🏥 Offres de Soins en France — Cours PASS/LAS

Professionnels de santé, secteur hospitalier, parcours de soins coordonnés, urgences, télémédecine et soins de ville

📚 Matière
Sciences humaines et sociales
🎯 Niveau
PASS / LAS
📝 Thème
Organisation du système de santé
⏱️ Durée de lecture
~20 minutes
À retenir : L’offre de soins en France repose sur trois piliers : les professionnels de santé (libéraux, salariés ou mixtes), le secteur hospitalier (public, ESPIC, privé) et le secteur de ville (soins ambulatoires, maisons et centres de santé). Le parcours de soins coordonnés, organisé autour du médecin traitant, structure l’accès aux soins spécialisés. La France fait face à des défis majeurs : inégalités territoriales de densité médicale, doublement des passages aux urgences en 25 ans, et nécessité de développer les alternatives à l’hospitalisation (chirurgie ambulatoire, télémédecine, HAD).

📋 Offreurs de soins et producteurs de biens en santé

L’offre de soins désigne l’ensemble des dispositifs mis en place pour répondre à la demande de soins, qu’ils soient curatifs ou préventifs. Elle repose sur trois grandes catégories d’acteurs qui forment le socle du système de santé français.

CatégorieCompositionDétails
Professionnels de santéProfessions médicales et pharmaceutiques + auxiliaires médicauxMédecins, pharmaciens, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, etc. Statuts divers : libéraux, salariés ou mixtes.
Secteur hospitalierÉtablissements de santéÉtablissements publics (CHR, CHU), établissements privés d’intérêt collectif (ESPIC : hôpitaux privés, centres de lutte contre le cancer, centres de dialyse) et établissements privés à but lucratif (cliniques).
Secteur de villeRéseaux de santé pluridisciplinairesMaisons de santé pluridisciplinaires (MSP), communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), centres de santé. Intègrent médecins, infirmiers et autres professionnels pour favoriser l’accès aux soins, la coordination et la continuité des prises en charge.

👨‍⚕️ Professions médicales et pharmaceutiques

Les professions médicales et pharmaceutiques constituent le noyau central de l’offre de soins. Voici la répartition de leurs effectifs :

ProfessionEffectifsMode d’exercice dominant
Médecins220 0001/2 libéral exclusif, 1/3 salariés, ~10 % mixtes (cabinet + hôpital)
Pharmaciens75 000Majoritairement en officine ; 22 000 salariés (surtout hospitaliers)
Chirurgiens-dentistes40 000Majoritairement libéraux exclusifs ; 15 % salariés
Sages-femmes20 000Majoritairement à l’hôpital

🩺 Médecins généralistes : effectifs, densité et répartition

📈 Évolution des effectifs

Les effectifs médicaux ont connu une augmentation jusqu’en 2016, suivie d’une diminution puis d’une stagnation à partir de 2021. On observe une augmentation continue de la part de femmes dans la profession, qui atteint environ 50 % en 2021. Un phénomène marquant se dessine : la proportion de médecins généralistes diminue tandis que celle des spécialistes augmente. En France, il y a désormais davantage de médecins spécialistes que de généralistes. Or, les généralistes représentent la première étape vers l’accès aux soins et jouent le rôle d’orienteurs vers les spécialistes : leur diminution entraîne donc des difficultés d’accès aux soins.

🗺️ Répartition territoriale et déserts médicaux

La répartition des médecins généralistes sur le territoire français est très inégale. La densité moyenne s’élève à 140 médecins généralistes pour 100 000 habitants en 2021. On observe un phénomène d’héliotropisme : les régions attractives par leur climat et leur géographie (Sud, littoral) sont mieux dotées, tandis que les régions du Nord et du Centre présentent des zones de sous-densité, voire de véritables déserts médicaux. Entre 2012 et 2021, la densité de médecins généralistes a diminué dans la quasi-totalité des régions françaises, et ce malgré l’augmentation de la population.

⚠️ Attention : L’inégale répartition territoriale des médecins est un enjeu majeur de santé publique. Elle entraîne des inégalités d’accès aux soins qui touchent particulièrement les zones rurales et les régions du Nord de la France.

🏢 Types d’exercice des médecins généralistes (2022)

La majorité des médecins généralistes exercent désormais en groupe (70 %), contre seulement 30 % en exercice seul. Parmi ceux qui exercent en groupe, on distingue deux configurations principales :

Type de cabinetProportionComposition
Cabinet pluriprofessionnel40 %Avec des paramédicaux seulement (27 %), avec des paramédicaux et d’autres professions médicales (12 %), ou avec d’autres professionnels de santé (1 %)
Cabinet monoprofessionnel30 %Avec d’autres médecins uniquement généralistes (26 %), ou avec des spécialistes/chirurgiens-dentistes (3 %)

💊 Pharmaciens, dentistes et sages-femmes

🧪 Pharmaciens

Les effectifs de pharmaciens sont restés relativement stables autour de 70 000 entre 2012 et 2021. La part des femmes représente environ deux tiers de la profession (contre 50 % chez les médecins), avec une tendance à la hausse. En termes de densité territoriale, on retrouve le même héliotropisme que pour les médecins, avec une inégalité Nord-Sud marquée : les régions du Sud-Ouest sont mieux dotées que celles du Nord ou du Centre.

🦷 Chirurgiens-dentistes

Les effectifs de dentistes ont augmenté pour atteindre environ 40 000 sur la décennie 2012-2021. La part des femmes représente un peu moins de 50 % de la profession, avec une tendance croissante. La répartition territoriale montre à nouveau un héliotropisme, avec une densité très forte dans le Sud-Est (notamment en PACA) et des densités plus faibles dans les régions du Nord (ex. Normandie).

👩‍⚕️ Sages-femmes

Les effectifs de sages-femmes ont connu une augmentation continue, dépassant les 20 000 entre 2012 et 2021. Il s’agit d’une profession très féminisée. Les sages-femmes exercent majoritairement à l’hôpital, avec seulement 3 800 cabinets libéraux sur l’ensemble du territoire.

🏥 Auxiliaires médicaux

Les auxiliaires médicaux constituent une part essentielle de l’offre de soins. Voici la répartition de leurs effectifs et modes d’exercice :

ProfessionEffectifsMode d’exercice dominant
Infirmiers+ de 660 0002/3 à l’hôpital exclusivement, le reste en libéral ou mixte
Aides-soignants390 000Majoritairement hospitaliers
Kinésithérapeutes86 000Plus des 3/4 en libéral ou mixte ; seulement 13 000 à l’hôpital
Manipulateurs radio34 00026 000 à l’hôpital exclusivement
Orthophonistes24 000Largement en libéral
Psychomotriciens11 000Répartis entre libéral et hôpital
Ergothérapeutes10 000Majoritairement à l’hôpital
Orthoptistes4 400
Audioprothésistes3 200
💡 Astuce : La densité d’offre de soins la plus importante est celle des infirmiers : 11,4 pour 1 000 habitants. On compte ensuite 3,4 médecins pour 1 000 habitants (dont 1,5 généraliste et 1,9 spécialiste), 1,1 pharmacien et 0,1 dentiste pour 1 000 habitants, ainsi que 6,4 personnes en EHPAD pour 1 000 habitants.

📊 Consommation de soins selon l’âge

La consommation de soins (consultations, recours aux soins) varie considérablement selon les tranches d’âge. En médecine générale, on observe un pic de consultations durant les premiers mois de vie, suivi d’une période de sous-consommation jusqu’à environ 45 ans, puis un nouveau pic chez les personnes âgées. La médecine spécialisée devient prédominante après 60 ans, en raison de l’apparition de maladies chroniques. En ce qui concerne les sages-femmes et la gynécologie, la forte consommation se concentre entre 15 et 50 ans, correspondant à la période de procréation.

🔗 Parcours de soins coordonnés

Le parcours de soins coordonnés impose à chaque assuré social de plus de 16 ans de désigner un médecin traitant auprès de sa caisse d’assurance maladie. Ce médecin traitant est le premier interlocuteur du patient et, le cas échéant, l’oriente vers d’autres professionnels de santé (spécialistes, hospitaliers). Le choix du médecin traitant est libre : il peut s’agir d’un généraliste ou d’un spécialiste, sans restriction géographique, et peut être modifié à tout moment.

⚠️ Attention : Si le patient ne respecte pas le parcours de soins coordonnés et consulte un médecin spécialiste sans être passé par son médecin traitant, il sera moins bien remboursé par l’Assurance maladie.

Les soins spécialisés sont également dispensés dans les établissements hospitaliers sous forme de consultations externes (ambulatoires), sans hospitalisation, assurées par des praticiens spécialistes. Ces consultations sont intégrées au parcours de soins et sont prescrites par les médecins traitants.

🌍 Place de la France dans le paysage international

La France se situe au 26e rang mondial pour le nombre de médecins en exercice (3,2 pour 1 000 habitants), avec une population médicale relativement âgée (44 % des médecins ont 55 ans ou plus). En termes de médecins nouvellement diplômés, la France est 30e. Pour le personnel infirmier en exercice, elle se place au 12e rang.

🏨 Le secteur hospitalier

Le secteur hospitalier français est composé d’environ 3 000 établissements totalisant 386 000 lits :

Type d’établissementNombrePourcentageLits
Établissements publics (CHR, CHU, etc.)1 30045 %240 000
ESPIC (établissements privés d’intérêt collectif)66022 %55 000
Établissements privés à but lucratif (cliniques)97033 %90 000
💡 Astuce : Les établissements publics concentrent davantage de lits par rapport à leur nombre : 45 % des établissements mais 62 % des lits. De 2013 à 2020, le nombre de lits d’hospitalisation complète a diminué (de 415 000 à 385 000), tandis que le nombre de places d’hospitalisation partielle (ambulatoire) a augmenté (de 70 000 à 80 000), traduisant une volonté politique de limiter la durée des séjours hospitaliers.

⚖️ Missions des hôpitaux publics et ESPIC

Les établissements hospitaliers ont des missions multiples. Ils doivent assurer le diagnostic, la surveillance et le traitement des malades, des blessés et des femmes enceintes, en tenant compte de la singularité et des aspects psychologiques des personnes. Ils délivrent des soins avec ou sans hébergement, sous forme ambulatoire ou à domicile. Ils participent à la coordination des soins avec les professionnels exerçant en ville et les services médico-sociaux, ainsi qu’à la mise en œuvre de la politique de santé publique et des dispositifs de vigilance sanitaire. Ils mènent une réflexion sur l’éthique liée à l’accueil et à la prise en charge médicalisée. Enfin, ils participent à la formation, à l’enseignement et à la recherche en santé, notamment au sein des CHU.

Les hôpitaux publics et ESPIC partagent des missions fondamentales : l’égal accès à des soins de qualité pour tous, la permanence de l’accueil de jour comme de nuit (y compris en urgence), la continuité des soins pendant et après l’hospitalisation (en s’assurant que les patients disposent des conditions nécessaires à la poursuite de leur traitement, ou en les orientant vers des structures adaptées à leur situation de précarité), l’adaptation des soins aux besoins de chaque patient, et l’offre de soins préventifs, curatifs ou palliatifs.

🎗️ Centres de lutte contre le cancer

La France compte 20 centres de lutte contre le cancer répartis sur l’ensemble du territoire. Ce sont essentiellement des ESPIC, exclusivement dédiés à la cancérologie. Ils exercent des missions de service public, garantissent une prise en charge sans dépassement d’honoraires, visent l’excellence et sont à la pointe de la recherche et de l’innovation. Leur aspect privé réside principalement dans le recrutement des médecins et la gestion des ressources humaines.

🤝 Groupements hospitaliers de territoire (GHT)

Les GHT sont des dispositifs conventionnels, devenus obligatoires depuis juillet 2016, entre établissements publics de santé d’un même territoire. Les établissements membres s’engagent à se coordonner autour d’une stratégie de prise en charge commune et graduée du patient, formalisée dans un projet médical partagé. Le principe est d’inciter les établissements à mutualiser leurs équipes médicales et à répartir les activités de façon complémentaire, afin que chaque structure trouve son positionnement dans l’offre de soins régionale.

🚑 Les soins d’urgence (SAMU, SMUR, services d’urgence)

Les services d’aide médicale urgente (SAMU), situés dans les hôpitaux, et la permanence des soins assurent les soins préhospitaliers d’urgence. Le SAMU est accessible gratuitement sur tout le territoire national en composant le 15. Les centres partagent les informations avec les centres d’appel d’urgence de la police (17) et des pompiers (18), afin que les urgences médicales soient traitées de manière appropriée. Les centres d’appels médicaux et de pompiers répondent également au numéro d’urgence européen 112.

Les appels d’urgence arrivant au centre d’appel médical sont traités par des réceptionnistes spécialisés, supervisés par des médecins qui évaluent le niveau d’urgence. Selon la situation, ils peuvent envoyer une unité mobile de soins intensifs (SMUR), une équipe de premiers secours des pompiers ou un médecin généraliste de garde. Dans les autres cas, le patient est orienté vers le service d’urgence hospitalier le plus proche.

Le système de continuité des soins assure une réponse rapide et appropriée la nuit, les week-ends et les jours fériés. À leur arrivée à l’hôpital, les patients en situation d’urgence sont pris en charge dans un service d’urgence, chargé d’accueillir 24h/24 toute personne en situation d’urgence réelle ou ressentie, sans sélection.

⚠️ Attention : Le nombre de passages aux urgences a doublé en 25 ans, même en tenant compte de l’augmentation de la population, et ce malgré une stabilité du nombre d’accidents. Deux raisons principales expliquent cette tendance : une offre de soins insuffisante en ville (rendant nécessaire une révision de la prise en charge en médecine générale) et des difficultés à trouver des lits ou des places d’hospitalisation, entraînant un engorgement des urgences, aggravé par des arrivées plus nombreuses et des sorties parfois retardées.

🏠 Soins de longue durée et établissements médico-sociaux

Les établissements médico-sociaux regroupent notamment les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et les structures pour personnes handicapées. Les soins résidentiels ou temporaires pour les personnes âgées sont fournis par différents types d’institutions :

Type de structureServices proposés
Foyers logements collectifsInstallations non médicales (restauration, blanchisserie) mais quasiment aucun soin médical
Maisons de retraite (EHPAD)Hébergement des personnes âgées avec offre de soins médicaux
Unités de soins de longue durée (USLD)Accueil des personnes nécessitant un suivi médical constant (patients très malades et dépendants)

🔄 Alternatives à l’hospitalisation

Plusieurs dispositifs permettent de limiter ou de remplacer l’hospitalisation complète :

La chirurgie ambulatoire permet de raccourcir les délais de prise en charge à 12 heures maximum, avec la garantie d’une sécurité des soins et d’un réel suivi médical. Elle comprend les actes chirurgicaux programmés réalisés dans les conditions nécessitant impérativement la sécurité d’un bloc opératoire, sous anesthésie adaptée, suivie d’une surveillance postopératoire en salle de réveil, permettant la sortie du patient le jour même. Parmi les interventions concernées : opération de la cataracte, extraction dentaire, arthroscopie du genou, chirurgie des varices, opération des végétations et des amygdales. Ces actes ne peuvent pas être réalisés en cabinet médical. L’objectif est d’atteindre un taux de recours à la chirurgie ambulatoire de 70 %, contre 54 % en 2022 (le taux est passé de 46 % en 2012 à 54 % en 2022).

L’hospitalisation à domicile (HAD) permet de maintenir, sous certaines conditions, le confort de vie des patients et de leurs proches. Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) assurent la surveillance médicale, les soins d’hygiène et les soins paramédicaux. L’accueil temporaire en EHPAD permet d’améliorer la qualité de vie des personnes et d’accorder un temps de répit aux aidants.

📱 La télésanté et la télémédecine

La télésanté se déploie pour permettre à tous un accès à distance aux soins médicaux et paramédicaux. Il s’agit d’une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication, mettant en rapport un ou plusieurs professionnels de santé entre eux ou avec un patient.

Type d’acteDescription
TéléconsultationConsultation à distance depuis le domicile du patient ou un EHPAD. Inclut diagnostics et prescriptions. Doit être réalisée après orientation par le médecin traitant pour les spécialistes. S’inscrit dans le parcours de soins coordonnés.
TéléexpertiseÉchanges entre confrères : un médecin sollicite l’avis d’autres experts sur la pathologie de son patient.
TéléassistanceUn professionnel de santé assiste un de ses collègues au cours d’un soin à distance.
TélésurveillanceRecueil des informations médicales depuis le lieu de vie du patient.
Réponse médicaleAppels téléphoniques d’urgence dans le cadre de la régulation médicale (SAMU).
💡 Astuce : La téléconsultation a connu une explosion lors de la pandémie de Covid-19, alors qu’elle était quasiment inexistante auparavant. Son usage s’est maintenu après la diminution des cas. Cependant, son utilisation n’est pas nécessairement corrélée à la difficulté d’accès géographique à un médecin : les zones proches de Paris bénéficient autant de la téléconsultation (~20 %) que les petites villes (~20 %), alors que ces dernières représentent 40 % de la population contre 12 % pour la zone parisienne.

🏘️ Le secteur de ville

Les soins ambulatoires (ou soins de ville) désignent les soins effectués en cabinet de ville, dispensaires, centres de soins, lors de consultations externes d’hôpitaux publics ou privés, en cures thermales et les analyses en laboratoire. Ils sont dispensés par les médecins, dentistes et auxiliaires médicaux dans le cadre de leur activité libérale. Le secteur de ville représente environ 48 000 cabinets libéraux d’infirmiers, 37 000 masseurs-kinésithérapeutes, 36 500 médecins, 30 000 chirurgiens-dentistes, 12 000 pédicures et 3 800 cabinets de sages-femmes.

Les soins à domicile sont principalement fournis par des médecins et des infirmiers indépendants, et dans une moindre mesure par les SSIAD, qui prennent en charge les soins de nursing (toilette) ou les actes infirmiers (pansements, distribution de médicaments, injections). Les soins intermédiaires fournissent des soins temporaires aux patients dépendants et des services de répit à leurs aidants, favorisant une meilleure autonomie. Le financement relève de l’assurance maladie ou des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD), qui prennent en charge, dans le cadre de l’aide sociale, les services ménagers et les prestations d’aide à la personne pour les actes essentiels de la vie quotidienne.

🏡 Les maisons de santé

Les maisons de santé sont des structures pluriprofessionnelles constituées de professionnels médicaux, auxiliaires médicaux ou pharmaciens. Les professionnels qui y exercent doivent élaborer un projet de santé attestant de leur exercice coordonné. Les maisons de santé concluent avec l’agence régionale de santé un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens préalablement à tout versement d’aide financière. Les professionnels y ont un statut libéral.

🏥 Les centres de santé

Dans la lignée des dispensaires, les centres de santé ont une mission sociale d’accès aux soins pour tous. Ils sont surtout implantés dans les zones urbaines défavorisées et pratiquent quasi systématiquement le tiers payant et des tarifs conventionnels, même pour des spécialités comme la gynécologie ou l’ophtalmologie. Il en existe trois catégories : centres de santé médicaux, infirmiers et dentaires. Ils peuvent être gérés par des associations, des collectivités territoriales ou par des assureurs de santé (centres mutualistes). Contrairement aux maisons de santé, les professionnels qui y exercent sont salariés.

📍 Plateformes territoriales d’appui

Les plateformes territoriales d’appui ont pour objectifs d’apporter un soutien aux professionnels pour la prise en charge des situations complexes (patients présentant plusieurs pathologies associées à des problèmes sociaux, psychosociaux ou économiques), d’informer et d’orienter les professionnels vers les ressources sanitaires, sociales et médico-sociales de leur territoire, d’appuyer l’organisation des parcours complexes (incluant les admissions et sorties d’établissements), et de soutenir les initiatives professionnelles en matière de sécurité des parcours et d’accès aux soins.

🤝 Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)

Les CPTS sont des dispositifs constitués à l’initiative des professionnels de santé d’un territoire. Elles assurent une meilleure coordination territoriale (organisation des soins et des parcours de patients), mais n’ont pas pour objet la coordination clinique autour du patient (contrairement aux MSP, centres de santé ou équipes de soins primaires). Elles sont composées de professionnels de santé du premier ou du second recours, d’acteurs médico-sociaux et sociaux, et d’établissements de santé d’un même territoire.

💡 Astuce : Ne confonds pas maisons de santé et centres de santé : dans les maisons de santé, les professionnels sont libéraux ; dans les centres de santé, ils sont salariés. Les centres de santé ont en plus une mission sociale d’accès aux soins et pratiquent le tiers payant.

💊 Les officines de pharmacie

La distribution des médicaments est étroitement réglementée en France. Les grossistes répartiteurs ont une mission de service public et sont soumis au contrôle de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) concernant la gamme de médicaments fournis, le niveau des stocks, les délais de livraison et leurs marges bénéficiaires.

Les pharmacies détiennent un monopole sur la distribution des médicaments délivrés sur ordonnance. Elles doivent être la propriété d’un pharmacien qualifié ou d’un groupe de pharmaciens associés, qui ne peuvent pas posséder plus d’une officine. Le nombre de pharmacies est réglementé par un numerus clausus tenant compte de la population à desservir et de la distance à la pharmacie la plus proche. Les pharmaciens bénéficient d’incitations financières pour la délivrance de médicaments génériques.

La publicité directe aux consommateurs pour les médicaments est soumise à autorisation préalable et limitée aux spécialités remplissant trois critères : délivrance sans ordonnance, non couverture par l’assurance maladie, et absence de restriction publicitaire dans l’autorisation de mise sur le marché. Les vaccins constituent la seule exception à cette règle. La vente de médicaments en ligne est autorisée, mais exclusivement par des pharmaciens, dans le cadre d’une activité directement liée à une pharmacie physique et autorisée par les agences régionales de santé.

✏️ Exercices

Exercice 1

Un patient de 35 ans, récemment installé dans une zone rurale du Nord de la France, constate qu’il ne trouve aucun médecin généraliste acceptant de nouveaux patients dans un rayon de 30 km. Quels mécanismes de l’offre de soins expliquent cette situation, et quelles solutions du système de santé pourraient y répondre ?
Voir la réponse
Cette situation illustre le phénomène des déserts médicaux, causé par plusieurs facteurs : l’héliotropisme (les médecins préfèrent s’installer dans les régions attractives du Sud), la diminution du nombre de médecins généralistes au profit des spécialistes, et le vieillissement de la population médicale (44 % des médecins ont 55 ans ou plus). Plusieurs solutions du système de santé peuvent y répondre : le développement des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) pour attirer des professionnels en exercice coordonné, la création de CPTS pour structurer l’offre de soins sur le territoire, le recours à la téléconsultation pour les consultations ne nécessitant pas d’examen physique, et la mise en place de consultations externes hospitalières dans le cadre du parcours de soins coordonnés.

Exercice 2

Expliquez la différence entre une maison de santé, un centre de santé et une CPTS. Précisez pour chaque structure le statut des professionnels et la mission principale.
Voir la réponse
La maison de santé est une structure pluriprofessionnelle où les professionnels exercent en statut libéral, avec un projet de santé coordonné et un contrat pluriannuel avec l’ARS. Le centre de santé est une structure où les professionnels sont salariés, avec une mission sociale d’accès aux soins pour tous, implantée surtout en zones urbaines défavorisées et pratiquant le tiers payant. La CPTS est un dispositif de coordination territoriale constitué à l’initiative des professionnels de santé d’un territoire : elle organise la coordination des soins à l’échelle d’un territoire (parcours de patients), mais ne fait pas de coordination clinique autour d’un patient individuel (ce qui est le rôle des MSP ou des centres de santé). La CPTS regroupe des professionnels du premier et second recours, des acteurs médico-sociaux et des établissements de santé.

Exercice 3

Le nombre de passages aux urgences a doublé en 25 ans. Citez les deux principales raisons qui expliquent cette hausse et proposez deux pistes d’amélioration.
Voir la réponse
Les deux principales raisons sont : premièrement, une offre de soins insuffisante en ville (manque de médecins généralistes, fermetures de cabinets, difficultés à obtenir un rendez-vous rapide), qui pousse les patients à se tourner vers les urgences ; deuxièmement, des difficultés à trouver des lits ou des places d’hospitalisation, ce qui engendre un engorgement des urgences, aggravé par des arrivées plus nombreuses et des sorties parfois retardées. Deux pistes d’amélioration : renforcer la médecine de ville en favorisant l’installation de médecins généralistes dans les zones sous-dotées (via les MSP et CPTS) pour réorienter les patients vers les soins de premier recours ; développer la chirurgie ambulatoire et les alternatives à l’hospitalisation (HAD, SSIAD, téléconsultation) pour libérer des lits d’hospitalisation complète et fluidifier les parcours de soins.

❓ FAQ — Offres de soins en France

Qu’est-ce que le parcours de soins coordonnés ?
Le parcours de soins coordonnés est un dispositif qui impose à tout assuré social de plus de 16 ans de désigner un médecin traitant. Ce dernier est le premier interlocuteur du patient et l’oriente, si nécessaire, vers des spécialistes. Si le patient consulte un spécialiste sans passer par son médecin traitant, il est moins bien remboursé par l’Assurance maladie. Le choix du médecin traitant est libre (généraliste ou spécialiste) et peut être modifié à tout moment.
Quelle est la différence entre un hôpital public et un ESPIC ?
Les hôpitaux publics sont des établissements entièrement publics (CHR, CHU). Les ESPIC (établissements privés d’intérêt collectif) sont des structures de droit privé mais qui exercent des missions de service public : centres de lutte contre le cancer, centres de dialyse, hôpitaux privés conventionnés. Ils garantissent un accès aux soins sans dépassement d’honoraires. Les deux types partagent les mêmes missions fondamentales : égal accès, permanence d’accueil, continuité des soins.
Qu’est-ce que la chirurgie ambulatoire ?
La chirurgie ambulatoire permet la réalisation d’actes chirurgicaux programmés dans un bloc opératoire, avec une prise en charge limitée à 12 heures maximum : le patient entre et sort le jour même. Elle nécessite une anesthésie adaptée et une surveillance postopératoire en salle de réveil. Parmi les interventions courantes : cataracte, extraction dentaire, arthroscopie du genou, chirurgie des varices. L’objectif national est d’atteindre un taux de recours de 70 %.
Pourquoi parle-t-on de déserts médicaux en France ?
Les déserts médicaux désignent des zones géographiques où la densité de médecins (surtout généralistes) est insuffisante pour répondre aux besoins de la population. Ce phénomène est lié à l’héliotropisme (attirance des médecins pour les régions ensoleillées), à la diminution du nombre de généralistes, au vieillissement de la population médicale, et à un numerus clausus longtemps restrictif. Il touche particulièrement les zones rurales et les régions du Nord et du Centre de la France.
Quels sont les différents actes de télésanté ?
La télésanté regroupe cinq types d’actes : la téléconsultation (consultation à distance entre un médecin et un patient), la téléexpertise (échange entre médecins sur un cas clinique), la téléassistance (un professionnel assiste un collègue à distance pendant un soin), la télésurveillance (recueil d’informations médicales depuis le domicile du patient), et la réponse médicale (régulation des appels d’urgence, comme au SAMU). La téléconsultation doit s’inscrire dans le parcours de soins coordonnés.