Psychologie Médicale — UE7 PASS 🧩
Réactions à la maladie · Mécanismes de défense · Stades du deuil · Observance · Psychosomatique
Réactions à la maladie
Représentation de la maladie
Mécanismes de défense
Les 5 stades du deuil — Kübler-Ross
Stratégies de coping
Observance thérapeutique
Psychosomatique
FAQ
1. Les réactions psychologiques à la maladie
Face à la maladie, les patients peuvent présenter différentes réponses émotionnelles :
| Réaction | Description | Exemple clinique |
|---|---|---|
| Anxiété | Peur face à l’incertitude diagnostique, aux traitements, à la mort | Patient agité avant une biopsie, insomnies avant les résultats d’examens |
| Dépression réactionnelle | Tristesse, perte d’espoir, découragement face au diagnostic ou à l’évolution | Patient diabétique qui se sent condamné après l’annonce de la maladie |
| Colère | Sentiment d’injustice, révolte contre la maladie, parfois contre les soignants | « Pourquoi moi ? » — hostilité envers l’équipe médicale |
| Déni | Refus de reconnaître la réalité de la maladie — mécanisme de protection immédiat | Patient qui minimise ses symptômes ou refuse d’entendre le diagnostic |
| Régression | Retour à des comportements antérieurs plus immatures, dépendance accrue | Patient adulte qui devient très dépendant, exigeant, passif |
2. La représentation de la maladie
La représentation de la maladie est l’ensemble des croyances, conceptions et images mentales qu’un patient se construit sur sa maladie. Elle conditionne directement son comportement de santé et son observance thérapeutique.
Le modèle de Leventhal (1980) identifie 5 dimensions de la représentation de la maladie :
| Dimension | Question sous-jacente | Impact sur le comportement |
|---|---|---|
| Identité | « Qu’est-ce que j’ai ? » — nom de la maladie et symptômes associés | Un patient qui ne reconnaît pas ses symptômes comme appartenant à sa maladie sera moins observant |
| Cause perçue | « Pourquoi suis-je tombé malade ? » | Culpabilisation (tabac, alimentation) ou fatalisme — influence l’engagement thérapeutique |
| Durée perçue | « Combien de temps vais-je être malade ? » | Si le patient croit la maladie aiguë, il arrêtera son traitement chronique dès qu’il se sent mieux |
| Conséquences perçues | « Quel sera l’impact sur ma vie ? » | Sous-estimation des conséquences → sous-traitement ; surestimation → anxiété excessive |
| Contrôlabilité perçue | « Est-ce que je peux agir sur ma maladie ? » | Sentiment d’efficacité personnelle élevé → meilleure observance et adoption de comportements santé |
3. Les mécanismes de défense
Les mécanismes de défense sont des processus psychologiques inconscients mis en place par le moi pour protéger le sujet de l’angoisse générée par des conflits internes ou des situations menaçantes. Théorisés par Sigmund Freud puis systématisés par Anna Freud (1936).
Principaux mécanismes de défense à connaître pour le PASS
| Mécanisme | Définition | Exemple médical | Niveau |
|---|---|---|---|
| Déni | Refus de reconnaître une réalité pénible — « ce n’est pas possible » | Patient qui nie avoir un cancer malgré l’annonce médicale | Immature |
| Refoulement | Mise à l’écart inconsciente d’une pensée ou d’un souvenir anxiogène | Patient qui « oublie » systématiquement ses rendez-vous de suivi oncologique | Névrotique |
| Projection | Attribuer à autrui ses propres pensées ou émotions inacceptables | Patient agressif qui accuse le médecin d’être hostile | Immature |
| Rationalisation | Donner des raisons logiques acceptables à des comportements ou pensées en réalité motivés par autre chose | « Je ne prends pas mon traitement parce qu’il a trop d’effets secondaires » (alors que c’est le déni de la maladie) | Névrotique |
| Déplacement | Reporter une émotion d’un objet à un autre moins menaçant | Patient qui se met en colère contre une infirmière plutôt que contre son médecin | Névrotique |
| Formation réactionnelle | Adopter une attitude ou un comportement opposé à ce qu’on ressent réellement | Patient très anxieux qui affiche une indifférence exagérée face au diagnostic | Névrotique |
| Sublimation | Canaliser une pulsion inacceptable vers une activité socialement valorisée | Patient atteint d’une maladie grave qui s’investit dans une association de patients | Mature |
| Humour | Trouver le comique dans une situation difficile pour en atténuer la charge émotionnelle | Patient en soins palliatifs qui plaisante sur sa situation | Mature |
| Altruisme | Se consacrer aux autres pour dépasser sa propre souffrance | Survivant d’un cancer qui devient bénévole en oncologie | Mature |
| Intellectualisation | Traiter un problème émotionnel de façon abstraite et détachée | Médecin malade qui analyse sa propre pathologie de façon froide et clinique | Névrotique |
4. Les 5 stades du deuil — modèle de Kübler-Ross
La psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a décrit en 1969 (On Death and Dying) les 5 stades psychologiques traversés par les patients confrontés à une maladie mortelle ou à un deuil. Ce modèle s’applique aussi plus largement à toute perte majeure.
| # | Stade | Description | Expression typique |
|---|---|---|---|
| 1 | Déni | Refus de la réalité : « Ce n’est pas possible, il doit y avoir une erreur. » Mécanisme de protection initial permettant d’absorber le choc | « Les résultats doivent être faux. Je veux un deuxième avis. » |
| 2 | Colère | Révolte et sentiment d’injustice. La colère peut se diriger contre les soignants, la famille, Dieu, le destin. | « Pourquoi moi ? Ce n’est pas juste ! » |
| 3 | Marchandage | Tentative de négocier avec le destin, Dieu ou les médecins. « Si je fais X, peut-être que… » | « Si je suis parfaitement mon traitement, vous pourrez me guérir, n’est-ce pas ? » |
| 4 | Dépression | Tristesse profonde, conscience de la perte réelle. Prise de conscience de ce qui est perdu ou va l’être. | Repli sur soi, pleurs, silence, désintérêt pour l’entourage |
| 5 | Acceptation | Intégration de la réalité sans résignation passive. Le patient peut se projeter et trouver un sens à sa situation. | « Je sais ce qui m’attend. Je veux profiter du temps qu’il me reste. » |
5. Les stratégies de coping
Le coping (terme anglais pour « faire face ») désigne l’ensemble des stratégies cognitives et comportementales qu’un individu met en œuvre pour gérer une situation stressante comme la maladie. Concept développé par Lazarus et Folkman (1984).
| Type de coping | Définition | Exemple | Efficacité |
|---|---|---|---|
| Coping centré sur le problème | Actions visant à modifier la situation stressante elle-même | Se renseigner sur la maladie, changer son alimentation, pratiquer une activité physique | Efficace quand la situation est contrôlable |
| Coping centré sur les émotions | Régulation des émotions générées par la situation stressante | Soutien social, relaxation, expression émotionnelle, méditation | Efficace quand la situation n’est pas contrôlable |
| Coping évitant | Évitement de la confrontation avec la situation stressante | Refus de penser à la maladie, minimisation, distractions excessives | Efficace à court terme, délétère à long terme |
6. L’observance thérapeutique
L’observance thérapeutique (ou adhésion thérapeutique) est le degré de concordance entre le comportement d’un patient et les recommandations médicales qu’il a reçues. Elle concerne la prise des médicaments, le suivi des consultations, les modifications du mode de vie.
Déterminants de l’observance
| Facteur | Favorise l’observance | Défavorise l’observance |
|---|---|---|
| Liés au patient | Bonne compréhension, sentiment d’efficacité personnelle, soutien social | Déni de la maladie, troubles cognitifs, isolement, précarité |
| Liés au traitement | Prise unique quotidienne, absence d’effets secondaires visibles, amélioration perçue | Posologie complexe, effets indésirables, coût élevé, traitement asymptomatique |
| Liés à la maladie | Symptômes visibles motivant le traitement | Maladie asymptomatique (HTA, diabète équilibré), maladie chronique sans guérison possible |
| Liés au soignant | Bonne relation médecin-patient, information claire, écoute | Consultation courte, manque d’information, relation paternaliste |
Améliorer l’observance — leviers d’action
- Information et éducation thérapeutique : expliquer pourquoi le traitement est nécessaire même en l’absence de symptômes
- Simplification du schéma thérapeutique : préférer les prises uniques, les associations fixes
- Implication du patient : décision partagée, objectifs négociés
- Soutien social : impliquer la famille si le patient y consent
- Suivi régulier : consultations de suivi avec espace pour exprimer les difficultés
7. La psychosomatique
La psychosomatique étudie les interactions entre les processus psychologiques et les manifestations somatiques (corporelles). Elle postule que des facteurs psychologiques peuvent déclencher, aggraver ou entretenir des troubles organiques.
| Concept | Définition | Exemples |
|---|---|---|
| Troubles psychosomatiques | Pathologies organiques dans la genèse desquelles des facteurs psychologiques jouent un rôle documenté | Ulcère gastrique, asthme, dermatoses (psoriasis, eczéma), HTA essentielle, syndrome du côlon irritable |
| Somatisation | Expression corporelle d’une souffrance psychique sans lésion organique identifiable | Douleurs chroniques inexpliquées, fatigue persistante, céphalées de tension |
| Alexithymie | Difficulté à identifier et exprimer ses émotions — facteur de risque de somatisation | Patient qui décrit uniquement des symptômes physiques sans accès à la dimension émotionnelle |
Questions fréquentes — Psychologie médicale PASS ❓
Quels sont les 5 stades du deuil de Kübler-Ross dans l’ordre ?
Les 5 stades du deuil de Kübler-Ross (1969) dans l’ordre sont : (1) Déni — refus de la réalité, « ce n’est pas possible » ; (2) Colère — révolte et sentiment d’injustice, « pourquoi moi ? » ; (3) Marchandage — tentative de négocier avec le destin ; (4) Dépression — tristesse profonde, prise de conscience de la perte réelle ; (5) Acceptation — intégration de la réalité et capacité à se projeter. Moyen mnémotechnique : D-C-M-D-A. Ces stades ne sont pas nécessairement linéaires ni universels.
Qu’est-ce que les mécanismes de défense en psychologie médicale ?
Les mécanismes de défense sont des processus psychologiques inconscients qui protègent le sujet de l’angoisse. Théorisés par Freud et systématisés par Anna Freud, ils se classent en mécanismes matures (sublimation, humour, altruisme) et immatures ou névrotiques (déni, projection, refoulement, rationalisation). Face à une maladie grave, les plus fréquents sont le déni, la régression, la rationalisation et l’intellectualisation.
Quelle est la définition de l’observance thérapeutique ?
L’observance thérapeutique est le degré de concordance entre le comportement réel d’un patient et les prescriptions médicales reçues. Elle inclut la prise correcte des médicaments, le respect du suivi médical et les modifications de mode de vie recommandées. L’OMS estime qu’environ 50 % des patients atteints de maladies chroniques sont non-observants. Elle est influencée par des facteurs liés au patient, au traitement, à la maladie et à la qualité de la relation soignant-soigné.
Quelle est la différence entre coping centré sur le problème et coping centré sur les émotions ?
Le coping centré sur le problème consiste à agir directement sur la situation stressante pour la modifier (se renseigner, changer ses habitudes, suivre son traitement). Il est efficace quand la situation est contrôlable. Le coping centré sur les émotions vise à réguler la souffrance émotionnelle sans modifier la situation (soutien social, relaxation, expression des émotions). Il est plus adapté quand la situation ne peut pas être contrôlée, comme dans certaines maladies graves.
Qu’est-ce que la psychosomatique ?
La psychosomatique étudie les interactions entre processus psychologiques et manifestations corporelles. Elle distingue les troubles psychosomatiques vrais (pathologies organiques dans lesquelles des facteurs psychologiques jouent un rôle documenté, comme l’ulcère gastrique ou l’asthme) et la somatisation (expression corporelle d’une souffrance psychique sans lésion organique identifiable). Le lien biologique passe notamment par l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et le système nerveux autonome.
