L'Art : Cours Complet

Philosophie Terminale — Le beau, le jugement esthétique, la création, le génie, l'art et la vérité

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2026
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SECTION 01

Introduction : qu'est-ce que l'art ?

📌 Définition et enjeux

Le mot « art » vient du latin ars, traduction du grec technè, qui désigne tout savoir-faire, toute habileté technique. Pendant longtemps, art et technique ne se distinguent pas : le sculpteur, le forgeron et le médecin pratiquent tous un « art ».

Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que l'on distingue les beaux-arts (peinture, sculpture, musique, poésie, architecture, danse, théâtre) des arts mécaniques et des métiers. L'art au sens moderne désigne une activité de création visant à produire des œuvres qui suscitent une émotion esthétique.

📐 Les grandes questions philosophiques sur l'art :

• Qu'est-ce que le beau ? Le jugement esthétique est-il universel ou relatif ?

• L'art est-il imitation de la nature ou création originale ?

• L'art a-t-il une fonction ? Doit-il servir à quelque chose ?

• L'art peut-il dire la vérité ?

• L'artiste est-il un génie ou un technicien ?

SECTION 02

Art et technique : l'artisan et l'artiste

📌 Distinction fondamentale

Bien que l'art et la technique partagent une racine commune, ils diffèrent profondément. L'artisan applique des règles connues pour produire un objet utile. L'artiste crée selon des règles qu'il invente lui-même, et son œuvre n'a pas de finalité pratique immédiate.

Critère Technique / Artisanat Art (beaux-arts)
Finalité Utilité, efficacité Beauté, émotion, sens
Règles Connues, enseignables, reproductibles Inventées par l'artiste, singulières
Produit Objet fonctionnel (chaise, outil) Œuvre unique, irremplaçable
Reproductibilité Objet reproductible en série Œuvre originale (un seul exemplaire)
Rapport au créateur L'objet est séparable de son créateur L'œuvre porte la marque de l'artiste
📘 Hannah Arendt — Condition de l'homme moderne

Arendt distingue le travail (produire des biens de consommation), l'œuvre (fabriquer des objets durables) et l'action (agir dans le monde). L'œuvre d'art est l'objet le plus durable que l'homme puisse produire : elle résiste au temps et à l'usage, parce qu'elle n'est pas faite pour être consommée mais pour être contemplée.

🎯 Walter Benjamin — L'œuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité

Benjamin montre que la reproduction mécanique (photographie, cinéma) fait perdre à l'œuvre son « aura » — ce caractère unique, lié au « ici et maintenant » de l'original. La question est : l'art survit-il à l'ère de la production de masse ?

SECTION 03

L'art comme imitation (mimesis)

📌 Platon : l'art est une illusion dangereuse

Pour Platon, le monde sensible est déjà une copie imparfaite des Idées (Formes intelligibles). L'artiste, en imitant le monde sensible, produit une copie de copie — il est donc trois fois éloigné de la vérité.

Dans la République (livre X), Platon illustre cela avec l'exemple du lit : le menuisier fabrique un lit réel en imitant l'Idée du lit ; le peintre peint un lit en imitant le lit du menuisier. Le peintre ne connaît ni l'Idée ni la réalité, il ne produit qu'un simulacre.

Platon condamne donc les poètes et les artistes : ils séduisent par les émotions et détournent l'âme de la recherche du Vrai et du Bien.

📌 Aristote : l'imitation est naturelle et utile

Aristote réhabilite l'art dans la Poétique. L'imitation (mimesis) est pour lui un instinct naturel de l'homme — c'est par l'imitation que l'enfant apprend. L'art ne copie pas simplement la réalité, il la représente en la transformant.

La tragédie, en représentant des actions terribles, provoque chez le spectateur pitié et crainte, ce qui produit une catharsis (purification) des passions. L'art a donc une fonction psychologique et morale positive : il permet de vivre des émotions dans un cadre sécurisé.

Critère Platon Aristote
L'art est Copie de copie, simulacre Représentation créative de la nature
Rapport à la vérité Éloigne de la vérité Peut révéler le vraisemblable, le possible
Effet sur l'âme Corrompt par les émotions Purifie par la catharsis
Verdict Condamné (chasser les poètes) Valorisé (utilité éducative et morale)

SECTION 04

Le beau : objectif ou subjectif ?

📌 Le beau est-il dans l'objet ou dans le regard ?

C'est l'une des questions les plus anciennes de l'esthétique. Trois positions :

1. Le beau est objectif (Platon, classicisme)

Le beau est une propriété réelle des choses : proportion, harmonie, symétrie. Il existe un Beau en soi (l'Idée du Beau chez Platon), et les belles choses y participent. Le goût n'est pas relatif : il y a une vérité du beau, et ceux qui ne la perçoivent pas se trompent.

2. Le beau est subjectif (empirisme, Hume)

Hume soutient que le beau n'est pas dans les choses mais dans l'esprit de celui qui les contemple. La beauté est un sentiment, pas une propriété. « La beauté n'est pas une qualité des choses elles-mêmes ». Toutefois, Hume admet qu'il existe des standards du goût : certaines personnes, par leur expérience et leur sensibilité, jugent mieux que d'autres.

3. Le beau est subjectif mais universel (Kant)

Kant propose une synthèse géniale dans la Critique de la faculté de juger : le jugement esthétique est subjectif (il exprime un sentiment), mais il prétend à l'universalité. Quand je dis « c'est beau », je ne dis pas simplement « ça me plaît » — je prétends que tout le monde devrait trouver cela beau. C'est la position la plus exigée au bac.

SECTION 05

Kant : le jugement esthétique

📌 Les quatre caractéristiques du jugement de goût

Kant analyse le jugement « c'est beau » dans la Critique de la faculté de juger (1790) et identifie quatre moments :

# Moment Caractéristique Explication
1 Qualité Plaisir désintéressé Le beau plaît sans qu'on désire posséder ou utiliser l'objet. Contrairement à l'agréable (plaisir des sens) et au bon (satisfaction morale), le beau est contemplé pour lui-même.
2 Quantité Universalité sans concept Quand je dis « c'est beau », je prétends que tous devraient être d'accord, même si je ne peux pas le prouver par un raisonnement logique.
3 Relation Finalité sans fin L'objet beau semble avoir été fait avec une intention, une harmonie, mais sans but pratique. La rose paraît « faite exprès » pour être belle, mais elle ne sert à rien.
4 Modalité Nécessité subjective Le jugement de goût s'impose avec le sentiment d'une nécessité : on ne peut pas s'empêcher de trouver cela beau.
📐 Le beau vs l'agréable vs le bon :

L'agréable plaît aux sens (un bon repas) → subjectif et relatif, aucune prétention à l'universalité.

Le bon satisfait la raison morale (une action juste) → universel mais par concept.

Le beau plaît par la contemplation → subjectif mais prétend à l'universalité, sans concept.

📌 Le sublime

Kant distingue le beau (harmonie, mesure, forme plaisante) du sublime (démesure, puissance, infini). Le sublime naît face à ce qui dépasse notre imagination : un océan déchaîné, un ciel étoilé, une montagne immense.

Le sublime provoque d'abord un sentiment d'écrasement (notre imagination est dépassée), puis un sentiment d'élévation (notre raison, elle, peut penser l'infini). Le sublime nous fait prendre conscience de notre dignité morale : nous sommes physiquement faibles mais moralement grands.

SECTION 06

Le génie et la création

📌 Kant : le génie donne ses règles à l'art

Pour Kant, le génie est le talent (don naturel) qui donne à l'art ses règles. Le génie est l'opposé de l'artisan : là où l'artisan applique des règles connues, le génie invente des règles nouvelles que personne ne pourrait enseigner ni même formuler explicitement.

Quatre caractéristiques du génie selon Kant :

1. L'originalité : le génie ne copie pas, il crée du neuf.

2. L'exemplarité : ses œuvres deviennent des modèles pour les autres (sans être des recettes).

3. L'impossibilité d'expliquer : le génie ne peut pas décrire comment il crée (c'est un don de la nature, pas un savoir).

4. Le génie concerne les beaux-arts, pas la science : Newton peut expliquer sa méthode, pas Mozart.

🎯 Nietzsche : le génie, c'est le travail

Nietzsche conteste l'idée romantique du génie inné. Dans Humain, trop humain, il soutient que le génie est avant tout le fruit d'un travail acharné. Ce que nous admirons comme « inspiration divine » est en réalité le résultat de milliers d'esquisses, de tentatives et de corrections. Croire au génie spontané, c'est être paresseux : cela revient à se dispenser de l'effort en se disant qu'on n'a pas « le don ».

📘 Bergson : la création et l'intuition

Pour Bergson, la création artistique procède de l'intuition — une perception directe de la réalité qui échappe à l'intelligence analytique. L'artiste ne « construit » pas son œuvre par raisonnement ; il la laisse émerger d'un contact intime avec le réel. L'art est une forme de connaissance supérieure à la science, car il saisit la durée vivante des choses, là où la science ne capte que des instantanés figés.

SECTION 07

Hegel : la mort de l'art

📌 L'art comme manifestation sensible de l'Esprit

Pour Hegel, l'art n'est pas un simple divertissement ni une imitation de la nature. Il est une manifestation sensible de l'Idée (ou de l'Esprit absolu). L'art donne une forme visible, audible ou palpable à ce que la pensée abstraite ne peut saisir : il rend sensible l'intelligible.

Hegel distingue trois grands moments historiques de l'art :

Moment Époque Caractéristique Exemple
Art symbolique Orient ancien (Égypte) L'Idée cherche sa forme sans la trouver. Formes massives, mystérieuses. Pyramides, sphinx
Art classique Grèce antique Équilibre parfait entre forme et contenu. Le corps humain comme idéal. Sculpture grecque
Art romantique Moyen Âge → moderne L'Idée dépasse la forme sensible. L'intériorité déborde la matière. Peinture, musique, poésie
⚠️ La « mort de l'art »

La thèse la plus célèbre (et controversée) de Hegel : l'art appartient au passé. Il a rempli sa fonction historique — manifester l'Esprit — mais cette fonction est désormais mieux assurée par la religion puis par la philosophie. L'art ne disparaît pas matériellement, mais il a perdu sa nécessité spirituelle suprême. Nous continuons à créer et à admirer, mais l'art n'est plus le mode le plus élevé par lequel l'Esprit se comprend lui-même.

Cette thèse a été vivement discutée, notamment par ceux qui y voient l'anticipation de l'art contemporain : un art qui réfléchit sur lui-même plutôt que de représenter le monde.

SECTION 08

Art et vérité

📌 L'art peut-il révéler la vérité ?

Si Platon voit l'art comme un mensonge (il éloigne de la vérité), d'autres philosophes lui accordent un pouvoir de dévoilement.

📘 Heidegger : l'art met la vérité en œuvre

Dans « L'Origine de l'œuvre d'art », Heidegger soutient que l'art n'imite pas le réel mais ouvre un monde. L'œuvre d'art révèle des dimensions de l'existence que la vie quotidienne et la technique nous masquent. Un temple grec ne « décore » pas un paysage : il instaure un monde (celui de la cité, des dieux, du sacré) et révèle la terre (la matière, le sol, la pesanteur). L'art est « mise en œuvre de la vérité » (Ins-Werk-Setzen der Wahrheit).

💡 Nietzsche : l'art et l'illusion vitale

Pour Nietzsche, l'art est supérieur à la vérité. La « vérité » nue — que la vie est absurde et cruelle — est insupportable. L'art nous offre de belles illusions qui rendent la vie vivable et digne d'être vécue. L'art est une affirmation joyeuse de l'existence face au nihilisme. C'est la thèse de la Naissance de la tragédie, avec l'opposition entre Apollon (forme, mesure, rêve) et Dionysos (ivresse, excès, musique).

✅ Merleau-Ponty : l'art rend visible l'invisible

Pour Merleau-Ponty, le peintre (par exemple Cézanne) ne reproduit pas ce qu'il voit : il rend visible ce que la perception ordinaire ne saisit pas. L'art révèle la chair du monde, la texture profonde de notre expérience perceptive.

SECTION 09

Art et morale : l'art doit-il être moral ?

📌 Deux positions opposées
1. L'art pour l'art (Théophile Gautier, Flaubert, Oscar Wilde)

L'art n'a aucune finalité extérieure à lui-même. Il ne doit pas servir la morale, la politique ou la religion. La seule valeur d'une œuvre est sa beauté formelle. Wilde résumait cette idée en affirmant qu'il n'y a ni livres moraux ni livres immoraux — il y a des livres bien ou mal écrits.

2. L'art a une responsabilité morale (Platon, Tolstoï)

L'art influence les âmes et les sociétés. Il a donc une responsabilité. Pour Platon, l'art corrompt s'il représente le vice. Pour Tolstoï, le vrai art est celui qui communique des sentiments moraux élevés et qui unit les hommes. Un art immoral est un faux art.

🎯 Position nuancée : Sartre

Sartre soutient que l'écrivain est toujours engagé, qu'il le veuille ou non. Écrire est un acte, et tout acte implique une responsabilité. Mais l'engagement ne signifie pas la propagande : une œuvre engagée reste une œuvre d'art, et c'est par sa qualité littéraire qu'elle agit sur le monde.

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Art et société : l'art engagé

📌 L'art comme arme politique

L'art engagé met la création au service d'une cause : dénonciation de l'injustice, résistance politique, prise de conscience sociale. Il pose une question fondamentale : l'art est-il plus efficace quand il est libre ou quand il est au service d'une idée ?

📝 Exemples classiques d'art engagé

Littérature : Hugo dénonce la misère sociale, Zola s'engage dans l'affaire Dreyfus, Camus explore l'absurde et la révolte.

Peinture : Picasso peint Guernica (1937) pour dénoncer le bombardement d'un village basque. L'œuvre ne « montre » pas la guerre — elle la fait ressentir par la déformation des formes.

Théâtre : Brecht crée le théâtre épique pour provoquer une distanciation critique chez le spectateur : au lieu de s'identifier émotionnellement, le public doit réfléchir et agir.

⚠️ Limites de l'art engagé :

L'art peut-il rester art s'il est au service d'une idéologie ? La propagande (art soviétique, art nazi) montre que la soumission totale au message politique détruit la liberté créatrice et donc l'art lui-même. L'art engagé le plus puissant est celui qui garde son ambiguïté et sa complexité — il questionne plus qu'il ne prêche.

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Tableau récapitulatif des thèses

Philosophe Thèse sur l'art Concepts clés
Platon L'art est imitation trompeuse, il éloigne de la vérité Mimesis, simulacre, Idées
Aristote L'art imite mais transforme et purifie les passions Mimesis, catharsis, vraisemblable
Kant Le beau plaît universellement sans concept, de manière désintéressée Jugement de goût, désintéressement, sublime, génie
Hegel L'art manifeste l'Esprit mais est dépassé par la philosophie Idée, art symbolique/classique/romantique, mort de l'art
Nietzsche L'art est une illusion vitale qui rend la vie vivable Apollon/Dionysos, volonté de puissance, affirmation
Heidegger L'art met la vérité en œuvre, ouvre un monde Dévoilement, monde/terre, vérité
Bergson L'art naît de l'intuition, il saisit la durée vivante Intuition, durée, perception directe
Merleau-Ponty L'art rend visible l'invisible de notre expérience perceptive Chair, perception, visible/invisible
Benjamin La reproductibilité détruit l'aura de l'œuvre Aura, reproduction, authenticité
Sartre L'écrivain est toujours engagé, l'écriture est un acte Engagement, responsabilité, liberté
Arendt L'œuvre d'art est l'objet le plus durable que l'homme produit Œuvre, durabilité, contemplation

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Sujets types et méthode

📌 Sujets fréquents sur l'art au bac

1. L'art peut-il se passer de règles ?

2. L'art nous détourne-t-il de la réalité ?

3. À quoi sert l'art ?

4. Le beau est-il affaire de goût ?

5. L'art doit-il être moral ?

6. L'artiste est-il maître de son œuvre ?

7. Peut-on expliquer une œuvre d'art ?

8. L'art imite-t-il la nature ?

📐 Plan type pour « L'art peut-il se passer de règles ? »

I. L'art semble reposer sur des règles — les beaux-arts classiques (harmonie, proportion, perspective), l'apprentissage technique nécessaire, les canons esthétiques.

II. Mais l'art véritable transgresse les règles — le génie kantien invente ses propres règles, l'art moderne brise les conventions (impressionnisme, cubisme, art abstrait), sans transgression il n'y a que de l'artisanat.

III. L'art crée de nouvelles règles — l'art ne se passe pas de règles, il les invente. Chaque grande œuvre fonde une nouvelle norme (synthèse Kant + Hegel).

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Exercices types bac

🧠 Quelle est la différence entre le beau et l'agréable selon Kant ?
L'agréable procure un plaisir des sens, subjectif et relatif (le chocolat me plaît). Le beau procure un plaisir désintéressé et prétend à l'universalité : quand je dis « c'est beau », je pense que tout le monde devrait être d'accord, sans pouvoir le prouver par concept.
🧠 Pourquoi Platon condamne-t-il les artistes dans la République ?
Parce que l'artiste produit une copie de copie : le monde sensible est déjà une imitation des Idées, et l'œuvre d'art imite ce monde sensible. L'artiste est donc trois fois éloigné de la vérité. De plus, l'art séduit par les émotions et détourne l'âme de la raison et du Bien.
🧠 Qu'est-ce que la catharsis chez Aristote ?
La catharsis est la purification des passions que produit la tragédie chez le spectateur. En éprouvant pitié et crainte face aux malheurs du héros, le spectateur se libère de ces émotions dans un cadre fictif et sûr. L'art a donc une fonction psychologique et morale positive.
🧠 Qu'entend Hegel par « la mort de l'art » ?
Hegel ne dit pas que l'art disparaît. Il affirme que l'art a perdu sa nécessité spirituelle suprême : il était le mode le plus élevé par lequel l'Esprit se manifestait, mais cette fonction est désormais mieux assurée par la religion puis par la philosophie. L'art continue d'exister mais n'est plus le sommet de la vie de l'Esprit.
🧠 Expliquez les quatre caractéristiques du génie selon Kant.
1. Originalité : le génie crée du neuf, il ne copie pas. 2. Exemplarité : ses œuvres servent de modèle sans être des recettes. 3. Inexplicabilité : il ne peut pas expliquer comment il crée (c'est un don de la nature). 4. Domaine : le génie concerne les beaux-arts, pas la science (Newton peut expliquer sa méthode, pas Mozart).
🧠 Dissertation express : « À quoi sert l'art ? » — Donnez un plan en 3 parties.
I. L'art ne sert à rien (thèse de l'art pour l'art) — Kant : plaisir désintéressé, l'art n'a pas de finalité pratique. Gautier : l'utilité tue la beauté.
II. L'art sert à révéler la vérité et à transformer — Heidegger : l'art dévoile un monde. Aristote : catharsis. Sartre : engagement.
III. L'art « sert » précisément parce qu'il est inutile — Son inutilité pratique est sa force : il libère l'homme de la logique utilitaire et lui ouvre un espace de liberté, de contemplation et de sens (Arendt : l'œuvre résiste au temps).

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Questions fréquentes

L'art en philo ?
Activité de création visant l'émotion esthétique. Questions : le beau, la vérité, la création, art vs technique, fonction de l'art.
Art vs technique ?
Technique = utilité, règles reproductibles. Art = beauté/sens, règles inventées, œuvre unique.
La mimesis ?
Imitation. Platon : copie de copie, trompeuse. Aristote : naturelle, utile, catharsis.
Le jugement esthétique (Kant) ?
Plaisir désintéressé, universel sans concept, finalité sans fin, nécessité subjective.
Le génie (Kant) ?
Talent naturel qui donne ses règles à l'art. Original, exemplaire, inexplicable, limité aux beaux-arts.
Mort de l'art (Hegel) ?
L'art perd sa nécessité spirituelle suprême au profit de la philosophie. Il ne disparaît pas mais n'est plus le sommet.
Art et vérité ?
Platon : éloigne. Heidegger : dévoile. Nietzsche : illusion vitale. Merleau-Ponty : rend visible l'invisible.
L'art pour l'art ?
L'art n'a d'autre finalité que la beauté. Ni morale, ni politique. Gautier, Flaubert, Wilde.
Philosophes à citer ?
Platon, Aristote, Kant, Hegel, Nietzsche, Heidegger. Compléments : Benjamin, Bergson, Merleau-Ponty, Sartre, Arendt.
Ça tombe au bac ?
Oui, notion récurrente. Sujets : fonction de l'art, jugement de goût, art/vérité, art/règles, art/morale.