’auteur, la brièveté du texte et la force de ses aphorismes en font un livre qu’on lit d’une traite et qu’on relit toute sa vie.

Le Petit Prince est-il un livre pour enfants ?

C’est un livre pour tous les âges, et c’est précisément là son génie. Saint-Exupéry lui-même dédie le livre à son ami Léon Werth « quand il était petit garçon » — suggérant que chaque adulte a été un enfant. Le récit fonctionne à deux niveaux : une aventure merveilleuse (pour l’enfant) et une méditation philosophique sur l’amour, la mort, la solitude et les travers humains (pour l’adulte). Les enfants qui le lisent en gardent des images ; les adultes qui le relisent y trouvent des vérités qu’ils n’avaient pas vues.


📚 Fiches de lecture — Classiques & Bac de français

Retrouvez toutes nos fiches de lecture :

📖 Voir toutes nos fiches de lecture