La Ferme des animaux d’Orwell : Résumé & Fiche de Lecture 📚
La Ferme des animaux (Animal Farm) est un court roman de George Orwell, publié en 1945. Sous la forme d’une fable animalière, il raconte comment les animaux d’une ferme se révoltent contre leur maître humain, prennent le pouvoir, puis voient leur révolution dégénérer en dictature quand les cochons, menés par Napoléon, s’emparent de tous les privilèges. C’est une allégorie de la révolution russe et de la montée du stalinisme. Traduit dans plus de 70 langues, c’est l’un des textes les plus lus et étudiés au monde.
📋 Sommaire
- 1. Carte d’identité de l’œuvre
- 2. Contexte : Orwell, la révolution russe, la publication
- 3. Structure du roman
- 4. Résumé détaillé chapitre par chapitre
- 5. Les personnages et leurs équivalents historiques
- 6. Thèmes principaux
- 7. Style et procédés d’écriture
- 8. Citations clés
- 9. Interprétation et portée
- 10. Questions fréquentes (FAQ)
📇 1. Carte d’identité de l’œuvre
| Fiche d’identité — La Ferme des animaux | |
|---|---|
| Titre original | Animal Farm: A Fairy Story |
| Auteur | George Orwell (Eric Arthur Blair), 1903 – 1950 |
| Date de publication | 17 août 1945 (Secker and Warburg, Londres) |
| Genre | Fable, allégorie politique, conte satirique |
| Langue originale | Anglais |
| Narrateur | Narrateur omniscient à la troisième personne |
| Structure | 10 chapitres |
| Sous-titre | A Fairy Story (« un conte de fées ») — sous-titre ironique qui souligne le caractère de fable et la cruauté du dénouement |
🏛️ 2. Contexte : Orwell, la révolution russe, la publication
George Orwell
George Orwell (de son vrai nom Eric Arthur Blair) naît en 1903 aux Indes britanniques. Après des études à Eton, il devient policier en Birmanie, puis vit dans la pauvreté à Paris et à Londres (Dans la dèche à Paris et à Londres, 1933). Il part combattre en Espagne pendant la guerre civile (1936-1938) aux côtés des républicains — une expérience qui le marque profondément : il y découvre de l’intérieur comment le stalinisme trahit les idéaux révolutionnaires (Hommage à la Catalogne, 1938). C’est cette trahison qui inspire directement La Ferme des animaux.
Orwell est un socialiste démocrate convaincu, profondément anti-totalitaire. Il écrit La Ferme des animaux en 1943-1944, alors que l’URSS est encore alliée du Royaume-Uni contre l’Allemagne nazie. Le manuscrit est refusé par plusieurs éditeurs — y compris par un éditeur conseillé par un agent du ministère britannique de l’Information — parce que critiquer Staline en pleine guerre est jugé inopportun. Le livre paraît finalement en août 1945, quelques mois après la fin de la guerre en Europe.
L’allégorie historique
La Ferme des animaux est une allégorie transparente de la révolution russe de 1917 et de la montée du stalinisme :
| Dans le roman | Dans l’histoire |
|---|---|
| Mr. Jones (le fermier) | Le tsar Nicolas II |
| Sage l’Ancien (le vieux verrat) | Karl Marx / Lénine (l’idéologue de la révolution) |
| Napoléon (le cochon) | Staline |
| Boule de Neige (le cochon) | Trotski |
| Brille-Babil (le cochon propagandiste) | La propagande soviétique (Pravda) |
| Malabar (le cheval) | Le peuple travailleur, les prolétaires |
| Les chiens | La police secrète (NKVD / KGB) |
| Les moutons | Les masses endoctrinées |
| La révolte contre Jones | La révolution de 1917 |
| L’expulsion de Boule de Neige | L’exil de Trotski (1929) |
| Le moulin | Les plans quinquennaux d’industrialisation |
📐 3. Structure du roman
| Phase | Chapitres | Contenu |
|---|---|---|
| La révolution | I-II | Le discours de Sage l’Ancien, la révolte, l’expulsion de Jones. Les 7 commandements. |
| L’espoir | III-IV | La ferme fonctionne, les animaux sont heureux. Victoire contre les humains (Bataille de l’Étable). |
| La prise de pouvoir | V-VII | Napoléon chasse Boule de Neige, s’empare du pouvoir, impose le moulin, organise les purges. |
| La dictature | VIII-X | Les cochons vivent en privilégiés, les commandements sont modifiés, Malabar est envoyé à l’abattoir. Les cochons marchent sur deux pattes. |
📖 4. Résumé détaillé chapitre par chapitre
Chapitre I — Le discours de Sage l’Ancien
Dans la ferme de Mr. Jones (un fermier alcoolique et négligent), un vieux verrat respecté, Sage l’Ancien, réunit les animaux pour leur faire part de son rêve : un monde sans humains, où les animaux vivraient libres et égaux. Il leur enseigne un chant révolutionnaire, Bêtes d’Angleterre, qui devient l’hymne de la révolte. Sage l’Ancien meurt peu après.
Chapitre II — La Révolution
Trois cochons — Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil — développent les idées de Sage l’Ancien en un système appelé l’Animalisme. Un soir, Jones oublie de nourrir les animaux. La colère éclate : les animaux se révoltent et chassent Jones et ses ouvriers. La ferme est rebaptisée « Ferme des Animaux ». Les cochons, les plus instruits, rédigent sept commandements sur le mur de la grange, dont le dernier et le plus important : « Tous les animaux sont égaux. »
Chapitre III — L’âge d’or
Les premiers mois sont heureux. Les animaux travaillent dur mais pour eux-mêmes. La récolte est meilleure que du temps de Jones. Les cochons organisent le travail mais ne travaillent pas physiquement — ils « supervisent ». Déjà, ils s’approprient le lait et les pommes, justifiant ce privilège par leur rôle de « cerveaux de la ferme ».
Chapitre IV — La Bataille de l’Étable
Jones et des fermiers voisins tentent de reprendre la ferme. Boule de Neige mène la défense avec courage et les humains sont repoussés. C’est la « Bataille de l’Étable ». Boule de Neige est blessé mais triomphe — il est le héros du jour.
Chapitre V — L’expulsion de Boule de Neige
Un conflit éclate entre Napoléon et Boule de Neige sur le projet de construire un moulin à vent. Boule de Neige veut moderniser la ferme ; Napoléon s’y oppose. Au moment du vote, Napoléon lance ses neuf molosses (des chiots qu’il a élevés en secret) contre Boule de Neige, qui s’enfuit de la ferme. Napoléon prend le pouvoir seul. Il annonce que Boule de Neige était un traître depuis le début et… adopte le projet du moulin.
Chapitre VI — Le moulin et les premiers mensonges
Les animaux travaillent d’arrache-pied pour construire le moulin. Napoléon commence à commercer avec les humains (ce qui était interdit). Les cochons s’installent dans la maison de Jones et dorment dans des lits. Brille-Babil modifie les commandements en douce : « Nul animal ne dormira dans un lit avec des draps ». Le moulin s’effondre dans une tempête — Napoléon accuse Boule de Neige de sabotage.
Chapitre VII — Les purges
L’hiver est dur, les rations diminuent. Napoléon organise des confessions publiques : des animaux « avouent » avoir collaboré avec Boule de Neige et sont exécutés par les chiens devant tous les autres. C’est une scène de terreur — l’équivalent des procès de Moscou et des purges staliniennes. Le chant Bêtes d’Angleterre est interdit et remplacé par un hymne à la gloire de Napoléon.
Chapitre VIII — Napoléon le Leader
Napoléon vit de plus en plus comme un humain : il mange dans de la porcelaine, boit de l’alcool, se fait appeler « Notre Leader, le camarade Napoléon ». Le commandement « Nul animal ne boira d’alcool » devient « Nul animal ne boira d’alcool à l’excès ». Un autre moulin est construit. Les fermiers voisins attaquent et le détruisent partiellement — mais Napoléon proclame la victoire.
Chapitre IX — La mort de Malabar
Malabar, le cheval loyal et travailleur, s’effondre d’épuisement sur le chantier du moulin. Napoléon annonce qu’il sera soigné à l’hôpital. En réalité, un fourgon de l’équarrisseur vient le chercher. Benjamin l’âne lit l’inscription sur le fourgon et comprend — mais il est trop tard. Les cochons achètent du whisky avec l’argent de la vente de Malabar. C’est la scène la plus cruelle du roman.
Chapitre X — La scène finale
Des années passent. La plupart des animaux qui ont connu la révolution sont morts. Les cochons marchent désormais sur deux pattes, portent des vêtements, lisent le journal. Les sept commandements ont été effacés et remplacés par un seul : « Tous les animaux sont égaux, mais certains animaux sont plus égaux que les autres. » Dans la scène finale, les animaux regardent par la fenêtre les cochons jouer aux cartes avec les fermiers humains. Ils regardent les cochons, puis les humains, puis les cochons — et ne peuvent plus faire la différence.
👤 5. Les personnages et leurs équivalents historiques
| Personnage | Rôle et signification |
|---|---|
| Napoléon | Cochon qui prend le pouvoir après la révolution. Allégorie de Staline. Rusé, impitoyable, il utilise la force (les chiens), la propagande (Brille-Babil) et la peur pour gouverner. Il ne prend jamais la parole en public, ne se justifie pas — il impose. Il finit par devenir indiscernable des humains qu’il avait chassés. |
| Boule de Neige | Cochon intelligent et idéaliste. Allégorie de Trotski. Il veut moderniser la ferme (le moulin) et diffuser la révolution. Chassé par Napoléon, il devient un bouc émissaire : tout ce qui va mal est attribué à « Boule de Neige le traître ». Son destin illustre comment les révolutions dévorent leurs propres enfants. |
| Brille-Babil | Cochon éloquent, porte-parole de Napoléon. Allégorie de la propagande. Il manipule le langage, modifie les commandements, convainc les animaux que leur mémoire les trompe. Sa phrase clé : « Vous ne voudriez tout de même pas que Jones revienne ? » — la peur de l’ancien régime justifie tout. |
| Malabar | Cheval énorme, loyal, travailleur infatigable. Allégorie du prolétariat. Ses deux maximes : « Je vais travailler plus dur » et « Napoléon ne se trompe jamais ». Il est exploité jusqu’à l’épuisement puis vendu à l’équarrisseur. Sa mort est le moment le plus poignant du roman — le travailleur le plus loyal est trahi par ceux pour qui il se sacrifie. |
| Benjamin | Âne cynique et lucide. Il voit tout, comprend tout, mais ne dit rien. Il représente les intellectuels passifs qui comprennent la tyrannie mais ne la combattent pas. Sa lucidité est inutile parce qu’elle ne mène à aucune action. |
| Les moutons | Ils bêlent en chœur les slogans de Napoléon (« Quatre pattes, oui ! Deux pattes, non ! ») sans comprendre. Allégorie des masses endoctrinées qui répètent la propagande sans esprit critique. |
| Les chiens | Neuf molosses élevés en secret par Napoléon. Allégorie de la police secrète (NKVD). Ils sont l’instrument de la terreur : ils exécutent les « traîtres », gardent Napoléon, intimident les animaux. |
| Sage l’Ancien | Vieux verrat qui inspire la révolution. Allégorie de Marx (l’idéologue) et de Lénine (le premier leader). Il meurt avant de voir sa vision réalisée — et trahie. |
🎯 6. Thèmes principaux
La révolution trahie
C’est le thème central : une révolution faite au nom de l’égalité dégénère en dictature. Les cochons, qui devaient libérer les animaux, deviennent les nouveaux oppresseurs. Orwell ne critique pas l’idéal révolutionnaire en soi — il montre comment il est corrompu par ceux qui s’emparent du pouvoir. La scène finale (les cochons et les humains sont indiscernables) est la conclusion la plus amère : les révolutionnaires sont devenus ce qu’ils combattaient.
La propagande et la manipulation du langage
Brille-Babil est le maître de la propagande. Il modifie les commandements, réécrit l’histoire (Boule de Neige n’a jamais été un héros), convainc les animaux que leur vie s’améliore alors qu’elle empire. Le langage est l’arme du pouvoir : celui qui contrôle les mots contrôle la réalité. Ce thème sera développé encore plus dans 1984 avec le concept de « novlangue ».
La mémoire et la réécriture de l’histoire
Les commandements sont modifiés en douce. L’histoire est réécrite : Boule de Neige, héros de la Bataille de l’Étable, devient un traître. Les animaux doutent de leur propre mémoire (« N’est-ce pas ce qui était écrit ? »). Orwell montre que le contrôle du passé est un instrument essentiel de la dictature : si on peut faire croire aux gens que le passé n’a jamais existé tel qu’ils s’en souviennent, on peut leur faire accepter n’importe quoi.
Le pouvoir et la corruption
Le roman illustre l’adage : « Le pouvoir corrompt ; le pouvoir absolu corrompt absolument. » Les cochons commencent par de petits privilèges (le lait, les pommes) et finissent par vivre exactement comme les humains. La corruption est progressive, presque imperceptible — c’est ce qui la rend si dangereuse.
L’ignorance et la passivité
Les animaux sont exploités parce qu’ils sont ignorants (ils ne savent pas lire, ne comprennent pas les discours de Brille-Babil) et passifs (Malabar travaille plus au lieu de se révolter, Benjamin voit tout mais ne fait rien). Orwell montre que la tyrannie ne s’impose pas seulement par la force : elle s’impose aussi par le consentement des opprimés — un consentement fabriqué par la propagande et l’ignorance.
✍️ 7. Style et procédés d’écriture
| Procédé | Description et effet |
|---|---|
| L’allégorie | Chaque animal représente un groupe social ou un personnage historique. L’allégorie permet de raconter l’histoire de la révolution russe sous une forme simple et universelle. Le lecteur n’a pas besoin de connaître l’histoire soviétique pour comprendre le récit — mais la correspondance enrichit la lecture. |
| La fable | Orwell reprend le genre de la fable (animaux qui parlent, morale implicite), comme La Fontaine ou Ésope. Le sous-titre « A Fairy Story » est ironique : c’est un conte de fées sans fin heureuse. La simplicité apparente du genre rend le message politique d’autant plus percutant. |
| L’ironie | L’ironie est permanente : les commandements censés protéger les animaux sont modifiés pour les opprimer ; le héros (Boule de Neige) est transformé en traître ; le travailleur le plus loyal (Malabar) est vendu à l’abattoir. Chaque retournement est à la fois prévisible et glaçant. |
| Le style dépouillé | Orwell écrit dans un style clair, direct, sans effets rhétoriques. Les phrases sont courtes, le vocabulaire simple. Cette limpidité est un choix : Orwell voulait que le texte soit lisible par tous. La clarté du style rend la cruauté du contenu encore plus saisissante. |
| La gradation | La corruption du pouvoir suit une progression lente : d’abord le lait, puis les pommes, puis la maison, puis les lits, puis l’alcool, puis la marche sur deux pattes. Chaque étape semble mineure — mais l’accumulation produit une transformation totale. C’est le mécanisme de toute dérive autoritaire. |
💬 8. Citations clés
| Citation | Analyse |
|---|---|
| « Tous les animaux sont égaux. » | Le septième et dernier commandement de l’Animalisme — le fondement de la révolution. Promesse d’égalité absolue qui sera progressivement vidée de son sens. |
| « Tous les animaux sont égaux, mais certains animaux sont plus égaux que les autres. » | La version finale du commandement — l’une des phrases les plus célèbres de la littérature du XXe siècle. Oxymore qui résume toute la trahison : l’égalité proclamée sert à justifier l’inégalité. Le langage est retourné contre lui-même. |
| « Quatre pattes, oui ! Deux pattes, non ! » | Le slogan des moutons, simplifié à l’extrême pour être répété sans comprendre. Plus tard, il devient : « Quatre pattes, bon ! Deux pattes, mieux ! » — retournement total du sens initial. La propagande fonctionne par la répétition, pas par l’argumentation. |
| « Je vais travailler plus dur. » | La maxime de Malabar. Elle montre la noblesse et la tragédie du prolétaire : sa réponse à l’injustice est de travailler davantage, jamais de se révolter. Cette docilité est ce qui permet son exploitation — et finalement sa mort. |
| La scène finale : les animaux regardent les cochons et les humains et ne peuvent plus les distinguer | Dernière image du roman. Les révolutionnaires sont devenus identiques aux oppresseurs qu’ils avaient renversés. C’est la conclusion la plus amère : la révolution n’a rien changé — elle a simplement remplacé un groupe de tyrans par un autre. |
🔍 9. Interprétation et portée
Au-delà de la Russie : une portée universelle
Si La Ferme des animaux est d’abord une satire de l’URSS stalinienne, sa portée dépasse largement ce contexte. Le mécanisme qu’Orwell décrit — une révolution populaire récupérée par une élite qui rétablit l’inégalité — s’applique à de nombreuses situations historiques. Le roman est devenu un modèle universel pour penser la corruption du pouvoir, la propagande et la trahison des idéaux.
Le lien avec 1984
La Ferme des animaux et 1984 (publié en 1949) forment un diptyque. Le premier montre comment une dictature s’installe ; le second montre comment elle fonctionne une fois installée. Les thèmes de la manipulation du langage, de la réécriture de l’histoire et du contrôle de la pensée sont présents dans les deux œuvres.
Un classique de l’éducation civique
Le roman est étudié dans le monde entier comme un outil d’éducation à la citoyenneté : il apprend à reconnaître les mécanismes de la propagande, à se méfier des simplifications, à défendre l’esprit critique. Il montre que la démocratie n’est jamais acquise et que la vigilance des citoyens est le seul rempart contre la tyrannie.
❓ 10. Questions fréquentes (FAQ)
De quoi parle La Ferme des animaux ?
La Ferme des animaux raconte comment les animaux d’une ferme anglaise se révoltent contre leur maître humain et prennent le pouvoir. Ils instaurent une société égalitaire fondée sur sept commandements. Mais les cochons, plus intelligents, s’emparent progressivement de tous les privilèges. Leur chef, Napoléon, chasse son rival, instaure une dictature, réécrit les lois et exploite les autres animaux. Le roman s’achève quand les cochons deviennent indiscernables des humains. C’est une allégorie de la révolution russe et de la montée du stalinisme.
Quels sont les 7 commandements de l’Animalisme ?
Les sept commandements originaux sont : 1) Tout être marchant sur deux jambes est un ennemi ; 2) Tout être marchant sur quatre pattes ou ayant des ailes est un ami ; 3) Nul animal ne portera de vêtements ; 4) Nul animal ne dormira dans un lit ; 5) Nul animal ne boira d’alcool ; 6) Nul animal ne tuera un autre animal ; 7) Tous les animaux sont égaux. Au fil du roman, les cochons les modifient en ajoutant des exceptions (« dans un lit avec des draps », « d’alcool à l’excès ») jusqu’à les remplacer par un seul : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que les autres. »
Que représente Napoléon dans La Ferme des animaux ?
Napoléon est l’allégorie de Staline. Comme Staline, il prend le pouvoir en éliminant son rival (Boule de Neige / Trotski), installe une police secrète (les chiens / le NKVD), organise des purges (les confessions et exécutions), réécrit l’histoire, développe un culte de la personnalité et trahit les idéaux de la révolution. Le choix du nom « Napoléon » est ironique : il renvoie à un autre leader qui a transformé une révolution en empire.
Pourquoi Malabar est-il envoyé à l’abattoir ?
Malabar, le cheval le plus loyal et le plus travailleur, s’effondre d’épuisement en construisant le moulin. Napoléon annonce qu’il sera soigné à l’hôpital, mais c’est un fourgon d’équarrisseur qui vient le chercher. Les cochons vendent Malabar pour acheter du whisky. Cette scène est la plus cruelle du roman : elle montre que le régime traite les travailleurs comme des ressources jetables. Malabar symbolise tous les prolétaires exploités puis abandonnés par les régimes qu’ils ont fidèlement servis.
Comment se termine La Ferme des animaux ?
Le roman se termine par une scène célèbre : les cochons invitent les fermiers voisins à dîner. Ils marchent sur deux pattes, portent des vêtements, jouent aux cartes. Les autres animaux regardent par la fenêtre et observent les cochons et les humains. Ils passent leur regard de l’un à l’autre, puis « il était déjà impossible de distinguer l’un de l’autre ». Les révolutionnaires sont devenus identiques aux oppresseurs qu’ils avaient combattus.
Quel est le lien entre La Ferme des animaux et 1984 ?
Les deux romans sont écrits par Orwell et forment un diptyque sur le totalitarisme. La Ferme des animaux (1945) montre comment une dictature s’installe — par la trahison de la révolution, la propagande et la terreur. 1984 (1949) montre comment elle fonctionne — par le contrôle total du langage (novlangue), de l’histoire et de la pensée. Les deux œuvres partagent les mêmes thèmes : la manipulation du langage, la réécriture du passé, la destruction de l’esprit critique.
Pourquoi étudie-t-on La Ferme des animaux au collège ?
La Ferme des animaux est étudié au collège (souvent en 3e) et au lycée pour plusieurs raisons : le récit est court et captivant (une fable avec des personnages animaux), la lecture est accessible, et les thèmes sont essentiels à l’éducation civique — la dictature, la propagande, l’esprit critique, la trahison des idéaux démocratiques. Le roman permet aussi d’étudier l’allégorie comme procédé littéraire et de travailler sur le contexte historique du XXe siècle (révolution russe, totalitarisme, guerre froide).
📚 Fiches de lecture — Classiques & Bac de français
Retrouvez toutes nos fiches de lecture :
- Gargantua, Rabelais
- Les Caractères, La Bruyère
- Déclaration des droits de la femme, Olympe de Gouges
- Cahier de Douai, Rimbaud
- La rage de l’expression, Ponge
- Mes forêts, Hélène Dorion
- Manon Lescaut, Abbé Prévost
- Le Menteur, Corneille
- On ne badine pas avec l’amour, Musset
- Pour un oui ou pour un non, Sarraute
- Le Petit Prince, Saint-Exupéry
- L’Étranger, Camus
- Antigone, Anouilh
- La Métamorphose, Kafka
- Bel-Ami, Maupassant
- Le Colonel Chabert, Balzac
- Vendredi ou la Vie sauvage, Tournier
- La Ferme des animaux, Orwell (cette page)

