Le Langage : Cours Complet

Philosophie Terminale — Signe, pensée, communication, Saussure, Wittgenstein, Austin, pouvoir des mots

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2026
Programme

SECTION 01

Introduction : qu'est-ce que le langage ?

📌 Définition et distinctions

Le langage est la faculté humaine de communiquer par un système de signes (sons, gestes, écritures). Il ne se réduit pas à la parole : le langage des signes, l'écriture, les symboles mathématiques sont aussi du langage.

Il faut distinguer trois niveaux :

Concept Définition Exemple
Le langage (faculté) Capacité universelle propre à l'espèce humaine de produire et comprendre des signes Tout être humain possède le langage
La langue (système) Système de signes partagé par une communauté, avec ses règles (grammaire, lexique) Le français, l'anglais, la LSF
La parole (acte) Usage individuel et concret de la langue par un locuteur dans une situation donnée Ce que je dis ici et maintenant
📐 Les grandes questions :

• Peut-on penser sans les mots ? La pensée précède-t-elle le langage ou en dépend-elle ?

• Le langage est-il un outil fidèle ou trahit-il la pensée ?

• Qu'est-ce qui distingue le langage humain de la communication animale ?

• Les mots peuvent-ils tout dire ? Y a-t-il de l'indicible ?

• Le langage est-il un simple instrument de communication ou un pouvoir ?

SECTION 02

Langage humain et communication animale

📌 Les animaux communiquent, mais parlent-ils ?

Les animaux échangent des signaux (la danse des abeilles, le chant des oiseaux, les cris d'alarme des singes). Mais cette communication diffère fondamentalement du langage humain.

Critère Communication animale Langage humain
Signes Signaux fixes, réponses à des stimuli Signes arbitraires et conventionnels
Combinatoire Code fermé : nombre limité de messages Code ouvert : nombre infini de phrases possibles
Créativité Pas de création de nouveaux messages Créativité illimitée (phrases jamais dites)
Référence Liée à la situation présente Peut parler du passé, du futur, de l'absent, du fictif
Réflexivité Impossible de communiquer sur la communication Le langage peut parler de lui-même (métalangage)
Apprentissage Inné ou par conditionnement Acquis par immersion dans une communauté linguistique
📘 Benveniste : l'abeille ne dialogue pas

Le linguiste Émile Benveniste montre que la danse des abeilles transmet une information (distance, direction, quantité de nectar) mais ne constitue pas un langage : il n'y a pas de réponse (l'abeille réceptrice ne « répond » pas par une autre danse), pas de dialogue, pas de créativité. Le langage humain est dialogique par essence : il suppose un interlocuteur qui répond.

🎯 Descartes : le langage est la marque de la pensée

Dans le Discours de la méthode, Descartes affirme que le langage est ce qui distingue l'homme de la machine et de l'animal. Même le plus « stupide » des hommes peut assembler des mots pour exprimer sa pensée, alors que le perroquet le plus habile ne fait que répéter sans comprendre. Le langage est le signe extérieur de la raison.

SECTION 03

Le signe linguistique : Saussure

📌 La linguistique structurale

Ferdinand de Saussure, dans le Cours de linguistique générale (1916), fonde la linguistique moderne. Le signe linguistique est composé de deux faces indissociables :

✅ Signifiant et signifié

Signifiant : l'image acoustique (les sons) ou visuelle (les lettres). Ex : les sons /a-ʁ-b-ʁ/ ou les lettres « arbre ».

Signifié : le concept associé (l'idée d'arbre, de végétal à tronc et branches).

Le signe n'est pas le lien entre un mot et une chose, mais entre une image sonore et un concept.

📐 L'arbitraire du signe

Le lien entre signifiant et signifié est arbitraire : il n'y a aucune raison naturelle pour que les sons « arbre » désignent un arbre. La preuve : les autres langues utilisent des sons différents (tree, Baum, árbol) pour le même concept. Le signe est une convention sociale, pas une imitation de la nature.

Conséquence capitale : la langue n'est pas une nomenclature (une liste de noms collés sur des choses). C'est un système de différences : chaque signe n'a de valeur que par opposition aux autres signes du système (« chat » n'est pas « chien », pas « rat »).

💡 Le Cratyle de Platon : le débat originel

Le problème de l'arbitraire remonte à Platon. Dans le Cratyle, deux thèses s'affrontent : Cratyle soutient que les noms sont naturels (le mot ressemble à la chose). Hermogène soutient qu'ils sont conventionnels (pure convention sociale). Socrate cherche une voie moyenne mais penche vers la convention. Saussure tranchera : le signe est arbitraire.

SECTION 04

Langage et pensée : le problème

📌 Peut-on penser sans les mots ?

C'est la question centrale de la notion au bac. Trois positions principales :

Position Thèse Philosophe
La pensée précède le langage On pense d'abord, on met en mots ensuite. Le langage est un outil (imparfait) d'expression Bergson
Pensée et langage sont inséparables Pas de pensée sans mots. Le langage n'habille pas la pensée : il la constitue Hegel, Saussure
Le langage façonne la pensée Chaque langue découpe le réel différemment et oriente la pensée Sapir-Whorf (hypothèse du relativisme linguistique)
⚠️ L'hypothèse Sapir-Whorf

Selon cette hypothèse, la langue que nous parlons influence notre façon de percevoir et de penser le monde. Les Inuits auraient de nombreux mots pour la neige (vision plus fine) ; certaines langues n'ont pas de mot pour « bleu » et semblent percevoir les couleurs différemment. Version forte : la langue détermine la pensée (critiquée). Version faible : la langue influence la pensée (plus acceptée).

SECTION 05

Hegel : la pensée n'existe que dans le mot

📌 Le mot donne l'existence à la pensée

Hegel s'oppose radicalement à l'idée que la pensée existerait avant le langage. Pour lui, « c'est dans les mots que nous pensons ». Vouloir penser sans les mots est une « tentative insensée » : la pensée pure, sans langage, n'est qu'un sentiment vague et confus.

✅ Le mot donne objectivité à la pensée

Tant qu'une idée n'est pas formulée en mots, elle reste subjective, floue, indéterminée. Le mot lui donne une existence objective : il la fixe, la précise, la rend communicable. Nommer, c'est déterminer. Ce que je ne peux pas dire, je ne le pense pas vraiment — je le sens confusément, c'est tout.

La pensée ne préexiste pas au langage comme un contenu dans un contenant : pensée et langage se co-constituent.

SECTION 06

Bergson : le langage trahit la pensée

📌 Le langage est un filet trop grossier

Bergson prend le contre-pied de Hegel. Pour lui, la pensée intime — la vie intérieure, les émotions, l'intuition — est continue, fluide, singulière. Le langage, lui, est discontinu, général, figé. Les mots découpent le flux de la conscience en catégories rigides.

🎯 Le mot tue la singularité

Dire « je suis triste » ne capture pas ma tristesse dans sa singularité irréductible. Le mot « tristesse » est un concept général qui recouvre des milliers d'expériences différentes. Le langage trahit le vécu en le réduisant à des étiquettes. Il y a toujours un écart entre ce que je vis et ce que je dis.

Bergson conclut que l'art (musique, peinture, littérature) peut parfois exprimer ce que le langage ordinaire ne peut pas dire — en contournant le concept par la suggestion et la métaphore.

📐 Bergson vs Hegel : le débat clé du bac

Hegel : la pensée n'existe que dans le mot. Sans langage, pas de pensée claire.

Bergson : la pensée vive déborde le langage. Les mots appauvrissent l'expérience.

Ce débat structure la plupart des dissertations sur le langage : le langage est-il condition ou obstacle de la pensée ?

SECTION 07

Merleau-Ponty : la parole créatrice

📌 La parole n'exprime pas la pensée, elle l'accomplit

Merleau-Ponty dépasse l'opposition Hegel/Bergson. Il distingue deux types de parole :

📘 Parole parlée et parole parlante

La parole parlée : le langage courant, les expressions toutes faites, les clichés. C'est le langage qui répète — il utilise des significations déjà établies.

La parole parlante : la parole créatrice, celle de l'écrivain, du philosophe, de quiconque dit quelque chose de nouveau. Cette parole ne « traduit » pas une pensée préexistante : elle fait naître la pensée en l'énonçant. En écrivant, je découvre ce que je pense — je ne le savais pas avant de l'écrire.

✅ La pensée se fait dans la parole

La parole parlante montre que le rapport pensée-langage n'est ni une antériorité de la pensée (Bergson) ni une simple identité (Hegel) : la pensée s'accomplit dans la parole. Le sens naît dans l'acte même de parler ou d'écrire. C'est un geste expressif, comme le geste du peintre crée le sens du tableau en le peignant.

SECTION 08

Wittgenstein : les jeux de langage

📌 La signification, c'est l'usage

Le « second » Wittgenstein (Recherches philosophiques, 1953) rompt avec l'idée que le langage est un miroir de la réalité. Il n'y a pas UN langage avec UNE fonction (représenter le monde) mais une multitude de jeux de langage : ordonner, questionner, raconter, plaisanter, prier, insulter, remercier…

📐 La signification d'un mot = son usage

Un mot n'a pas de signification fixe en soi : sa signification est son usage dans un contexte donné. Le mot « jeu » n'a pas une seule définition essentialiste : il recouvre les jeux de cartes, les jeux vidéo, les jeux de mots, les jeux olympiques — liés par des « ressemblances de famille », pas par une essence commune.

Conséquence philosophique majeure : beaucoup de problèmes philosophiques sont des confusions linguistiques — on croit chercher l'essence de « la justice » ou de « la beauté » alors qu'on est trompé par la grammaire.

💡 « Les limites de mon langage sont les limites de mon monde »

Cette formule du premier Wittgenstein (Tractatus, 1921) exprime l'idée que ce qui ne peut pas être dit ne peut pas être pensé. Ce qui échappe au langage échappe au monde : l'éthique, l'esthétique, le mystique sont indicibles. « Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. »

SECTION 09

Austin : quand dire, c'est faire

📌 Les actes de langage

J.L. Austin, dans Quand dire, c'est faire (1962), montre que parler n'est pas seulement décrire le monde (constater des faits) : c'est aussi agir sur le monde.

Type d'énoncé Fonction Exemple Critère
Constatif Décrit un état de fait « Il pleut » Vrai ou faux
Performatif Accomplit une action par le seul fait d'être prononcé « Je vous déclare mariés », « Je promets » Réussi ou échoué (pas vrai/faux)
✅ Le performatif : dire = faire

Quand le maire dit « je vous déclare unis par les liens du mariage », il ne décrit pas un mariage : il le réalise. Quand je dis « je promets », je ne décris pas une promesse : je la fais. Quand le juge dit « je vous condamne », la condamnation est effective par le seul acte de parole. Le langage n'est pas seulement un miroir du réel : il transforme le réel.

🎯 Conditions de réussite

Le performatif ne fonctionne que dans un cadre institutionnel approprié. Si un passant dit « je vous déclare mariés », rien ne se passe — il n'a pas l'autorité. Le langage n'agit que dans un réseau de conventions sociales et de rapports de pouvoir. Le pouvoir des mots n'est pas dans les mots eux-mêmes mais dans les institutions qui les soutiennent.

SECTION 10

Le pouvoir du langage

📌 Les mots ne sont pas innocents

Le langage n'est pas un instrument neutre : il exerce un pouvoir sur ceux qui l'utilisent et sur ceux qui l'entendent.

📘 La rhétorique : persuader plutôt que convaincre

La rhétorique est l'art de persuader par le discours. Platon la critique violemment dans le Gorgias : les sophistes manipulent les foules par des discours séduisants sans se soucier de la vérité. Aristote réhabilite partiellement la rhétorique dans sa Rhétorique : c'est un outil qui peut servir le vrai comme le faux — l'important est de l'utiliser au service de la vérité.

⚠️ Orwell : la langue comme instrument de domination

Dans 1984, Orwell imagine la novlangue (Newspeak) : une langue volontairement appauvrie par le pouvoir totalitaire pour rendre la pensée critique impossible. Si le mot « liberté » n'existe plus, peut-on encore penser la liberté ? La novlangue illustre l'idée que contrôler le langage, c'est contrôler la pensée.

🎯 Bourdieu : le langage comme capital symbolique

Le sociologue Pierre Bourdieu montre que le langage est un marqueur social. Parler un français « soutenu » confère une autorité et un prestige que le parler populaire n'a pas. Le pouvoir des mots n'est pas intrinsèque : il dépend de la position sociale de celui qui parle. Le langage reproduit et renforce les inégalités sociales.

SECTION 11

Langage, vérité et mensonge

📌 Le langage sert-il la vérité ou le mensonge ?

Le langage peut dire le vrai et mentir — c'est même une de ses propriétés distinctives. L'animal ne ment pas (il peut tromper par instinct, mais pas intentionnellement par le langage).

📐 Heidegger : le langage est « la maison de l'être »

Pour Heidegger, le langage n'est pas un outil fabriqué par l'homme : c'est l'homme qui habite le langage. « Le langage est la maison de l'être. » C'est dans le langage que l'être se dévoile (vérité = alètheia, « dé-voilement »). Le poète, par sa parole, ouvre un accès à l'être que le langage technique et utilitaire ferme. La poésie est le langage le plus authentique.

💡 Nietzsche : tout langage est métaphore

Dans Vérité et mensonge au sens extra-moral, Nietzsche affirme que le langage est un tissu de métaphores usées que nous avons oublié être des métaphores. Les concepts « vérité », « cause », « substance » ne sont pas des reflets du réel : ce sont des conventions sociales cristallisées. Le langage ne dit pas le vrai — il crée des fictions que nous prenons pour des vérités.

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Tableau récapitulatif des thèses

Philosophe Thèse sur le langage Concepts clés
Platon Débat sur l'arbitraire vs la naturalité des noms (Cratyle) Convention, nature, nom, Idée
Descartes Le langage est la marque de la pensée rationnelle Raison, machine, animal
Saussure Le signe est arbitraire ; la langue est un système de différences Signifiant/signifié, arbitraire, valeur
Hegel La pensée n'existe que dans le mot ; pas de pensée sans langage Mot, objectivité, détermination
Bergson Le langage trahit la pensée en la figeant en concepts généraux Durée, intuition, singularité, art
Merleau-Ponty La parole parlante crée la pensée en l'énonçant Parole parlée/parlante, geste, expression
Wittgenstein La signification d'un mot est son usage ; jeux de langage Jeux de langage, usage, ressemblances de famille
Austin Dire, c'est faire : le langage accomplit des actions (performatif) Constatif/performatif, actes de langage
Heidegger Le langage est la maison de l'être ; la poésie dévoile le vrai Alètheia, habiter, être, poésie
Nietzsche Le langage est un tissu de métaphores usées Métaphore, convention, fiction
Bourdieu Le langage est un capital symbolique lié au pouvoir social Capital symbolique, domination, violence symbolique

SECTION 13

Exercices types bac

🧠 Qu'est-ce que l'arbitraire du signe chez Saussure ?
Le signe linguistique unit un signifiant (image sonore) et un signifié (concept). Ce lien est arbitraire : aucune raison naturelle ne lie les sons « arbre » à l'idée d'arbre (preuve : les autres langues disent autrement). Le signe est une convention sociale. La langue n'est pas une nomenclature mais un système de différences : chaque signe vaut par opposition aux autres.
🧠 Pourquoi Bergson dit-il que le langage trahit la pensée ?
Pour Bergson, la vie intérieure est continue, fluide, singulière. Le langage est discontinu, général, figé. Les mots sont des concepts généraux (« tristesse ») qui ne capturent pas la singularité irréductible de mon expérience. Le langage trahit la pensée en la réduisant à des étiquettes. L'art (musique, littérature) peut parfois exprimer ce que le langage ordinaire ne peut pas dire.
🧠 Qu'est-ce qu'un performatif chez Austin ?
Un énoncé performatif accomplit une action par le seul fait d'être prononcé. « Je promets » fait la promesse, « je vous déclare mariés » réalise le mariage. Contrairement au constatif (vrai ou faux), le performatif est réussi ou échoué. Il ne fonctionne que dans un cadre institutionnel approprié : l'autorité du locuteur et le contexte sont essentiels.
🧠 Expliquez l'opposition entre Hegel et Bergson sur le rapport langage-pensée.
Hegel : pensée et langage sont inséparables. Le mot donne existence et objectivité à la pensée. Penser sans les mots est impossible — une « tentative insensée ». Bergson : la pensée vive précède le langage et le déborde. Le mot fige l'intuition, appauvrit la singularité du vécu. Le langage est un outil imparfait. Ce débat structure les dissertations : le langage est-il condition ou obstacle de la pensée ?
🧠 Qu'est-ce qui distingue le langage humain de la communication animale ?
Le langage humain possède 5 propriétés absentes de la communication animale : 1) Arbitraire du signe (conventionnel). 2) Double articulation et combinatoire ouverte (nombre infini de phrases). 3) Créativité (phrases jamais dites). 4) Déplacement (parler du passé, du futur, de l'absent). 5) Réflexivité (le langage parle de lui-même). L'animal communique mais ne dialogue pas (Benveniste).
🧠 Dissertation express : « Le langage est-il un obstacle à la pensée ? » — Plan en 3 parties.
I. Le langage est la condition de la pensée — Hegel : la pensée n'existe que dans le mot. Saussure : la langue structure notre découpage du réel. Sans langage, la pensée serait un « nuage vague ».
II. Le langage peut trahir et appauvrir la pensée — Bergson : les mots figent la durée et généralisent le singulier. Nietzsche : le langage impose des fictions (métaphores usées). Orwell : la novlangue supprime la pensée critique.
III. Le langage peut être dépassé et renouvelé — Merleau-Ponty : la parole parlante crée du sens nouveau. L'art et la littérature repoussent les limites du dicible. Le langage n'est pas un obstacle quand il est inventif — il devient obstacle quand il se fige en clichés et en formules mortes.

SECTION 14

Questions fréquentes

Le langage en philo ?
Faculté humaine de communiquer par signes. Langue (système) ≠ parole (acte individuel).
Arbitraire du signe ?
Saussure : lien signifiant/signifié conventionnel, pas naturel. Preuve : les langues diffèrent.
Penser sans les mots ?
Hegel : non. Bergson : oui. Merleau-Ponty : la pensée s'accomplit dans la parole créatrice.
Performatif ?
Austin : dire = faire. « Je promets » fait la promesse. Réussi/échoué, pas vrai/faux.
Humain vs animal ?
Arbitraire, combinatoire infinie, créativité, réflexivité, déplacement. L'animal communique sans dialoguer.
Bergson : trahison ?
Mots généraux et figés vs pensée singulière et fluide. Le langage appauvrit l'expérience.
Jeux de langage ?
Wittgenstein : multitude d'usages. La signification = l'usage. Pas d'essence unique du langage.
Novlangue ?
Orwell (1984) : langue appauvrie pour empêcher la pensée critique. Contrôler les mots = contrôler la pensée.
Parole parlante ?
Merleau-Ponty : parole créatrice qui fait naître la pensée. ≠ parole parlée (clichés).
Ça tombe au bac ?
Oui. Langage/pensée, trahison, pouvoir des mots, peut-on tout dire.