Corps Humain et Effort Physique : Cours Complet
Seconde & Première spécialité SVT — Métabolisme énergétique, système cardiovasculaire, muscles, régulation de la glycémie
8. La régulation de la glycémie
2. L'ATP : monnaie énergétique
9. Insuline et glucagon
3. Respiration cellulaire
10. Le diabète
4. Fermentation
11. Boucle de régulation et homéostasie
5. Le système cardiovasculaire
12. Exercices types bac
6. Adaptations à l'effort
13. Questions fréquentes
7. Le muscle squelettique
Les besoins des cellules musculaires
Les cellules musculaires ont besoin de nutriments (glucose principalement) et de dioxygène (O₂) pour produire de l'énergie. En retour, elles rejettent du CO₂ et de la chaleur.
Consommation d'O₂ : ×10 à ×20
Consommation de glucose : ×5 à ×10
Débit sanguin musculaire : ×20 à ×25
L'ATP : monnaie énergétique
L'ATP (adénosine triphosphate) est la molécule universelle de transfert d'énergie dans la cellule. Son hydrolyse libère de l'énergie utilisable pour le travail cellulaire.
L'ATP est régénéré en permanence :
ADP + Pi + Énergie (respiration ou fermentation) → ATP
| Voie de régénération | Substrat | Rendement ATP | Vitesse | Durée |
|---|---|---|---|---|
| Phosphocréatine | Créatine-P | 1 ATP (très rapide) | Très rapide | ~10 secondes |
| Fermentation lactique | Glucose | 2 ATP/glucose | Rapide | ~30 sec – 2 min |
| Respiration cellulaire | Glucose (+ O₂) | 36-38 ATP/glucose | Lente | Illimitée (tant qu'il y a O₂) |
Respiration cellulaire
La respiration cellulaire se déroule dans les mitochondries et comprend 3 étapes :
| Étape | Lieu | Substrat | Produit | ATP |
|---|---|---|---|---|
| 1. Glycolyse | Cytoplasme (hyaloplasme) | Glucose (6C) | 2 pyruvates (3C) + 2 NADH | 2 ATP |
| 2. Cycle de Krebs | Matrice mitochondriale | Acétyl-CoA (2C) | CO₂ + NADH + FADH₂ | 2 ATP |
| 3. Chaîne respiratoire | Membrane interne mitochondrie | NADH, FADH₂ + O₂ | H₂O + gradient H⁺ | 32-34 ATP |
Fermentation
Quand l'apport en O₂ est insuffisant (effort intense), la cellule musculaire utilise la fermentation lactique : le pyruvate est transformé en acide lactique (lactate) dans le cytoplasme.
Bilan : 2 ATP par glucose (anaérobie, pas de mitochondrie)
| Critère | Respiration cellulaire | Fermentation lactique |
|---|---|---|
| O₂ nécessaire | Oui (aérobie) | Non (anaérobie) |
| Lieu | Cytoplasme + mitochondries | Cytoplasme uniquement |
| Rendement | 36-38 ATP/glucose | 2 ATP/glucose |
| Produits | CO₂ + H₂O | Lactate |
| Durée possible | Illimitée (aérobie) | Courte (accumulation lactate → fatigue) |
Le système cardiovasculaire
Le système cardiovasculaire (cœur + vaisseaux + sang) transporte l'O₂ et les nutriments vers les cellules et évacue le CO₂ et les déchets. C'est la double circulation :
Cœur droit → Poumons (échanges gazeux : CO₂↓, O₂↑) → Cœur gauche
Circulation systémique (grande) :
Cœur gauche → Organes (apport O₂/nutriments, retrait CO₂) → Cœur droit
| Structure | Fonction |
|---|---|
| Artères | Transportent le sang du cœur vers les organes (paroi épaisse, élastique) |
| Veines | Ramènent le sang des organes vers le cœur (paroi fine, valvules anti-retour) |
| Capillaires | Échanges entre le sang et les cellules (paroi très fine, 1 cellule d'épaisseur) |
4 cavités : 2 oreillettes (réception du sang) + 2 ventricules (éjection). Le cœur gauche (sang oxygéné) est plus musclé que le droit. Fréquence au repos : ~60-80 bpm. Volume d'éjection systolique : ~70 mL.
Repos : 70 bpm × 70 mL = ~5 L/min
Effort max : 180 bpm × 140 mL = ~25 L/min (×5)
Adaptations à l'effort
| Paramètre | Repos | Effort intense | Mécanisme |
|---|---|---|---|
| Fréquence cardiaque | ~70 bpm | ~180 bpm | Stimulation nerveuse sympathique, adrénaline |
| Volume d'éjection | ~70 mL | ~140 mL | Retour veineux accru, contractilité ↑ |
| Débit cardiaque | ~5 L/min | ~25 L/min | FC × VES |
| Fréquence respiratoire | ~15/min | ~40-50/min | Centres respiratoires stimulés par CO₂ et pH |
| Volume courant | ~0,5 L | ~2-3 L | Muscles respiratoires plus actifs |
| Débit ventilatoire | ~7,5 L/min | ~100-150 L/min | FR × VC |
| Redistribution sanguine | Répartie | ~80% vers les muscles | Vasodilatation musculaire, vasoconstriction digestive |
Le muscle squelettique
Le muscle squelettique est constitué de fibres musculaires (cellules plurinucléées géantes). Chaque fibre contient des myofibrilles formées de filaments d'actine (fin) et de myosine (épais), organisés en sarcomères (unité contractile).
Sarcomère : actine + myosine entre deux lignes Z
1. Le signal nerveux (nerf moteur) arrive à la jonction neuromusculaire.
2. Libération d'acétylcholine → dépolarisation de la fibre → libération de Ca²⁺.
3. Le Ca²⁺ permet la fixation des têtes de myosine sur l'actine.
4. Les têtes de myosine pivotent (« coup de rame ») → les filaments d'actine glissent sur la myosine.
5. Le sarcomère raccourcit → le muscle se contracte. L'ATP fournit l'énergie à chaque coup de rame.
| Type de fibre | Caractéristique | Spécialisation |
|---|---|---|
| Type I (lentes) | Riches en mitochondries, myoglobine (rouges) | Endurance, résistance à la fatigue |
| Type IIa (rapides oxydatives) | Intermédiaires | Effort mixte |
| Type IIb (rapides glycolytiques) | Peu de mitochondries (blanches) | Effort bref et intense (sprint, haltérophilie) |
La régulation de la glycémie
La glycémie est la concentration de glucose dans le sang. Elle doit rester stable autour de 0,8 à 1,2 g/L (≈ 5 mmol/L) pour un fonctionnement optimal de l'organisme, en particulier du cerveau.
Hypoglycémie : < 0,7 g/L (malaise, tremblements) Hyperglycémie : > 1,26 g/L à jeun (diabète si chronique)
| Organe | Rôle dans la glycémie |
|---|---|
| Foie | Stocke le glucose sous forme de glycogène (glycogénogenèse). Libère le glucose (glycogénolyse). Néoglucogenèse |
| Muscles | Stockent du glycogène (usage local uniquement) |
| Tissu adipeux | Stocke l'excès de glucose sous forme de lipides (lipogenèse) |
| Pancréas | Détecte la glycémie et sécrète les hormones régulatrices (îlots de Langerhans) |
Insuline et glucagon
| Critère | Insuline | Glucagon |
|---|---|---|
| Cellules sécrétrices | Cellules β des îlots de Langerhans | Cellules α des îlots de Langerhans |
| Stimulus | Hyperglycémie (après un repas) | Hypoglycémie (à jeun, effort) |
| Action sur le foie | Glycogénogenèse ↑ (stockage) | Glycogénolyse ↑ (libération glucose) |
| Action sur les cellules | Entrée du glucose ↑ (muscles, adipocytes) | — (agit surtout sur le foie) |
| Effet sur la glycémie | Hypoglycémiante (↓ glycémie) | Hyperglycémiante (↑ glycémie) |
| Nature | Hormone peptidique | Hormone peptidique |
Le diabète
| Critère | Diabète de type 1 | Diabète de type 2 |
|---|---|---|
| Cause | Destruction auto-immune des cellules β | Insulinorésistance (cellules moins sensibles) + épuisement progressif des cellules β |
| Âge d'apparition | Enfant/adolescent | Adulte (>40 ans), de plus en plus jeune |
| Insuline | Absente → injection obligatoire | Présente mais inefficace |
| Facteurs | Génétiques + auto-immuns | Génétiques + mode de vie (obésité, sédentarité) |
| Fréquence | ~10% des diabétiques | ~90% des diabétiques |
| Traitement | Injections d'insuline | Régime, exercice, antidiabétiques oraux, puis insuline |
Boucle de régulation et homéostasie
L'homéostasie est le maintien des paramètres du milieu intérieur (glycémie, température, pH, pression artérielle…) dans des limites compatibles avec la vie. Elle repose sur des boucles de régulation à rétrocontrôle négatif.
1. Paramètre réglé (ex : glycémie) s'écarte de la valeur de consigne
2. Capteur (ex : cellules β/α du pancréas) détecte l'écart
3. Message (hormone : insuline ou glucagon)
4. Effecteur (ex : foie, muscles) corrige l'écart
5. Rétrocontrôle négatif : le retour à la normale freine la sécrétion

