}

La liberté en philo ?
Capacité d'agir par soi-même. Plusieurs formes : libre arbitre, autonomie, intérieure, politique, existentielle.
Libre arbitre ?
Pouvoir de choisir. Descartes : volonté infinie. Spinoza : illusion. Débat central.
Le déterminisme ?
Tout est causé. Physique, psychique, social, biologique. ≠ fatalisme.
Spinoza ?
Libre arbitre = illusion (ignorance des causes). Vraie liberté = comprendre la nécessité.
Kant : autonomie ?
Se donner sa propre loi par la raison. Autonomie (libre) vs hétéronomie (esclave des passions).
Sartre ?
Condamné à être libre. Existence précède essence. Angoisse, mauvaise foi, engagement.
Berlin ?
Négative (absence d'obstacle) vs positive (se gouverner). Positive risque le totalitarisme.
Les stoïciens ?
Liberté intérieure. Ne vouloir que ce qui dépend de nous. L'esclave peut être libre.
Compatibilisme ?
Spinoza, Hume : on peut être déterminé ET libre (pas de contrainte extérieure = libre).
Ça tombe au bac ?
LA notion la plus fréquente. Faire ce qu'on veut, déterminisme, responsabilité, devoir.

 » content_alignment_medium= » » content_alignment_small= » » content_alignment= » » disable_idd= »no » hide_on_mobile= »small-visibility,medium-visibility,large-visibility » sticky_display= »normal,sticky » class= » » id= » » html_attributes= »W10= » width_medium= » » width_small= » » width= » » min_width_medium= » » min_width_small= » » min_width= » » max_width_medium= » » max_width_small= » » max_width= » » margin_top_medium= » » margin_right_medium= » » margin_bottom_medium= » » margin_left_medium= » » margin_top_small= » » margin_right_small= » » margin_bottom_small= » » margin_left_small= » » margin_top= » » margin_right= » » margin_bottom= » » margin_left= » » fusion_font_family_text_font= » » fusion_font_variant_text_font= » » font_size= » » line_height= » » letter_spacing= » » text_transform= » » text_color= » » render_logics= » » logics= » » animation_type= » » animation_direction= »left » animation_color= » » animation_speed= »0.3″ animation_delay= »0″ animation_offset= » »]

La Liberté : Cours Complet

Philosophie Terminale — Libre arbitre, déterminisme, autonomie, existentialisme, liberté politique

14
Sections
20+
Références
2026
Programme

SECTION 01

Introduction : qu'est-ce que la liberté ?

📌 Un concept multiforme

La liberté est sans doute la notion la plus riche du programme de philosophie. Elle désigne de manière générale la capacité d'agir par soi-même, sans être déterminé par une force extérieure. Mais cette définition simple recouvre des réalités très différentes.

📐 Les grandes questions :

• Sommes-nous vraiment libres ou est-ce une illusion (déterminisme) ?

• La liberté consiste-t-elle à faire ce qu'on veut ou à obéir à la raison ?

• L'homme est-il libre malgré l'inconscient, les déterminismes sociaux, la nature ?

• La liberté individuelle est-elle compatible avec la vie en société ?

• La liberté implique-t-elle nécessairement la responsabilité ?

SECTION 02

Les différents sens de la liberté

Type de liberté Définition Exemple Philosophe clé
Liberté d'action (physique) Absence d'obstacles extérieurs à l'action Le prisonnier libéré peut se déplacer Hobbes
Libre arbitre (métaphysique) Pouvoir de choisir entre plusieurs possibles par la volonté Je choisis d'agir bien ou mal Descartes
Autonomie (morale) Se donner à soi-même sa propre loi par la raison Agir par devoir, non par inclination Kant
Liberté intérieure Maîtrise de soi, indépendance par rapport aux passions Le sage reste libre en prison Épictète, stoïciens
Liberté politique Droits et libertés garantis par les lois dans la cité Liberté d'expression, de conscience, de vote Rousseau, Locke
Liberté existentielle L'homme est condamné à être libre : il se choisit sans excuse Aucune nature ne me définit, je me fais Sartre

SECTION 03

Le libre arbitre

📌 Descartes : la volonté infinie

Dans les Méditations métaphysiques, Descartes affirme que notre volonté est infinie — aussi étendue que celle de Dieu. Nous pouvons toujours dire oui ou non, affirmer ou nier, agir ou nous abstenir. L'entendement (intelligence) est fini et limité, mais la volonté ne connaît pas de bornes. C'est en cela que nous sommes « à l'image de Dieu ».

L'erreur vient de ce que nous utilisons notre volonté infinie au-delà de notre entendement limité : nous affirmons ce que nous ne comprenons pas clairement.

🎯 La liberté d'indifférence : le plus bas degré

Descartes distingue la liberté d'indifférence (choisir sans raison, au hasard, entre deux options équivalentes) de la liberté éclairée (choisir en connaissance de cause). La première est le plus bas degré de la liberté : elle montre un manque de connaissance, pas une plénitude de choix. La vraie liberté consiste à choisir le vrai et le bien parce qu'on les connaît clairement.

💡 L'âne de Buridan

Paradoxe classique : un âne parfaitement rationnel, placé à égale distance de deux bottes de foin identiques, meurt de faim car il n'a aucune raison de choisir l'une plutôt que l'autre. Ce paradoxe illustre le problème du libre arbitre : si tout choix a besoin d'une raison, que se passe-t-il quand les raisons sont parfaitement équilibrées ? Le libre arbitre est-il la capacité de choisir sans raison suffisante ?

SECTION 04

Le déterminisme

📌 Tout est déterminé par des causes

Le déterminisme est la thèse selon laquelle tout événement, y compris les actes humains, est le résultat nécessaire de causes antérieures. Si l'on connaissait toutes les causes, on pourrait prédire tout comportement. La liberté serait alors une illusion.

Type de déterminisme Principe Exemple
Physique (Laplace) Tout obéit aux lois de la nature ; un « démon » omniscient prédirait tout Les mouvements des planètes sont calculables
Psychique (Freud) Nos actes sont déterminés par des pulsions inconscientes Le lapsus révèle un désir refoulé
Social (Bourdieu) Nos choix sont conditionnés par notre milieu social (habitus) Les enfants de cadres deviennent cadres
Biologique Les gènes, les hormones influencent le comportement Prédispositions génétiques au tempérament
⚠️ Déterminisme ≠ fatalisme

Le fatalisme dit : « quoi que je fasse, le résultat est fixé d'avance ». Le déterminisme dit : « le résultat dépend de ce que je fais — mais ce que je fais est lui-même déterminé par des causes ». La différence est cruciale : le déterminisme ne rend pas l'action inutile, il affirme qu'elle est elle-même causée.

SECTION 05

Spinoza : liberté et nécessité

📌 Le libre arbitre est une illusion

Spinoza est le critique le plus radical du libre arbitre. Dans l'Éthique, il affirme que l'homme n'est pas un « empire dans un empire » : il fait partie de la nature et obéit à ses lois comme tout le reste. « Les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes qui les déterminent. »

📘 L'exemple de la pierre

Spinoza imagine une pierre lancée en l'air qui, si elle avait conscience, croirait voler librement. De même, l'homme qui agit sous l'impulsion de ses désirs croit choisir librement, alors qu'il est déterminé par des causes qu'il ignore. Le sentiment de liberté est une ignorance des causes.

✅ La vraie liberté : comprendre la nécessité

Spinoza ne conclut pas au désespoir. La vraie liberté n'est pas le libre arbitre (illusion) mais la compréhension de ce qui nous détermine. Comprendre les causes de mes affects, c'est les transformer de passions (je subis) en actions (j'agis par ma propre nature). L'homme libre est celui qui comprend les lois de la nature et agit selon la raison. Être libre, c'est agir selon sa propre nécessité interne, pas selon des causes extérieures.

📐 Spinoza = compatibiliste

Spinoza montre qu'on peut être à la fois déterminé et libre. C'est le compatibilisme : la liberté n'est pas l'absence de détermination (ce qui est impossible) mais l'absence de contrainte extérieure. Je suis libre quand j'agis selon ma propre nature rationnelle, même si cette action est « nécessaire » au sens causal.

SECTION 06

Les stoïciens : la liberté intérieure

📌 Ne vouloir que ce qui arrive

Pour les stoïciens (Épictète, Sénèque, Marc Aurèle), le monde est gouverné par un destin rationnel (le logos). Les événements extérieurs ne dépendent pas de nous. La seule chose qui dépend de nous, c'est notre jugement sur ces événements.

📘 Épictète : ce qui dépend et ne dépend pas de nous

« Parmi les choses qui existent, les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. » Ce qui dépend de nous : nos jugements, nos désirs, nos volontés. Ce qui ne dépend pas : le corps, la richesse, la réputation, les événements.

La liberté consiste à ne vouloir que ce qui dépend de nous et à accepter ce qui n'en dépend pas. Le malheur vient de ce que nous désirons ce qui ne dépend pas de nous (la gloire, la santé) et fuyons ce qui est inévitable (la maladie, la mort).

🎯 Paradoxe : l'esclave libre

Épictète lui-même était un esclave affranchi. Il incarne le paradoxe stoïcien : on peut être physiquement enchaîné et intérieurement libre (maître de ses jugements). Inversement, un roi esclave de ses passions est moins libre qu'un sage en prison. La liberté est intérieure, elle ne dépend d'aucune circonstance extérieure.

SECTION 07

Kant : liberté et autonomie

📌 La liberté comme autonomie de la raison

Kant opère une synthèse entre le déterminisme de la nature et la liberté de la morale. Dans le monde phénoménal (le monde tel qu'il apparaît à nos sens), tout est déterminé par des lois causales. Mais dans le monde nouménal (la réalité en soi, inaccessible à l'expérience), l'homme en tant qu'être raisonnable est libre.

✅ L'autonomie : se donner sa propre loi

La liberté kantienne n'est pas la licence (faire ce qu'on veut) ni le libre arbitre indéterminé : c'est l'autonomie — la capacité de se donner à soi-même la loi morale par la raison. Être libre, c'est obéir à la loi que ma propre raison édicte (l'impératif catégorique), non à mes penchants, mes désirs ou mes intérêts.

Suivre ses passions, c'est l'hétéronomie (être commandé par autre chose que soi). Suivre la raison, c'est l'autonomie (être commandé par soi-même). Paradoxe : la liberté la plus haute est l'obéissance au devoir.

📐 Liberté comme postulat de la raison pratique

Kant ne prouve pas la liberté (c'est impossible dans le monde phénoménal). Il la postule : la morale n'a de sens que si l'homme est libre de choisir le bien ou le mal. Sans liberté, pas de responsabilité, pas de mérite, pas de faute. La liberté est un postulat nécessaire de la raison pratique.

SECTION 08

Sartre : la liberté radicale

📌 L'existence précède l'essence

Sartre affirme la liberté la plus radicale de toute l'histoire de la philosophie. Dans L'existentialisme est un humanisme (1946), il pose le principe fondamental : « L'existence précède l'essence. »

L'homme n'a pas de nature prédéfinie, pas d'essence qui le détermine. Il existe d'abord, puis il se définit par ses choix et ses actes. Le garçon de café n'est pas « par nature » garçon de café : il le choisit à chaque instant.

⚠️ « L'homme est condamné à être libre »

La liberté n'est pas un don agréable : c'est une condamnation. L'homme est « jeté » dans le monde sans avoir choisi d'exister, mais une fois là, il est entièrement responsable de ce qu'il fait. Aucune excuse n'est recevable : ni la nature humaine (elle n'existe pas), ni Dieu (il est mort), ni l'inconscient (c'est de la mauvaise foi), ni les circonstances (on choisit toujours comment y répondre).

🎯 L'angoisse et la mauvaise foi

La liberté provoque l'angoisse : la conscience vertigineuse de n'avoir aucun fondement, aucune excuse, aucune garantie. Face à cette angoisse, la plupart des gens se réfugient dans la mauvaise foi : ils prétendent être déterminés, jouer un rôle imposé, ne pas avoir le choix. La mauvaise foi est la fuite devant sa propre liberté.

💡 L'engagement

Puisque l'homme est libre, il est engagé. Chaque choix est un acte qui engage non seulement soi-même mais l'humanité entière : en choisissant pour moi, je propose une image de l'homme que je juge bonne. Ne pas choisir, c'est encore choisir. La liberté implique une responsabilité totale.

SECTION 09

Liberté et responsabilité

📌 Pas de liberté sans responsabilité

La liberté et la responsabilité sont liées logiquement : si je suis libre, je suis responsable de mes actes. Inversement, si je ne suis pas libre (déterminisme total), la responsabilité n'a pas de sens.

Position Liberté ? Responsabilité ? Philosophe
Libre arbitre absolu Oui (totale) Oui (totale) Sartre
Compatibilisme Oui (redéfinie comme action selon sa nature) Oui (on répond de ce qu'on est) Spinoza, Hume
Déterminisme dur Non (illusion) Problématique (à repenser) Laplace, certains neuroscientifiques
Kant Oui (postulat) Oui (condition de la morale) Kant
📘 L'objection de l'excuse

Si l'inconscient, les gènes ou le milieu social déterminent nos actes, peut-on encore punir un criminel ? Le risque du déterminisme est de servir d'excuse universelle. Sartre refuse catégoriquement cette dérive : même déterminé, l'homme choisit comment répondre à ses déterminismes. Alain résume : « Un caractère n'est pas une excuse. »

SECTION 10

Liberté politique : Rousseau et les modernes

📌 La liberté civile

La liberté politique n'est pas l'absence totale de contrainte (ce serait l'anarchie) mais la soumission à des lois auxquelles on a consenti. C'est le cœur du contrat social.

✅ Rousseau : la liberté par la loi

Pour Rousseau, l'homme perd dans le contrat social sa liberté naturelle (faire tout ce que sa force permet) mais gagne la liberté civile (agir dans le cadre de lois votées en commun) et la liberté morale (obéir à la loi qu'on s'est prescrite). La liberté civile est supérieure à la liberté naturelle : elle est rationnelle, morale et protégée.

🎯 Tocqueville : les dangers de l'égalité

Tocqueville montre que la démocratie peut menacer la liberté par l'égalisation des conditions. Les individus égaux se désintéressent de la politique et laissent un État paternaliste (« despotisme doux ») gérer leur vie. La liberté politique exige une participation active des citoyens et des « corps intermédiaires » (associations, presse) pour faire contrepoids au pouvoir central.

SECTION 11

Berlin : liberté négative et positive

📌 Deux concepts de liberté

Isaiah Berlin, dans Deux concepts de liberté (1958), distingue deux conceptions fondamentales :

Liberté négative Liberté positive
Absence d'obstacles, d'interférences, de contraintes extérieures Capacité effective de se gouverner soi-même, de se réaliser
« Être libre de » (free from) « Être libre de faire/être » (free to)
L'État ne doit pas m'empêcher d'agir L'État doit me donner les moyens d'agir
Tradition libérale (Locke, Mill) Tradition républicaine/socialiste (Rousseau, Marx)
Risque : ignorer les inégalités réelles Risque : justifier la contrainte « pour le bien » des gens
⚠️ Le danger de la liberté positive selon Berlin

Berlin met en garde : la liberté positive, poussée à l'extrême, peut devenir totalitaire. Si l'État prétend savoir mieux que l'individu ce qui est « bon pour lui », il peut le « forcer à être libre » (Rousseau). Les régimes totalitaires se sont réclamés de la liberté positive : libérer l'homme de l'aliénation en lui imposant le « vrai » mode de vie.

SECTION 12

Tableau récapitulatif des thèses

Philosophe Thèse sur la liberté Concepts clés
Descartes Le libre arbitre est la volonté infinie de l'homme Volonté, entendement, liberté d'indifférence
Spinoza Le libre arbitre est une illusion ; la vraie liberté est la compréhension de la nécessité Nécessité, affects, raison, compatibilisme
Épictète La liberté est intérieure : ne vouloir que ce qui dépend de nous Ce qui dépend/ne dépend pas, jugement, logos
Kant La liberté est autonomie de la raison ; postulat de la morale Autonomie/hétéronomie, devoir, postulat
Sartre L'homme est condamné à être libre ; l'existence précède l'essence Pour-soi, néant, angoisse, mauvaise foi, engagement
Rousseau La liberté civile est supérieure à la liberté naturelle Contrat social, volonté générale, liberté morale
Hobbes La liberté est l'absence d'obstacles extérieurs au mouvement Liberté physique, Léviathan
Berlin Il y a deux libertés : négative (absence d'interférence) et positive (autogouvernement) Liberté négative/positive, pluralisme
Tocqueville La démocratie menace la liberté par le despotisme doux Égalité, corps intermédiaires, participation
Freud L'inconscient détermine nos actes à notre insu Déterminisme psychique, pulsions, refoulement
Bourdieu L'habitus (dispositions sociales) conditionne nos « choix » Habitus, capital, reproduction sociale

SECTION 13

Exercices types bac

🧠 Pourquoi Spinoza dit-il que le libre arbitre est une illusion ?
Spinoza affirme que l'homme fait partie de la nature et obéit à ses lois. Nous nous croyons libres parce que nous sommes conscients de nos actes mais ignorants des causes qui les déterminent (comme la pierre lancée qui croirait voler). Le libre arbitre est une illusion née de l'ignorance. La vraie liberté consiste à comprendre la nécessité et à agir selon la raison.
🧠 Expliquez la distinction entre autonomie et hétéronomie chez Kant.
L'autonomie consiste à se donner à soi-même sa propre loi morale par la raison (agir par devoir, selon l'impératif catégorique). L'hétéronomie consiste à être commandé par quelque chose d'extérieur : passions, désirs, intérêts, autorité. La vraie liberté est l'autonomie : obéir à la loi que ma propre raison édicte. Suivre ses penchants est une forme d'esclavage, même si on le fait volontairement.
🧠 Que signifie « l'homme est condamné à être libre » chez Sartre ?
L'homme n'a pas choisi d'exister, mais une fois là, il est entièrement libre et entièrement responsable. Il n'a pas de nature prédéfinie (l'existence précède l'essence), pas d'excuse (ni Dieu, ni inconscient, ni nature humaine). Il est « condamné » parce qu'il ne peut pas échapper à cette liberté : même refuser de choisir est un choix. L'angoisse est le sentiment de cette liberté sans fondement.
🧠 Quelle est la différence entre liberté négative et liberté positive (Berlin) ?
La liberté négative est l'absence d'interférence extérieure (ne pas être empêché d'agir). La liberté positive est la capacité effective de se gouverner soi-même et de se réaliser. La première correspond à la tradition libérale (Locke, Mill), la seconde à la tradition républicaine/socialiste (Rousseau, Marx). Berlin met en garde : la liberté positive peut devenir totalitaire si l'État impose le « vrai bien ».
🧠 La liberté est-elle compatible avec le déterminisme ?
Trois réponses : 1) Non (incompatibilisme) : si tout est déterminé, la liberté est une illusion. 2) Oui (compatibilisme, Spinoza, Hume) : la liberté n'est pas l'absence de causes mais l'absence de contrainte extérieure. Je suis libre quand j'agis selon ma propre nature, même si cette action est causée. 3) La question est mal posée (Kant) : dans le monde phénoménal tout est déterminé, mais dans le monde nouménal, la liberté est un postulat nécessaire de la morale.
🧠 Dissertation express : « Être libre, est-ce faire ce que l'on veut ? » — Plan en 3 parties.
I. Oui, la liberté semble être l'absence d'obstacles à nos désirs — Hobbes : la liberté est l'absence d'empêchements extérieurs. Le sens commun identifie liberté et satisfaction des envies. Si personne ne m'empêche d'agir, je suis libre.
II. Non, suivre ses désirs peut être une forme d'esclavage — Spinoza : les passions nous déterminent à notre insu. Kant : suivre ses inclinations, c'est l'hétéronomie. Épictète : l'esclave de ses désirs est moins libre que le sage en prison. Platon : l'homme du tonneau percé court après des plaisirs insatiables.
III. La vraie liberté est la maîtrise rationnelle de soi — Kant : autonomie = se donner sa propre loi. Spinoza : comprendre les causes de ses affects. Rousseau : l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite. Être libre, ce n'est pas faire tout ce qu'on veut, c'est vouloir ce qu'on fait en connaissance de cause.

SECTION 14

Questions fréquentes

La liberté en philo ?
Capacité d'agir par soi-même. Plusieurs formes : libre arbitre, autonomie, intérieure, politique, existentielle.
Libre arbitre ?
Pouvoir de choisir. Descartes : volonté infinie. Spinoza : illusion. Débat central.
Le déterminisme ?
Tout est causé. Physique, psychique, social, biologique. ≠ fatalisme.
Spinoza ?
Libre arbitre = illusion (ignorance des causes). Vraie liberté = comprendre la nécessité.
Kant : autonomie ?
Se donner sa propre loi par la raison. Autonomie (libre) vs hétéronomie (esclave des passions).
Sartre ?
Condamné à être libre. Existence précède essence. Angoisse, mauvaise foi, engagement.
Berlin ?
Négative (absence d'obstacle) vs positive (se gouverner). Positive risque le totalitarisme.
Les stoïciens ?
Liberté intérieure. Ne vouloir que ce qui dépend de nous. L'esclave peut être libre.
Compatibilisme ?
Spinoza, Hume : on peut être déterminé ET libre (pas de contrainte extérieure = libre).
Ça tombe au bac ?
LA notion la plus fréquente. Faire ce qu'on veut, déterminisme, responsabilité, devoir.