Micro-organismes et système immunitaire
Les micro-organismes pathogènes, les barrières naturelles, la réponse immunitaire innée et adaptative, les anticorps, les vaccins et les antibiotiques. Cours complet conforme au programme de 3ème pour le brevet.
1. Les micro-organismes
Un micro-organisme (ou microbe) est un être vivant invisible à l’œil nu, observable uniquement au microscope. Il en existe 4 grands types :
| Type | Taille | Caractéristiques | Exemples de maladies |
|---|---|---|---|
| Bactéries | 1 à 10 µm | Cellules sans noyau (procaryotes). Se reproduisent seules par division. Certaines sont utiles (digestion), d’autres pathogènes | Angine bactérienne, tuberculose, tétanos, méningite |
| Virus | 20 à 300 nm | Pas des cellules : un simple programme génétique (ADN ou ARN) dans une enveloppe protéique. Parasites obligatoires : ne peuvent se reproduire qu’à l’intérieur d’une cellule hôte | Grippe, Covid-19, VIH/SIDA, rougeole, varicelle |
| Champignons microscopiques | Variable | Cellules avec noyau (eucaryotes). Levures et moisissures. Certains provoquent des mycoses | Mycoses cutanées, candidose |
| Parasites | Variable (µm à cm) | Organismes eucaryotes vivant aux dépens d’un hôte. Protozoaires (unicellulaires) ou vers (pluricellulaires) | Paludisme (Plasmodium), toxoplasmose, vers intestinaux |
2. Contamination et infection
| Étape | Définition | Détail |
|---|---|---|
| Contamination | Pénétration du micro-organisme dans l’organisme | Par une porte d’entrée : blessure (peau lésée), voies respiratoires (gouttelettes), voies digestives (aliments contaminés), muqueuses, voie sexuelle, voie sanguine (transfusion, piqûre) |
| Infection | Multiplication du micro-organisme dans l’organisme | Le pathogène se multiplie et provoque des symptômes (fièvre, inflammation, douleurs). Les bactéries se multiplient dans le milieu intérieur. Les virus se multiplient à l’intérieur des cellules (ils les détournent) |
Mesures d’hygiène (prévention de la contamination)
3. Les barrières naturelles
Avant même que le système immunitaire n’intervienne, le corps possède des barrières qui empêchent la pénétration des micro-organismes :
| Barrière | Type | Fonctionnement |
|---|---|---|
| Peau | Mécanique | Barrière physique imperméable aux micro-organismes tant qu’elle est intacte. Une blessure = une porte d’entrée |
| Muqueuses | Mécanique + chimique | Tapissent les voies respiratoires, digestives, génitales. Produisent du mucus qui piège les micro-organismes |
| Larmes, salive | Chimique | Contiennent du lysozyme, une enzyme qui détruit la paroi des bactéries |
| Acidité gastrique | Chimique | Le pH très acide de l’estomac (pH ~2) détruit la plupart des micro-organismes ingérés |
| Microbiote | Biologique | Les bactéries « amies » occupent le terrain et empêchent les pathogènes de s’installer (compétition) |
4. La réponse immunitaire innée (non spécifique)
Si un pathogène franchit les barrières, la première ligne de défense interne est la réponse immunitaire innée. Elle est rapide (quelques heures), non spécifique (elle agit de la même façon contre tous les pathogènes) et présente dès la naissance.
| Mécanisme | Description |
|---|---|
| Réaction inflammatoire | Signes : rougeur, chaleur, gonflement, douleur. Les vaisseaux sanguins se dilatent, du plasma s’accumule → gonflement. Les cellules immunitaires sont attirées sur le site de l’infection |
| Phagocytose | Les phagocytes (macrophages, granulocytes) reconnaissent le pathogène, l’englobent et le digèrent. C’est la réponse la plus rapide. Si les phagocytes suffisent → guérison. Sinon → activation de l’immunité adaptative |
1. Adhésion — le phagocyte se fixe au micro-organisme
2. Ingestion — le phagocyte englobe le pathogène dans une vésicule
3. Digestion — des enzymes détruisent le micro-organisme à l’intérieur de la vésicule
4. Rejet — les débris sont expulsés hors de la cellule
5. La réponse immunitaire adaptative (spécifique)
Si la réponse innée ne suffit pas, l’organisme déclenche une réponse plus lente (quelques jours) mais spécifique : elle cible précisément l’agent pathogène grâce à la reconnaissance d’un antigène.
5.1 La réponse à médiation humorale (lymphocytes B)
| Étape | Description |
|---|---|
| Reconnaissance | Les lymphocytes B reconnaissent l’antigène spécifique du pathogène grâce à des récepteurs de surface |
| Sélection clonale | Le lymphocyte B qui reconnaît l’antigène se multiplie massivement (clones identiques) |
| Différenciation | Les clones se transforment en plasmocytes (cellules productrices d’anticorps) |
| Production d’anticorps | Les plasmocytes sécrètent des anticorps (= immunoglobulines) spécifiques de l’antigène. Les anticorps se fixent sur les antigènes et forment un complexe antigène-anticorps → neutralisation du pathogène |
| Élimination | Les complexes antigène-anticorps sont ensuite phagocytés par les macrophages |
5.2 La réponse à médiation cellulaire (lymphocytes T)
| Étape | Description |
|---|---|
| Reconnaissance | Les lymphocytes T reconnaissent les cellules de l’organisme infectées par un virus (les cellules infectées présentent des antigènes viraux à leur surface) |
| Sélection clonale | Le lymphocyte T spécifique se multiplie massivement |
| Destruction | Les lymphocytes T cytotoxiques (ou T « tueurs ») se fixent sur la cellule infectée et la détruisent par contact direct (libération de molécules perforantes) → la cellule infectée meurt, empêchant le virus de se multiplier |
— Lymphocytes B → produisent des anticorps → neutralisent les pathogènes circulants (bactéries, toxines, virus libres)
— Lymphocytes T → détruisent les cellules infectées par des virus (réponse cellulaire)
6. La mémoire immunitaire
Lors de la première rencontre avec un pathogène, la réponse adaptative est lente (~7 à 14 jours). Mais l’organisme conserve des lymphocytes mémoire (B et T).
| Contact | Réponse | Délai | Intensité |
|---|---|---|---|
| 1er contact (réponse primaire) | Lente : le système immunitaire « découvre » l’antigène. Sélection clonale → production d’anticorps | 7 à 14 jours | Faible à modérée |
| 2e contact (réponse secondaire) | Rapide et massive : les lymphocytes mémoire reconnaissent immédiatement l’antigène et se multiplient très vite | 2 à 3 jours | Forte (production massive d’anticorps) |
7. La vaccination
| Aspect | L’essentiel |
|---|---|
| Principe | Injecter dans l’organisme un agent pathogène inoffensif (atténué, inactivé, ou un fragment comme une protéine) qui porte les mêmes antigènes que le vrai pathogène. Le système immunitaire produit des anticorps et des lymphocytes mémoire sans que la personne ne tombe malade |
| Types de vaccins | Vaccin vivant atténué (pathogène affaibli : ROR, BCG) · Vaccin inactivé (pathogène tué : grippe, hépatite A) · Vaccin à sous-unités (fragment du pathogène : hépatite B, coqueluche) · Vaccin à ARN messager (Covid-19 : Pfizer, Moderna) |
| Rappels | Des injections de rappel sont nécessaires pour réactiver la mémoire immunitaire et maintenir un taux d’anticorps suffisant dans le temps |
| Immunité collective | Quand un pourcentage suffisant de la population est vacciné (~80-95 % selon les maladies), le pathogène ne peut plus circuler → les personnes non vaccinées sont aussi protégées. C’est l’immunité de groupe |
| Vaccins obligatoires | En France, 11 vaccins obligatoires pour les enfants nés depuis 2018 : diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, Haemophilus, hépatite B, méningocoque C, pneumocoque, ROR (rougeole, oreillons, rubéole) |
8. Les antibiotiques
| Aspect | L’essentiel |
|---|---|
| Définition | Substances qui détruisent les bactéries (bactéricides) ou empêchent leur multiplication (bactériostatiques). Découverte de la pénicilline par Alexander Fleming (1928) |
| Mode d’action | Les antibiotiques agissent sur des structures propres aux bactéries (paroi bactérienne, synthèse des protéines, ADN bactérien). Ils n’ont aucun effet sur les virus (les virus n’ont pas ces structures) |
| Résistance | L’utilisation excessive d’antibiotiques favorise la sélection de bactéries résistantes (par mutation). Les bactéries résistantes survivent et se multiplient → l’antibiotique devient inefficace. C’est un problème majeur de santé publique |
| Bon usage | « Les antibiotiques, c’est pas automatique. » Ne pas en prendre pour une infection virale (grippe, rhume). Respecter la durée du traitement. Ne pas s’automédiquer |
Antibiogramme
L’antibiogramme est un test de laboratoire qui permet de déterminer quels antibiotiques sont efficaces contre une bactérie donnée. On place des pastilles d’antibiotiques différents sur une boîte de culture contenant la bactérie. Si un halo d’inhibition (zone sans bactéries) se forme autour d’une pastille, l’antibiotique est efficace. Pas de halo = bactérie résistante à cet antibiotique.
9. Schéma-bilan : les étapes de la défense immunitaire
| Étape | Mécanisme | Cellules impliquées | Rapidité |
|---|---|---|---|
| 1. Barrières | Empêcher l’entrée du pathogène | Peau, muqueuses, acidité, microbiote | Permanente |
| 2. Immunité innée | Réaction inflammatoire + phagocytose | Phagocytes (macrophages, granulocytes) | Minutes à heures |
| 3a. Immunité adaptative humorale | Production d’anticorps → neutralisation | Lymphocytes B → plasmocytes | Jours |
| 3b. Immunité adaptative cellulaire | Destruction des cellules infectées | Lymphocytes T cytotoxiques | Jours |
| 4. Mémoire | Réponse rapide au 2e contact | Lymphocytes mémoire (B et T) | Durable (années) |
