Fluctuations Économiques et Politiques Conjoncturelles : Cours SES Terminale
Sciences Économiques et Sociales — Spécialité Terminale générale
L’activité économique n’évolue pas de façon linéaire : elle connaît des phases d’expansion et de ralentissement qui se répètent dans le temps. Ces fluctuations économiques posent un défi majeur aux gouvernements et aux banques centrales, qui cherchent à les atténuer via des politiques conjoncturelles. Ce chapitre est central au bac SES : il mobilise les grands débats entre keynésiens et libéraux sur le rôle de l’État dans l’économie.
1. Les fluctuations économiques et les cycles
Les phases du cycle économique
Point haut (pic) → l’économie tourne à plein régime
Récession → ralentissement de la croissance (recul du PIB pendant ≥ 2 trimestres)
Dépression / creux → niveau d’activité au plus bas
Reprise → retour à la croissance
Les différents types de cycles
| Cycle | Durée | Mécanisme principal |
|---|---|---|
| Kitchin | 3-5 ans | Variations des stocks des entreprises |
| Juglar | 7-11 ans | Cycles d’investissement en capital fixe |
| Kuznets | 15-25 ans | Cycles de construction immobilière |
| Kondratiev | 40-60 ans | Grandes vagues d’innovation technologique (révolutions industrielles) |
2. Le chômage
La population active regroupe les actifs occupés (en emploi) et les chômeurs. Elle exclut les inactifs (étudiants, retraités, personnes au foyer ne cherchant pas d’emploi).
Les différentes formes de chômage
| Type | Cause | Remède approprié |
|---|---|---|
| Chômage conjoncturel (keynésien) | Insuffisance de la demande globale en période de récession | Politique de relance (budgétaire ou monétaire) |
| Chômage structurel | Inadéquation entre profils des chômeurs et emplois disponibles (qualification, secteur, géographie) | Formation, flexibilisation du marché du travail |
| Chômage frictionnel | Délai de transition entre deux emplois (recherche normale) | Améliorer l’appariement (information, mobilité) |
| Chômage technologique | Substitution du capital au travail via l’automatisation | Formation, reconversion, partage des gains |
3. L’inflation
Les causes de l’inflation
🔼 Inflation par la demande
Quand la demande globale dépasse les capacités de production : les entreprises augmentent leurs prix plutôt que leur production. Typique des phases de surchauffe économique.
📦 Inflation par les coûts
Hausse des coûts de production répercutée sur les prix de vente : choc pétrolier (1973, 1979), hausse des salaires, ruptures d’approvisionnement.
💶 Inflation monétaire
Selon les monétaristes : une croissance de la masse monétaire trop rapide par rapport à la production génère de l’inflation (« trop d’argent court après trop peu de biens »).
📈 Inflation importée
Hausse des prix des biens importés (énergie, matières premières) qui se diffuse dans l’ensemble de l’économie.
Les effets de l’inflation
| Effet | Sur qui ? | Sens |
|---|---|---|
| Érosion du pouvoir d’achat | Ménages à revenus fixes, épargnants | Négatif |
| Allégement des dettes | Emprunteurs (ménages endettés, État) | Positif |
| Perte de compétitivité | Exportateurs | Négatif |
| Incertitude sur les prix relatifs | Entreprises, investisseurs | Négatif |
| Recettes fiscales en hausse | État (via la « taxe inflationniste ») | Ambigu |
4. La politique budgétaire
Les deux grandes orientations
🚀 Politique de relance (expansionniste)
Augmenter les dépenses publiques ou baisser les impôts pour stimuler la demande globale. Recommandée en période de récession par les keynésiens.
Risques : creusement du déficit, effet d’éviction, inflation
✂️ Politique d’austérité (restrictive)
Réduire les dépenses publiques ou augmenter les impôts pour assainir les finances publiques. Recommandée pour lutter contre l’inflation ou réduire la dette.
Risques : récession, hausse du chômage, effets récessifs du multiplicateur négatif
Le multiplicateur keynésien
Exemple : si les ménages consomment 80 % de chaque revenu supplémentaire (c = 0,8), le multiplicateur vaut 1/(1-0,8) = 5. Une dépense publique de 1 Md€ génère 5 Md€ de PIB supplémentaire.
Les limites de la politique budgétaire
| Limite | Mécanisme |
|---|---|
| Effet d’éviction | La dette publique fait monter les taux d’intérêt, ce qui réduit l’investissement privé |
| Équivalence ricardienne | Les ménages anticipent que la dette d’aujourd’hui sera financée par des impôts futurs → ils épargnent au lieu de consommer |
| Contrainte européenne | Le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) limite les déficits à 3 % du PIB et la dette à 60 % |
| Délais | Les délais de décision et de mise en œuvre réduisent l’efficacité conjoncturelle |
| Ouverture économique | Une partie de la relance « fuit » vers les importations (d’autant plus si l’économie est ouverte) |
5. La politique monétaire
En zone euro, c’est la Banque Centrale Européenne (BCE) qui conduit la politique monétaire. Son objectif principal est la stabilité des prix (inflation proche de 2 %).
Les instruments de la politique monétaire
| Instrument | Mécanisme | Effet |
|---|---|---|
| Taux directeur | Taux auquel la BCE prête aux banques commerciales | Baisse → crédit moins cher → relance / Hausse → crédit plus cher → freinage |
| Opérations d’open market | Achat/vente de titres sur les marchés financiers | Achat → injection de liquidités / Vente → retrait |
| Réserves obligatoires | Taux de réserves que les banques doivent détenir à la BCE | Hausse → moins de crédit possible |
| QE (Quantitative Easing) | Achats massifs d’actifs par la banque centrale | Injection de liquidités quand les taux sont déjà à zéro |
📉 Politique monétaire accommodante (expansionniste)
Baisse des taux directeurs, QE. Stimule le crédit, l’investissement et la consommation. Risque : inflation, bulles d’actifs.
📈 Politique monétaire restrictive
Hausse des taux directeurs. Renchérit le crédit, freine la consommation et l’investissement. Objectif : lutter contre l’inflation.
6. Le grand débat : keynésiens vs libéraux
| Keynésiens | Libéraux (monétaristes, néoclassiques) | |
|---|---|---|
| Analyse du chômage | Insuffisance de la demande → chômage involontaire | Rigidités du marché du travail → chômage volontaire ou structurel |
| Rôle de l’État | L’État doit intervenir pour stabiliser la conjoncture | L’État doit s’abstenir : ses interventions perturbent les marchés |
| Politique budgétaire | Efficace via le multiplicateur, surtout en récession | Inefficace ou contreproductive (éviction, ricardienne) |
| Politique monétaire | Outil conjoncturel complémentaire | Seul outil légitime ; doit suivre une règle fixe (Friedman) |
| Auteurs clés | Keynes, Hicks, Samuelson, Stiglitz | Friedman, Lucas, Hayek, Barro |
Synthèse : ce qu’il faut retenir
| Notion | Définition courte |
|---|---|
| Récession | Recul du PIB pendant ≥ 2 trimestres consécutifs |
| Chômage conjoncturel | Chômage lié à l’insuffisance de la demande globale |
| Inflation | Hausse générale et durable des prix (mesurée par l’IPC) |
| Déflation | Baisse durable des prix → spirale récessive |
| Politique budgétaire de relance | Hausse des dépenses publiques / baisse des impôts |
| Multiplicateur keynésien | 1 € dépensé par l’État génère plus de 1 € de revenu national |
| Taux directeur | Taux de la BCE qui conditionne le coût du crédit |
| QE (Quantitative Easing) | Achats massifs d’actifs par la banque centrale |
| Courbe de Phillips | Relation inverse inflation/chômage (court terme) |
Questions fréquentes
📊 Hub SES Lycée
📈 Sources de la croissance
🌐 Mondialisation et intégration européenne
🏛️ État et défaillances du marché
📉 Marché, prix et concurrence
📖 Glossaire SES Terminale
🏫 Hub Lycée
📊 CFA Level 1

