đ Physiologie de la MotricitĂ© et de la SensibilitĂ© â Cours PASS/LAS
Des rĂ©cepteurs sensoriels jusqu’Ă la contraction musculaire : transduction, voies ascendantes et descendantes, rĂ©flexes, cortex moteur, ganglions de la base, cervelet et mouvements automatiques.
1. La sensibilité : généralités et types de stimuli
2. Transduction du signal sensoriel
3. Codage sensitif : type, intensité, durée et localisation
4. Transmission et interprétation corticale
5. Physiologie de la somesthésie
6. Récepteurs cutanés et propriocepteurs
7. Voies ascendantes somato-sensitives
8. La motricité : définition et organisation hiérarchique
9. Motoneurones alpha et jonction neuromusculaire
10. Le muscle et le mécanisme de la contraction
11. Le mouvement réflexe et le réflexe myotatique
12. Le mouvement volontaire et le cortex moteur
13. Ganglions de la base, cervelet et mouvements automatiques
14. Exercices d’entraĂźnement
15. Questions fréquentes
đŹ La sensibilitĂ© : gĂ©nĂ©ralitĂ©s et types de stimuli
La sensibilitĂ© correspond Ă l’ensemble des informations que le systĂšme nerveux recueille sur le monde extĂ©rieur et sur l’Ă©tat interne de l’organisme. Le systĂšme sensitif repose sur trois composantes fonctionnelles enchaĂźnĂ©es. Les rĂ©cepteurs sensitifs perçoivent les stimuli et les convertissent en signal Ă©lectrique : c’est la transduction. Les neurones ascendants (affĂ©rents) assurent la transmission de cette information vers l’encĂ©phale. Enfin, le cortex primaire et les aires associatives rĂ©alisent l’interprĂ©tation de l’information, en dĂ©terminant les propriĂ©tĂ©s qualitatives et quantitatives du stimulus avant de la communiquer aux autres rĂ©gions cĂ©rĂ©brales.
Les stimuli captés se répartissent en deux grandes familles. La somesthésie regroupe la sensibilité du corps proprement dite (peau, muscles, tendons, articulations, viscÚres) et se décline en plusieurs sous-modalités :
| Sous-modalité | Récepteurs impliqués | Stimuli détectés |
|---|---|---|
| Mécanique | Mécanorécepteurs cutanés | Toucher, pression, vibrations, étirement |
| Température | Thermorécepteurs | Variations de température (chaud/froid) |
| Position | Propriocepteurs (tendons, muscles, articulations) | Position du corps dans l’espace |
| Viscérale | Viscérocepteurs | Pression sanguine, température interne, étirements viscéraux |
Les stimuli extĂ©rieurs, relatifs au milieu extĂ©rieur, comprennent la lumiĂšre (vision), le son (audition), les mouvements de la tĂȘte (systĂšme vestibulaire) et les substances chimiques (goĂ»t et odorat).
⥠Transduction du signal sensoriel
Tous les stimuli, qu’ils soient perçus consciemment ou non, sont captĂ©s par des rĂ©cepteurs sensitifs dont le rĂŽle fondamental est de les transformer en un message Ă©lectrique comprĂ©hensible par le SNC. Ce processus de conversion est la transduction du signal.
Classification fonctionnelle des récepteurs
| Catégorie | Origine du stimulus | Exemples |
|---|---|---|
| Extérocepteurs | Milieu extérieur | Mécanorécepteurs cutanés, photorécepteurs, tonorécepteurs, chémorécepteurs |
| Propriocepteurs | L’organe lui-mĂȘme (muscle, tendon, articulation) | Fuseaux neuromusculaires, organes tendineux de Golgi |
| Intérocepteurs | Milieu intérieur des viscÚres | Barorécepteurs, osmorécepteurs, nocicepteurs viscéraux |
Tableau détaillé des récepteurs sensitifs
| Type | Nom | Stimuli | Localisation |
|---|---|---|---|
| Extérocepteurs | Mécanorécepteurs | Vibration, pression | Peau |
| Thermorécepteurs | Température | ||
| Nocicepteurs | Danger, brûlure | ||
| PhotorĂ©cepteurs | Photons | RĂ©tine (Ćil) | |
| Tonorécepteurs | Vibrations sonores | Oreille interne | |
| Gravicepteurs | Mouvements, accélération | Appareil vestibulaire | |
| Chémorécepteurs | Substances chimiques | Cavités buccale et nasale | |
| Propriocepteurs | Fuseaux neuromusculaires | Ătirement du muscle | Muscle, tendon |
| Organes tendineux de Golgi | Tension musculaire | ||
| Intérocepteurs | Barorécepteurs | Pression artérielle | ViscÚres |
| MĂ©canorĂ©cepteurs viscĂ©raux | Ătirement, pression | ||
| Chémorécepteurs viscéraux | Substances chimiques | ||
| Osmorécepteurs | Pression osmotique | ||
| Nocicepteurs viscéraux | Douleur viscérale |
Du stimulus au potentiel d’action
Les terminaisons neuronales des rĂ©cepteurs sont de deux types morphologiques : libres (neurones sensitifs nus) ou encapsulĂ©es (neurones entourĂ©s d’une capsule de tissu conjonctif). Lorsqu’un stimulus atteint un rĂ©cepteur, il modifie la permĂ©abilitĂ© des canaux ioniques de la membrane plasmique, gĂ©nĂ©rant un potentiel de rĂ©cepteur. Ce potentiel est graduĂ©, c’est-Ă -dire proportionnel Ă l’intensitĂ© du stimulus. Il se propage le long de la membrane neuronale jusqu’aux canaux ioniques voltage-dĂ©pendants situĂ©s au premier nĆud de Ranvier. Si la dĂ©polarisation y franchit le seuil, un potentiel d’action se dĂ©clenche et se propage le long de l’axone. Dans le cas contraire, aucun potentiel d’action n’est engendrĂ©.
Le passage du potentiel de rĂ©cepteur au potentiel d’action constitue le codage sensitif, qui permet au systĂšme nerveux de dĂ©terminer les caractĂ©ristiques essentielles du stimulus : son type, son intensitĂ©, sa durĂ©e et sa localisation.
đ Codage sensitif : type, intensitĂ©, durĂ©e et localisation
Codage du type de stimulus
La modalitĂ© du stimulus (chaleur, froid, pression, son, lumiĂšre) est dĂ©terminĂ©e par les propriĂ©tĂ©s intrinsĂšques du rĂ©cepteur stimulĂ©. Chaque rĂ©cepteur possĂšde un stimulus adaptĂ©, c’est-Ă -dire une forme d’Ă©nergie ou une substance chimique pour laquelle il prĂ©sente la sensibilitĂ© la plus grande. Cependant, un rĂ©cepteur peut rĂ©pondre Ă d’autres types de stimuli si leur intensitĂ© est suffisamment Ă©levĂ©e. Par exemple, les photorĂ©cepteurs de l’Ćil sont spĂ©cialisĂ©s dans la dĂ©tection de la lumiĂšre, mais un choc mĂ©canique sur le globe oculaire peut provoquer la perception d’un flash lumineux : le photorĂ©cepteur capte le stimulus mĂ©canique, mais pas de façon prioritaire.
Codage de l’intensitĂ©
L’intensitĂ© d’un stimulus est traduite par la frĂ©quence de dĂ©charge des potentiels d’action. Plus la pression exercĂ©e sur la peau est forte, plus le nombre de terminaisons nerveuses stimulĂ©es est important et plus la frĂ©quence de dĂ©charge augmente. Ce phĂ©nomĂšne repose sur la sommation des courants locaux : plus les rĂ©cepteurs sont stimulĂ©s simultanĂ©ment, plus les signaux s’additionnent pour amplifier l’intensitĂ© perçue. L’ensemble constituĂ© d’un neurone affĂ©rent et de ses terminaisons rĂ©ceptrices forme une unitĂ© sensitive, qui code l’intensitĂ© du signal transmis.
Codage de la durée
Lorsqu’un stimulus persiste, les rĂ©cepteurs subissent un phĂ©nomĂšne d’adaptation : la frĂ©quence des potentiels d’action diminue progressivement malgrĂ© le maintien de l’intensitĂ© du stimulus. Deux catĂ©gories de rĂ©cepteurs se distinguent par leur vitesse d’adaptation :
| Type de récepteur | Comportement | Application |
|---|---|---|
| Adaptation lente | Maintiennent un potentiel rĂ©cepteur persistant ou lentement dĂ©croissant au cours d’un stimulus constant. Les potentiels d’action sont gĂ©nĂ©rĂ©s pendant toute la durĂ©e de la stimulation. | DĂ©tection de stimuli soutenus (pression constante, maintien d’une posture) |
| Adaptation rapide | Ne produisent un potentiel rĂ©cepteur et un potentiel d’action qu’au dĂ©but et Ă la fin du stimulus (rĂ©ponse ON/OFF). | DĂ©tection des stimuli qui se dĂ©placent, se modifient rapidement, ou qui persistent et deviennent « inintĂ©ressants » (par exemple, la sensation de la chaise sur laquelle tu es assis disparaĂźt rapidement) |
Codage de la localisation
La localisation du stimulus est codĂ©e par l’emplacement du rĂ©cepteur stimulĂ©. La prĂ©cision de cette localisation correspond Ă la discrimination spatiale, qui peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e par le test des deux pointes : on rapproche progressivement deux pointes sur la peau et on note la distance minimale Ă laquelle le sujet ne perçoit plus qu’un seul contact. Cette discrimination varie considĂ©rablement selon les rĂ©gions du corps : environ 1 mm pour la langue, 2 mm pour le doigt, 10 mm pour la paume, 30 mm pour le dos de la main et 70 mm pour le dos.
La discrimination spatiale dĂ©pend de trois facteurs : la taille du champ rĂ©cepteur (plus il est petit, plus la prĂ©cision est grande), la densitĂ© des unitĂ©s sensitives (plus elle est Ă©levĂ©e, plus l’acuitĂ© est fine) et le degrĂ© de chevauchement entre champs rĂ©cepteurs adjacents (un chevauchement important amĂ©liore la prĂ©cision).
đ§ Transmission et interprĂ©tation corticale
Voies ascendantes
Les potentiels d’action gĂ©nĂ©rĂ©s par les rĂ©cepteurs empruntent des neurones ascendants (affĂ©rents) pour rejoindre le cortex cĂ©rĂ©bral. On distingue deux types de voies :
| Type de voie | Information véhiculée | Trajet |
|---|---|---|
| Voies ascendantes spĂ©cifiques | Un seul type d’information (toucher, douleur, proprioception) | ChaĂźne de trois neurones ou plus, en faisceaux parallĂšles, vers le tronc cĂ©rĂ©bral, le thalamus puis le cortex |
| Voies ascendantes non spĂ©cifiques | Plusieurs types d’informations, rĂŽle dans la vigilance et l’Ă©veil | Formation rĂ©ticulĂ©e du tronc cĂ©rĂ©bral, certaines rĂ©gions du thalamus et du cortex cĂ©rĂ©bral |
Interprétation corticale
Le cortex cérébral est organisé par deux repÚres anatomiques fondamentaux. Le sillon de Rolando (scissure centrale) sépare le lobe frontal (siÚge de la motricité, en avant) du lobe pariétal (siÚge de la sensibilité, en arriÚre). La scissure de Sylvius (scissure latérale) sépare le lobe frontal (en haut) du lobe temporal (en bas), avec le lobe occipital en arriÚre.
Chaque modalitĂ© sensorielle se projette dans un lobe spĂ©cifique : les voies somatosensitives vers le lobe pariĂ©tal, les voies gustatives vers la partie basse du lobe pariĂ©tal, les voies auditives vers le lobe temporal, les voies visuelles vers le lobe occipital et les voies olfactives sous la surface des lobes frontaux et temporaux. L’information ne s’arrĂȘte pas dans les aires corticales primaires de rĂ©ception : elle est acheminĂ©e vers les aires d’association du cortex cĂ©rĂ©bral, oĂč se produit une intĂ©gration complexe permettant la perception consciente.
đïž Physiologie de la somesthĂ©sie
Le systÚme somesthésique remplit trois fonctions essentielles : identifier la forme et la texture des objets, contrÎler les forces internes et externes qui agissent sur le corps, et détecter les situations potentiellement nocives. La sensibilité somesthésique se divise en deux grandes catégories : la sensibilité somatique (superficielle et profonde) et la sensibilité viscérale (systÚme entérique, sympathique et parasympathique).
| Type | Stimuli externes (cutanés) | Stimuli internes (musculaires, articulaires) | Stimuli viscéraux |
|---|---|---|---|
| Récepteurs | Mécanorécepteurs | Propriocepteurs | Viscérocepteurs |
| Sensibilité | Superficielle | Profonde | Viscérale |
đ RĂ©cepteurs cutanĂ©s et propriocepteurs
Récepteurs cutanés
Les rĂ©cepteurs cutanĂ©s se situent au niveau du derme et se rĂ©partissent en terminaisons nerveuses libres et rĂ©cepteurs encapsulĂ©s. Ce sont tous des mĂ©canorĂ©cepteurs capables de dĂ©tecter le toucher, les vibrations, l’Ă©tirement, la pression, la douleur et la tempĂ©rature :
| Nom | Adaptation | Stimuli principaux | Type morphologique |
|---|---|---|---|
| Corpuscule de Meissner | Rapide | Toucher, pression légÚre | Encapsulé |
| Corpuscule de Pacini | Rapide | Pression profonde, vibration | Encapsulé |
| Corpuscule de Ruffini | Lente | Ătirement | EncapsulĂ© |
| Corpuscule de Merkel | Lente | Toucher, pression fine | Encapsulé |
| Terminaisons nerveuses libres | Lente | Douleur, température, toucher grossier | Libre |
Propriocepteurs
Les propriocepteurs captent les informations relatives Ă la position et aux mouvements du corps. Les rĂ©cepteurs articulaires renseignent sur la position et les mouvements des articulations (kinesthĂ©sie). Les fuseaux neuromusculaires sont des fibres spĂ©cialisĂ©es situĂ©es au sein mĂȘme du muscle striĂ© : chaque fuseau contient 4 Ă 8 fibres intrafusales entourĂ©es d’une capsule de tissu conjonctif, et ils sont sensibles Ă la longueur du muscle (Ă©tirement), permettant notamment le rĂ©flexe myotatique. Les organes tendineux de Golgi sont situĂ©s au niveau des tendons et dĂ©tectent les changements de tension musculaire.
âŹïž Voies ascendantes somato-sensitives
Les voies ascendantes somesthĂ©siques sont constituĂ©es d’une chaĂźne de trois neurones reliĂ©s par des synapses : le 1er neurone relie les rĂ©cepteurs Ă la moelle Ă©piniĂšre ou au tronc cĂ©rĂ©bral, le 2e neurone relie la moelle ou le tronc cĂ©rĂ©bral au thalamus, et le 3e neurone relie le thalamus au cortex.
Les fibres du premier neurone sensitif
| Récepteurs | Type de fibre | DiamÚtre | Vitesse | Myéline |
|---|---|---|---|---|
| Propriocepteurs | Aα | 13-20 ”m | 80-120 m/s | Présente |
| MĂ©canorĂ©cepteurs encapsulĂ©s | AÎČ | 6-12 ”m | 35-75 m/s | PrĂ©sente |
| Terminaisons libres (thermoalgiques) | AΎ | 1-5 ”m | 5-30 m/s | Fine |
| Terminaisons libres (nociceptives lentes) | C | 0,2-1,5 ”m | 0,5-2 m/s | Absente |
Les deux grandes voies somato-sensitives
| Caractéristique | Voie antérolatérale (extra-lemniscale) | Voie de la colonne dorsale (lemniscale) |
|---|---|---|
| Synonyme | Faisceau spino-thalamique | Voie lemniscale |
| RÎle | Information douloureuse et thermique | Information mécanique (tactile et proprioceptive) |
| 1er neurone : dendrite | Part des nocicepteurs ou thermorécepteurs | Part des propriocepteurs et mécanorécepteurs |
| 1er neurone : terminaison | Corne postérieure de la moelle | Bulbe (partie basse du tronc cérébral) |
| 2e neurone : dendrite | Corne postérieure de la moelle | Noyaux de Goll et Burdach (bulbe) |
| 2e neurone : décussation | Dans la moelle (croise la ligne médiane), circule dans le cordon antérolatéral | Au niveau du tronc cérébral |
| 2e neurone : terminaison | Thalamus (d’oĂč le nom « spino-thalamique ») | Thalamus |
| 3e neurone | Thalamus â cortex primaire du lobe pariĂ©tal | Thalamus â cortex pariĂ©tal |
Les informations somesthĂ©siques arrivent finalement au cortex somatosensoriel primaire, situĂ© juste en arriĂšre de la scissure de Rolando. L’organisation y est somatotopique : chaque localisation corporelle se projette sur une zone corticale prĂ©cise. Les doigts, le pouce et les lĂšvres, rĂ©gions Ă forte densitĂ© de rĂ©cepteurs, occupent les surfaces corticales les plus Ă©tendues, comme l’illustre l’homonculus sensoriel.
đïž La motricitĂ© : dĂ©finition et organisation hiĂ©rarchique
La motricitĂ© est la fonction qui permet Ă un organisme de se dĂ©placer et d’interagir avec son environnement. Bien que les mouvements nous semblent naturels et simples, la tĂąche du SNC est colossale : les mouvements volontaires rĂ©sultent d’une interaction complexe entre les informations descendantes (du centre vers le muscle) et les informations ascendantes (de l’environnement vers le centre). Tout mouvement naĂźt de la contraction d’un muscle ou d’un groupe de muscles, commandĂ©e par les motoneurones, la moelle Ă©piniĂšre, le tronc cĂ©rĂ©bral et le cortex cĂ©rĂ©bral.
On distingue trois types de mouvements : les mouvements volontaires (sous contrĂŽle total de la volontĂ©), les mouvements rĂ©flexes (Ă©chappant totalement Ă la volontĂ©) et les mouvements automatiques (s’exĂ©cutant sans participation volontaire active, mais pouvant ĂȘtre modulĂ©s par la volontĂ©, comme la marche).
Hiérarchie du contrÎle moteur
| Niveau | Type de mouvement | Fonction | Acteurs |
|---|---|---|---|
| Supérieur | Volontaire | Initiation du mouvement (motivation, idée), programmation et réalisation motrice | Aires sensitivo-motrices, aires associatives, aires de la mémoire, des émotions et de la motivation |
| Moyen | Tonus et posture | Maintien de la posture | Tronc cérébral, cervelet, ganglions de la base, afférences sensorielles |
| Inférieur | Réflexe | Mouvements les plus simples | Neurones afférents, neurones moteurs, interneurones |
Au cĆur de cette organisation, le motoneurone α constitue la voie finale commune de la motricitĂ© : quel que soit le type de mouvement (volontaire, rĂ©flexe ou automatique), c’est toujours lui qui innerve le muscle. Il reçoit ses commandes de deux sources principales : les circuits locaux de la moelle Ă©piniĂšre (composĂ©s Ă 90 % d’interneurones, responsables des coordinations rĂ©flexes et recevant des affĂ©rences sensorielles) et le cortex moteur associĂ© au tronc cĂ©rĂ©bral (dĂ©clenchant les mouvements volontaires, eux-mĂȘmes modulĂ©s par les ganglions de la base et le cervelet).
đ Motoneurones alpha et jonction neuromusculaire
Les motoneurones alpha
Le corps cellulaire des motoneurones α siĂšge dans la corne antĂ©rieure de la moelle Ă©piniĂšre. Leur axone quitte la moelle par la racine antĂ©rieure (ventrale) et rejoint une fibre musculaire pour former la jonction neuromusculaire (plaque motrice). Chaque fibre musculaire ne reçoit qu’une seule fibre nerveuse : un potentiel d’action du motoneurone α provoque la contraction de l’ensemble des fibres musculaires constituant l’unitĂ© motrice.
La localisation d’origine du motoneurone dĂ©termine le territoire musculaire innervĂ© : le tronc cĂ©rĂ©bral innerve les muscles de la tĂȘte, la moelle cervicale innerve les membres supĂ©rieurs, la moelle thoracique innerve les muscles dorsaux et abdominaux, et la moelle lombaire innerve les membres infĂ©rieurs. Au sein de la corne antĂ©rieure, les motoneurones α ventro-mĂ©diaux (MNVM) innervent les muscles proximaux (racine des membres), tandis que les motoneurones α ventro-latĂ©raux (MNVL) innervent les muscles distaux (extrĂ©mitĂ© des membres).
La jonction neuromusculaire (plaque motrice)
La plaque motrice est une synapse chimique spĂ©cialisĂ©e entre un motoneurone α et une fibre musculaire. C’est une structure ovale dont la surface ne reprĂ©sente que 0,01 Ă 0,5 % de la longueur de la fibre musculaire, et la grande majoritĂ© des fibres musculaires ne possĂšdent qu’une seule plaque motrice.
L’Ă©lĂ©ment prĂ©synaptique est le bouton synaptique du motoneurone α, riche en vĂ©sicules synaptiques (45 nm de diamĂštre) contenant de l’acĂ©tylcholine. La fente synaptique est un espace Ă©troit de 50 nm oĂč sont libĂ©rĂ©s les neurotransmetteurs. L’Ă©lĂ©ment postsynaptique est le sarcolemme (membrane) de la fibre musculaire, prĂ©sentant de nombreuses invaginations dotĂ©es de rĂ©cepteurs nicotiniques Ă l’acĂ©tylcholine.
Le mĂ©canisme de transmission se dĂ©roule ainsi : l’arrivĂ©e du potentiel d’action dans le bouton synaptique ouvre les canaux calciques voltage-dĂ©pendants, le calcium entre dans la cellule neuronale et provoque l’exocytose des vĂ©sicules. L’acĂ©tylcholine libĂ©rĂ©e traverse la fente et se fixe sur les rĂ©cepteurs postsynaptiques.
Les rĂ©cepteurs Ă l’acĂ©tylcholine sont des glycoprotĂ©ines transmembranaires de la superfamille des rĂ©cepteurs ligand-dĂ©pendants, comprenant un canal ionique intĂ©grĂ©. Chaque rĂ©cepteur est composĂ© de 5 sous-unitĂ©s : 2α, 1ÎČ, 1Îł et 1ÎŽ. La fixation d’une molĂ©cule d’acĂ©tylcholine sur chacune des deux sous-unitĂ©s α entraĂźne l’ouverture du canal et l’entrĂ©e de sodium dans la cellule musculaire, produisant une dĂ©polarisation. Si cette dĂ©polarisation atteint le seuil, un potentiel d’action se propage sur l’ensemble de la fibre musculaire et dans les tubules T (invaginations du sarcolemme), dĂ©clenchant l’ouverture des canaux calciques du rĂ©ticulum sarcoplasmique voisin et la libĂ©ration massive de calcium intracellulaire, aboutissant Ă la contraction musculaire. Si le seuil n’est pas atteint, on n’observe qu’un simple potentiel de plaque, sans contraction.
đȘ Le muscle et le mĂ©canisme de la contraction
Composition du muscle
Les muscles sont constituĂ©s de fibres musculaires (cellules musculaires), dont le nombre varie selon la fonction : plus un muscle contient de fibres, plus le mouvement est puissant mais grossier ; Ă l’inverse, un faible nombre de fibres par unitĂ© motrice permet des mouvements fins et prĂ©cis. Chaque fibre musculaire est composĂ©e de myofibrilles (filaments contractiles), elles-mĂȘmes constituĂ©es de filaments de myosine (filaments Ă©pais) et d’actine (filaments fins).
Les filaments d’actine et leurs protĂ©ines rĂ©gulatrices
L’actine G (actine globulaire) est une protĂ©ine capable de se polymĂ©riser en chaĂźne (« collier de perles »). Deux chaĂźnes polymĂ©risĂ©es s’enroulent l’une autour de l’autre pour former une double hĂ©lice. La tropomyosine, protĂ©ine multimĂ©rique fine et longue organisĂ©e en hĂ©lice alpha, se loge dans les sillons de cette double hĂ©lice d’actine, chaque molĂ©cule s’Ă©tendant sur une largeur de 7 molĂ©cules d’actine. Aux extrĂ©mitĂ©s de chaque tropomyosine se fixe une molĂ©cule de troponine, composĂ©e de trois sous-unitĂ©s : la troponine T (fixation Ă la tropomyosine), la troponine I (fixation Ă l’actine et inhibition de l’activitĂ© ATPasique de la myosine) et la troponine C (fixation du calcium, avec 4 sites de liaison).
Les filaments de myosine
La myosine est une protĂ©ine allongĂ©e composĂ©e de deux chaĂźnes lourdes enroulĂ©es l’une autour de l’autre. Ă l’une des extrĂ©mitĂ©s, l’hĂ©lice se dissocie pour former une tĂȘte globulaire portant deux chaĂźnes lĂ©gĂšres variables. Chaque filament de myosine possĂšde donc deux chaĂźnes lourdes et quatre chaĂźnes lĂ©gĂšres. Plusieurs centaines de molĂ©cules de myosine s’assemblent pour constituer un filament Ă©pais.
Le sarcomĂšre et la contraction
En microscopie Ă©lectronique, le muscle striĂ© prĂ©sente une alternance de bandes sombres et claires, responsable de son aspect striĂ© caractĂ©ristique (commun aux muscles squelettiques et cardiaques). La bande A (sombre) contient actine et myosine superposĂ©s, la bande I (claire) contient les filaments d’actine parallĂšles, et au centre de la bande I se trouve la strie Z (protĂ©ine d’ancrage des filaments d’actine). La distance entre deux stries Z dĂ©finit le sarcomĂšre, unitĂ© fonctionnelle de la contraction.
La contraction musculaire correspond au raccourcissement des sarcomĂšres par glissement des filaments d’actine sur les filaments de myosine, sans que la longueur des filaments eux-mĂȘmes ne change. Ce mĂ©canisme, appelĂ© couplage excitation-contraction, se dĂ©roule en un cycle en quatre Ă©tapes :
| Ătape | ĂvĂ©nement molĂ©culaire |
|---|---|
| 0 (repos) | La tĂȘte de myosine est couplĂ©e Ă l’ADP + Pi, en regard du filament d’actine |
| 1 (fixation) | EntrĂ©e de calcium (libĂ©rĂ© par le rĂ©ticulum sarcoplasmique) â fixation du Ca2+ sur la troponine C â changement de conformation â la tropomyosine libĂšre les sites de fixation â liaison actine-myosine (pont actomyosine) |
| 2 (force) | LibĂ©ration de l’ADP + Pi â pivotement de la tĂȘte de myosine Ă 45° â coulissement des filaments d’actine (raccourcissement du sarcomĂšre) |
| 3 (dĂ©tachement) | Fixation d’une nouvelle molĂ©cule d’ATP sur la tĂȘte de myosine â rupture du pont actine-myosine â retour de la tĂȘte Ă l’angle initial |
| 4 = 0 (rĂ©armement) | Hydrolyse de l’ATP en ADP + Pi â retour Ă l’Ă©tat de repos, prĂȘt pour un nouveau cycle |
đ Le mouvement rĂ©flexe et le rĂ©flexe myotatique
L’arc rĂ©flexe
Le rĂ©flexe constitue la forme la plus simple d’acte moteur contrĂŽlĂ© par le systĂšme nerveux. Il s’agit d’un acte stĂ©rĂ©otypĂ©, exĂ©cutĂ© rapidement en rĂ©ponse Ă un stimulus donnĂ©, Ă©chappant Ă toute volontĂ©. Il ne fait intervenir que la moelle Ă©piniĂšre et le tronc cĂ©rĂ©bral (pas le cortex moteur, les ganglions de la base ni le cervelet). L’arc rĂ©flexe se dĂ©compose en quatre Ă©tapes : les rĂ©cepteurs sensoriels captent le stimulus et le convertissent en potentiel d’action (Ă©tape 1), les voies affĂ©rentes empruntent la racine postĂ©rieure de la moelle pour atteindre la corne postĂ©rieure (Ă©tape 2), un ou plusieurs interneurones relient les voies affĂ©rentes aux voies effĂ©rentes (Ă©tape 3), et les motoneurones quittent la moelle par la racine ventrale pour rejoindre le muscle cible (Ă©tape 4).
Le réflexe myotatique
Le rĂ©flexe myotatique est un rĂ©flexe monosynaptique : la voie affĂ©rente contacte directement la voie effĂ©rente, sans interneurone intermĂ©diaire. Son rĂŽle est de protĂ©ger le muscle lors d’un Ă©tirement brusque. L’Ă©tirement du muscle est captĂ© par les fuseaux neuromusculaires (propriocepteurs), qui convertissent le stimulus en potentiel d’action. Les voies affĂ©rentes sensorielles de type Ia empruntent la racine postĂ©rieure de la moelle, puis contactent directement le motoneurone α qui innerve le muscle Ă©tirĂ©, provoquant sa contraction.
En rĂ©alitĂ©, l’affĂ©rence Ia contacte simultanĂ©ment deux cibles : directement le motoneurone α du muscle agoniste (provoquant sa contraction) et, par l’intermĂ©diaire d’un interneurone inhibiteur, le motoneurone α du muscle antagoniste (provoquant sa relaxation). Ce mĂ©canisme est appelĂ© inhibition rĂ©ciproque.
Les réflexes ostéotendineux
| Localisation | Réflexe | Nerf impliqué | Niveau médullaire |
|---|---|---|---|
| Membre inférieur | Réflexe rotulien | Nerf fémoral | L4 |
| Réflexe achilléen | Nerf tibial | S1 | |
| Membre supérieur | Réflexe bicipital | Nerf musculo-cutané | C5 |
| Réflexe stylo-radial | Nerf radial | C6 | |
| Réflexe tricipital | Nerf radial | C7 | |
| Réflexe cubito-pronateur | Nerf ulnaire | C8 |
đŻ Le mouvement volontaire et le cortex moteur
Le mouvement volontaire emprunte toujours la voie finale commune (motoneurone α + muscle), mais l’innervation du motoneurone se fait par le cortex moteur via des systĂšmes descendants, en seulement deux neurones : le premier relie le cortex moteur Ă la moelle, et le second est le motoneurone α.
Organisation du cortex moteur
En avant du sillon de Rolando, le lobe frontal abrite les aires motrices organisĂ©es en trois zones. L’aire 4 de Brodmann (cortex moteur primaire, M1) est la source principale des informations motrices. L’aire 6 de Brodmann comprend l’aire prĂ©motrice (APM), impliquĂ©e dans la sĂ©lection du programme moteur en fonction du contexte, l’apprentissage moteur et le contrĂŽle des mouvements semi-automatiques, et l’aire motrice supplĂ©mentaire (AMS), qui organise le programme moteur (durĂ©e, importance, chronologie).
| Ătape hiĂ©rarchique | Fonction | Structure responsable |
|---|---|---|
| Intention | Identification du but (décision, émotions, motivation) | Cortex préfrontal |
| Planification | Sélection de la réponse (repérage de la cible, des effecteurs, choix des stratégies) | Cortex prémoteur (AMS + APM) |
| Programmation | Choix des muscles Ă mobiliser, codage des paramĂštres spatio-temporels | AMS |
| Exécution | Codage et envoi du programme moteur | M1 |
Le faisceau pyramidal (voies corticospinales)
Les voies corticospinales acheminent les commandes motrices du cortex vers la moelle. Elles trouvent leur origine dans M1 (30 %), l’APM et l’AMS (30 %) et le cortex somesthĂ©sique (40 %). Le trajet du faisceau pyramidal suit un parcours prĂ©cis : cortex moteur â capsule interne â mĂ©sencĂ©phale â bulbe (dĂ©cussation au niveau des pyramides bulbaires) â moelle Ă©piniĂšre (corne antĂ©rieure). Les fibres se terminent dans la moelle cervicale (muscles des membres supĂ©rieurs) ou la moelle lombaire (muscles des membres infĂ©rieurs).
Les voies cortico-nucléaires innervent les muscles du visage via les 12 paires de nerfs crùniens du tronc cérébral.
Pathologies du faisceau pyramidal
| Niveau d’atteinte | Pathologie | Explication |
|---|---|---|
| Cortex | Hémiplégie controlatérale non proportionnelle | Atteinte de la moitié opposée du corps (décussation), répartition hétérogÚne selon la zone corticale lésée |
| Capsule interne | Hémiplégie controlatérale proportionnelle | Toutes les voies sont regroupées, donc atteinte homogÚne de la moitié opposée du corps |
| Tronc cérébral | Syndrome alterne | Hémiplégie controlatérale du corps + atteinte homolatérale des nerfs crùniens (car les nerfs crùniens partent avant la décussation) |
| Moelle Ă©piniĂšre | DĂ©ficit homolatĂ©ral | MĂȘme cĂŽtĂ© que la lĂ©sion (la dĂ©cussation a dĂ©jĂ eu lieu au-dessus) |
đ§© Ganglions de la base, cervelet et mouvements automatiques
Les ganglions de la base (noyaux gris centraux)
Les ganglions de la base sont un groupe de neurones situĂ©s en profondeur dans l’encĂ©phale. Ils interviennent dans le contrĂŽle et l’exĂ©cution du mouvement volontaire, l’initiation et la planification du mouvement, le maintien de l’action, l’automatisation des tĂąches motrices (mĂ©moire procĂ©durale) et la rĂ©gulation des comportements et des Ă©motions. Ils comprennent le striatum (noyau caudĂ© + putamen), le globus pallidus externe (GPe) et interne (GPi), le thalamus, le noyau sous-thalamique (NST) et la substance noire (pars compacta/SNc, sĂ©crĂ©tant la dopamine, et pars reticulata/SNr).
Ces structures forment des circuits en boucle impliquant le cortex et le thalamus. Le striatum constitue la voie d’entrĂ©e (recevant les affĂ©rences de tout le cortex), tandis que le GPi et la SNr constituent la voie de sortie (projetant vers le thalamus). Deux voies intermĂ©diaires coexistent : la voie directe (striatum â GPi/SNr) et la voie indirecte (striatum â GPe â NST â GPi/SNr). La SNc module l’ensemble du rĂ©seau par sa sĂ©crĂ©tion de dopamine.
Le cervelet
SituĂ© en arriĂšre du tronc cĂ©rĂ©bral, le cervelet se divise en trois parties fonctionnelles : les deux hĂ©misphĂšres cĂ©rĂ©belleux, impliquĂ©s dans la coordination motrice (dĂ©tection de l’erreur entre le mouvement prĂ©vu et le mouvement rĂ©el pour le corriger), et le vermis cĂ©rĂ©belleux, impliquĂ© dans l’Ă©quilibre grĂące Ă l’intĂ©gration des informations vestibulaires, visuelles et proprioceptives.
| Propriété | Atteinte des hémisphÚres (syndrome cinétique) | Atteinte du vermis (syndrome statique) |
|---|---|---|
| Latéralité | Ipsilatérale (pas de décussation) | Bilatérale |
| Signes | DysmĂ©trie (hypo- ou hypermĂ©trie), asynergie, adiadococinĂ©sie, tremblement intentionnel, dysarthrie | Ălargissement du polygone de sustentation, oscillations, bras en abduction, danse des tendons, marche pseudo-Ă©brieuse |
Les mouvements automatiques et la marche
Les mouvements automatiques, dont la marche est l’archĂ©type, s’appuient sur les gĂ©nĂ©rateurs centraux de patron (GCP), des neurones de la moelle Ă©piniĂšre capables de produire des rythmes locomoteurs automatiques et rythmiques. Les GCP coordonnent l’activitĂ© motrice de tous les vertĂ©brĂ©s : lorsqu’un cĂŽtĂ© se contracte, l’autre se relĂąche grĂące Ă un rĂ©seau neuronal composĂ©, dans chaque hĂ©mi-moelle, d’un motoneurone, d’un neurone excitateur (glutamate) et d’un neurone inhibiteur (glycine). Ce mĂ©canisme a Ă©tĂ© mis en Ă©vidence chez la lamproie et le chat spinalisĂ© (qui conserve une activitĂ© locomotrice rythmique mĂȘme privĂ© de son cerveau).
Chez l’Homme, les GCP ne suffisent pas Ă eux seuls Ă expliquer la locomotion. Le contrĂŽle supra-spinal est indispensable, en particulier la rĂ©gion locomotrice mĂ©sencĂ©phalique (RLM) qui amorce la marche via les neurones rĂ©ticulospinaux (sa stimulation chez le chat augmente la vitesse de marche de façon proportionnelle Ă l’intensitĂ©). Les ganglions de la base inhibent la RLM au repos ; c’est uniquement lorsque cette inhibition est levĂ©e que la locomotion peut ĂȘtre initiĂ©e. Le tectum optique guide la marche vers un but visuel prĂ©cis (lui aussi inhibĂ© par les ganglions de la base). Le cervelet assure la coordination des membres et l’Ă©quilibre (il n’est pas mature avant 4 ans chez l’enfant, expliquant la marche maladroite des tout-petits).
Intégration des afférences sensorielles pour le contrÎle postural
La stabilitĂ© posturale repose sur l’intĂ©gration de trois sources d’information. La vision fournit des donnĂ©es sur la position et la vitesse du corps par rapport Ă l’environnement. Le vestibule contribue grĂące aux otolithes (rĂ©cepteurs linĂ©aires dĂ©tectant la verticale et les mouvements de translation/inclinaison, contenus dans l’utricule et le saccule) et aux canaux semi-circulaires (rĂ©cepteurs d’accĂ©lĂ©ration angulaire et de rotation). La proprioception renseigne sur la position des articulations et les pressions exercĂ©es sur les diffĂ©rentes parties du corps.
Lors d’un dĂ©sĂ©quilibre (bousculement, par exemple), ces trois sources convergent pour confirmer le trouble postural : la vision dĂ©tecte le mouvement, les otolithes se dĂ©placent en consĂ©quence, et les propriocepteurs signalent une asymĂ©trie de pression. Le cerveau intĂšgre ces informations et dĂ©clenche un mouvement correctif via les motoneurones. En cas de conflit sensoriel (comme devant la tour de Pise, oĂč la vision suggĂšre que le corps penche alors que le vestibule et la proprioception confirment qu’il est droit), le cerveau se range Ă l’avis de la majoritĂ© des capteurs.
