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La Liberté : Cours Complet
Philosophie Terminale — Libre arbitre, déterminisme, autonomie, existentialisme, liberté politique
🏠 Hub Philo Terminale
🧠 La Conscience
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🧩 L'Inconscient
💬 Citations par notion
8. Sartre : la liberté radicale
2. Les différents sens de la liberté
9. Liberté et responsabilité
3. Le libre arbitre
10. Liberté politique : Rousseau et les modernes
4. Le déterminisme
11. Berlin : liberté négative et positive
5. Spinoza : liberté et nécessité
12. Tableau récapitulatif des thèses
6. Les stoïciens : la liberté intérieure
13. Exercices types bac
7. Kant : liberté et autonomie
14. Questions fréquentes
Introduction : qu'est-ce que la liberté ?
La liberté est sans doute la notion la plus riche du programme de philosophie. Elle désigne de manière générale la capacité d'agir par soi-même, sans être déterminé par une force extérieure. Mais cette définition simple recouvre des réalités très différentes.
• Sommes-nous vraiment libres ou est-ce une illusion (déterminisme) ?
• La liberté consiste-t-elle à faire ce qu'on veut ou à obéir à la raison ?
• L'homme est-il libre malgré l'inconscient, les déterminismes sociaux, la nature ?
• La liberté individuelle est-elle compatible avec la vie en société ?
• La liberté implique-t-elle nécessairement la responsabilité ?
Les différents sens de la liberté
| Type de liberté | Définition | Exemple | Philosophe clé |
|---|---|---|---|
| Liberté d'action (physique) | Absence d'obstacles extérieurs à l'action | Le prisonnier libéré peut se déplacer | Hobbes |
| Libre arbitre (métaphysique) | Pouvoir de choisir entre plusieurs possibles par la volonté | Je choisis d'agir bien ou mal | Descartes |
| Autonomie (morale) | Se donner à soi-même sa propre loi par la raison | Agir par devoir, non par inclination | Kant |
| Liberté intérieure | Maîtrise de soi, indépendance par rapport aux passions | Le sage reste libre en prison | Épictète, stoïciens |
| Liberté politique | Droits et libertés garantis par les lois dans la cité | Liberté d'expression, de conscience, de vote | Rousseau, Locke |
| Liberté existentielle | L'homme est condamné à être libre : il se choisit sans excuse | Aucune nature ne me définit, je me fais | Sartre |
Le libre arbitre
Dans les Méditations métaphysiques, Descartes affirme que notre volonté est infinie — aussi étendue que celle de Dieu. Nous pouvons toujours dire oui ou non, affirmer ou nier, agir ou nous abstenir. L'entendement (intelligence) est fini et limité, mais la volonté ne connaît pas de bornes. C'est en cela que nous sommes « à l'image de Dieu ».
L'erreur vient de ce que nous utilisons notre volonté infinie au-delà de notre entendement limité : nous affirmons ce que nous ne comprenons pas clairement.
Descartes distingue la liberté d'indifférence (choisir sans raison, au hasard, entre deux options équivalentes) de la liberté éclairée (choisir en connaissance de cause). La première est le plus bas degré de la liberté : elle montre un manque de connaissance, pas une plénitude de choix. La vraie liberté consiste à choisir le vrai et le bien parce qu'on les connaît clairement.
Paradoxe classique : un âne parfaitement rationnel, placé à égale distance de deux bottes de foin identiques, meurt de faim car il n'a aucune raison de choisir l'une plutôt que l'autre. Ce paradoxe illustre le problème du libre arbitre : si tout choix a besoin d'une raison, que se passe-t-il quand les raisons sont parfaitement équilibrées ? Le libre arbitre est-il la capacité de choisir sans raison suffisante ?
Le déterminisme
Le déterminisme est la thèse selon laquelle tout événement, y compris les actes humains, est le résultat nécessaire de causes antérieures. Si l'on connaissait toutes les causes, on pourrait prédire tout comportement. La liberté serait alors une illusion.
| Type de déterminisme | Principe | Exemple |
|---|---|---|
| Physique (Laplace) | Tout obéit aux lois de la nature ; un « démon » omniscient prédirait tout | Les mouvements des planètes sont calculables |
| Psychique (Freud) | Nos actes sont déterminés par des pulsions inconscientes | Le lapsus révèle un désir refoulé |
| Social (Bourdieu) | Nos choix sont conditionnés par notre milieu social (habitus) | Les enfants de cadres deviennent cadres |
| Biologique | Les gènes, les hormones influencent le comportement | Prédispositions génétiques au tempérament |
Le fatalisme dit : « quoi que je fasse, le résultat est fixé d'avance ». Le déterminisme dit : « le résultat dépend de ce que je fais — mais ce que je fais est lui-même déterminé par des causes ». La différence est cruciale : le déterminisme ne rend pas l'action inutile, il affirme qu'elle est elle-même causée.
Spinoza : liberté et nécessité
Spinoza est le critique le plus radical du libre arbitre. Dans l'Éthique, il affirme que l'homme n'est pas un « empire dans un empire » : il fait partie de la nature et obéit à ses lois comme tout le reste. « Les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes qui les déterminent. »
Spinoza imagine une pierre lancée en l'air qui, si elle avait conscience, croirait voler librement. De même, l'homme qui agit sous l'impulsion de ses désirs croit choisir librement, alors qu'il est déterminé par des causes qu'il ignore. Le sentiment de liberté est une ignorance des causes.
Spinoza ne conclut pas au désespoir. La vraie liberté n'est pas le libre arbitre (illusion) mais la compréhension de ce qui nous détermine. Comprendre les causes de mes affects, c'est les transformer de passions (je subis) en actions (j'agis par ma propre nature). L'homme libre est celui qui comprend les lois de la nature et agit selon la raison. Être libre, c'est agir selon sa propre nécessité interne, pas selon des causes extérieures.
Spinoza montre qu'on peut être à la fois déterminé et libre. C'est le compatibilisme : la liberté n'est pas l'absence de détermination (ce qui est impossible) mais l'absence de contrainte extérieure. Je suis libre quand j'agis selon ma propre nature rationnelle, même si cette action est « nécessaire » au sens causal.
Les stoïciens : la liberté intérieure
Pour les stoïciens (Épictète, Sénèque, Marc Aurèle), le monde est gouverné par un destin rationnel (le logos). Les événements extérieurs ne dépendent pas de nous. La seule chose qui dépend de nous, c'est notre jugement sur ces événements.
« Parmi les choses qui existent, les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. » Ce qui dépend de nous : nos jugements, nos désirs, nos volontés. Ce qui ne dépend pas : le corps, la richesse, la réputation, les événements.
La liberté consiste à ne vouloir que ce qui dépend de nous et à accepter ce qui n'en dépend pas. Le malheur vient de ce que nous désirons ce qui ne dépend pas de nous (la gloire, la santé) et fuyons ce qui est inévitable (la maladie, la mort).
Épictète lui-même était un esclave affranchi. Il incarne le paradoxe stoïcien : on peut être physiquement enchaîné et intérieurement libre (maître de ses jugements). Inversement, un roi esclave de ses passions est moins libre qu'un sage en prison. La liberté est intérieure, elle ne dépend d'aucune circonstance extérieure.
Kant : liberté et autonomie
Kant opère une synthèse entre le déterminisme de la nature et la liberté de la morale. Dans le monde phénoménal (le monde tel qu'il apparaît à nos sens), tout est déterminé par des lois causales. Mais dans le monde nouménal (la réalité en soi, inaccessible à l'expérience), l'homme en tant qu'être raisonnable est libre.
La liberté kantienne n'est pas la licence (faire ce qu'on veut) ni le libre arbitre indéterminé : c'est l'autonomie — la capacité de se donner à soi-même la loi morale par la raison. Être libre, c'est obéir à la loi que ma propre raison édicte (l'impératif catégorique), non à mes penchants, mes désirs ou mes intérêts.
Suivre ses passions, c'est l'hétéronomie (être commandé par autre chose que soi). Suivre la raison, c'est l'autonomie (être commandé par soi-même). Paradoxe : la liberté la plus haute est l'obéissance au devoir.
Kant ne prouve pas la liberté (c'est impossible dans le monde phénoménal). Il la postule : la morale n'a de sens que si l'homme est libre de choisir le bien ou le mal. Sans liberté, pas de responsabilité, pas de mérite, pas de faute. La liberté est un postulat nécessaire de la raison pratique.
Sartre : la liberté radicale
Sartre affirme la liberté la plus radicale de toute l'histoire de la philosophie. Dans L'existentialisme est un humanisme (1946), il pose le principe fondamental : « L'existence précède l'essence. »
L'homme n'a pas de nature prédéfinie, pas d'essence qui le détermine. Il existe d'abord, puis il se définit par ses choix et ses actes. Le garçon de café n'est pas « par nature » garçon de café : il le choisit à chaque instant.
La liberté n'est pas un don agréable : c'est une condamnation. L'homme est « jeté » dans le monde sans avoir choisi d'exister, mais une fois là, il est entièrement responsable de ce qu'il fait. Aucune excuse n'est recevable : ni la nature humaine (elle n'existe pas), ni Dieu (il est mort), ni l'inconscient (c'est de la mauvaise foi), ni les circonstances (on choisit toujours comment y répondre).
La liberté provoque l'angoisse : la conscience vertigineuse de n'avoir aucun fondement, aucune excuse, aucune garantie. Face à cette angoisse, la plupart des gens se réfugient dans la mauvaise foi : ils prétendent être déterminés, jouer un rôle imposé, ne pas avoir le choix. La mauvaise foi est la fuite devant sa propre liberté.
Puisque l'homme est libre, il est engagé. Chaque choix est un acte qui engage non seulement soi-même mais l'humanité entière : en choisissant pour moi, je propose une image de l'homme que je juge bonne. Ne pas choisir, c'est encore choisir. La liberté implique une responsabilité totale.
Liberté et responsabilité
La liberté et la responsabilité sont liées logiquement : si je suis libre, je suis responsable de mes actes. Inversement, si je ne suis pas libre (déterminisme total), la responsabilité n'a pas de sens.
| Position | Liberté ? | Responsabilité ? | Philosophe |
|---|---|---|---|
| Libre arbitre absolu | Oui (totale) | Oui (totale) | Sartre |
| Compatibilisme | Oui (redéfinie comme action selon sa nature) | Oui (on répond de ce qu'on est) | Spinoza, Hume |
| Déterminisme dur | Non (illusion) | Problématique (à repenser) | Laplace, certains neuroscientifiques |
| Kant | Oui (postulat) | Oui (condition de la morale) | Kant |
Si l'inconscient, les gènes ou le milieu social déterminent nos actes, peut-on encore punir un criminel ? Le risque du déterminisme est de servir d'excuse universelle. Sartre refuse catégoriquement cette dérive : même déterminé, l'homme choisit comment répondre à ses déterminismes. Alain résume : « Un caractère n'est pas une excuse. »
Liberté politique : Rousseau et les modernes
La liberté politique n'est pas l'absence totale de contrainte (ce serait l'anarchie) mais la soumission à des lois auxquelles on a consenti. C'est le cœur du contrat social.
Pour Rousseau, l'homme perd dans le contrat social sa liberté naturelle (faire tout ce que sa force permet) mais gagne la liberté civile (agir dans le cadre de lois votées en commun) et la liberté morale (obéir à la loi qu'on s'est prescrite). La liberté civile est supérieure à la liberté naturelle : elle est rationnelle, morale et protégée.
Tocqueville montre que la démocratie peut menacer la liberté par l'égalisation des conditions. Les individus égaux se désintéressent de la politique et laissent un État paternaliste (« despotisme doux ») gérer leur vie. La liberté politique exige une participation active des citoyens et des « corps intermédiaires » (associations, presse) pour faire contrepoids au pouvoir central.
Berlin : liberté négative et positive
Isaiah Berlin, dans Deux concepts de liberté (1958), distingue deux conceptions fondamentales :
| Liberté négative | Liberté positive |
|---|---|
| Absence d'obstacles, d'interférences, de contraintes extérieures | Capacité effective de se gouverner soi-même, de se réaliser |
| « Être libre de » (free from) | « Être libre de faire/être » (free to) |
| L'État ne doit pas m'empêcher d'agir | L'État doit me donner les moyens d'agir |
| Tradition libérale (Locke, Mill) | Tradition républicaine/socialiste (Rousseau, Marx) |
| Risque : ignorer les inégalités réelles | Risque : justifier la contrainte « pour le bien » des gens |
Berlin met en garde : la liberté positive, poussée à l'extrême, peut devenir totalitaire. Si l'État prétend savoir mieux que l'individu ce qui est « bon pour lui », il peut le « forcer à être libre » (Rousseau). Les régimes totalitaires se sont réclamés de la liberté positive : libérer l'homme de l'aliénation en lui imposant le « vrai » mode de vie.
Tableau récapitulatif des thèses
| Philosophe | Thèse sur la liberté | Concepts clés |
|---|---|---|
| Descartes | Le libre arbitre est la volonté infinie de l'homme | Volonté, entendement, liberté d'indifférence |
| Spinoza | Le libre arbitre est une illusion ; la vraie liberté est la compréhension de la nécessité | Nécessité, affects, raison, compatibilisme |
| Épictète | La liberté est intérieure : ne vouloir que ce qui dépend de nous | Ce qui dépend/ne dépend pas, jugement, logos |
| Kant | La liberté est autonomie de la raison ; postulat de la morale | Autonomie/hétéronomie, devoir, postulat |
| Sartre | L'homme est condamné à être libre ; l'existence précède l'essence | Pour-soi, néant, angoisse, mauvaise foi, engagement |
| Rousseau | La liberté civile est supérieure à la liberté naturelle | Contrat social, volonté générale, liberté morale |
| Hobbes | La liberté est l'absence d'obstacles extérieurs au mouvement | Liberté physique, Léviathan |
| Berlin | Il y a deux libertés : négative (absence d'interférence) et positive (autogouvernement) | Liberté négative/positive, pluralisme |
| Tocqueville | La démocratie menace la liberté par le despotisme doux | Égalité, corps intermédiaires, participation |
| Freud | L'inconscient détermine nos actes à notre insu | Déterminisme psychique, pulsions, refoulement |
| Bourdieu | L'habitus (dispositions sociales) conditionne nos « choix » | Habitus, capital, reproduction sociale |
Exercices types bac
II. Non, suivre ses désirs peut être une forme d'esclavage — Spinoza : les passions nous déterminent à notre insu. Kant : suivre ses inclinations, c'est l'hétéronomie. Épictète : l'esclave de ses désirs est moins libre que le sage en prison. Platon : l'homme du tonneau percé court après des plaisirs insatiables.
III. La vraie liberté est la maîtrise rationnelle de soi — Kant : autonomie = se donner sa propre loi. Spinoza : comprendre les causes de ses affects. Rousseau : l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite. Être libre, ce n'est pas faire tout ce qu'on veut, c'est vouloir ce qu'on fait en connaissance de cause.

