La Justice : Cours Complet

Philosophie Terminale — Droit naturel, droit positif, légalité et légitimité, équité, Rawls, justice distributive

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2026
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SECTION 01

Introduction : qu'est-ce que la justice ?

📌 Définition et double sens

Le mot « justice » a un double sens fondamental :

1. La justice comme vertu : qualité morale de l'individu juste, qui respecte le droit d'autrui et agit avec équité.

2. La justice comme institution : l'appareil judiciaire (tribunaux, lois, sanctions) qui organise la vie en société.

La question philosophique est : ces deux sens coïncident-ils ? La justice institutionnelle est-elle toujours juste moralement ? Et inversement, la justice morale peut-elle exister sans institutions ?

📐 Les grandes questions :

• Suffit-il d'obéir aux lois pour être juste ?

• Existe-t-il une justice naturelle, antérieure aux lois humaines ?

• La justice est-elle l'égalité ou l'équité (traiter différemment selon les cas) ?

• La force peut-elle fonder le droit ?

• La justice est-elle possible sans État ?

SECTION 02

Platon : la justice comme harmonie

📌 La justice dans la République

Platon construit dans la République une analogie entre la cité et l'âme. La justice n'est pas d'abord une affaire de lois ou de droits : c'est un ordre harmonieux où chaque partie remplit sa fonction propre.

Partie de l'âme Classe de la cité Vertu correspondante Fonction
Raison (logistikon) Philosophes-rois Sagesse Gouverner, connaître le Bien
Cœur (thumos) Gardiens-guerriers Courage Défendre, protéger
Désir (epithumia) Artisans-producteurs Tempérance Produire, satisfaire les besoins
✅ La justice est l'harmonie de l'ensemble

La justice consiste en ce que chaque partie fasse ce qui lui revient et n'empiète pas sur les autres. L'âme est juste quand la raison gouverne le cœur et les désirs. La cité est juste quand les philosophes gouvernent, les guerriers défendent et les artisans produisent. L'injustice naît du désordre — quand une partie usurpe la fonction d'une autre (les désirs prennent le pouvoir, le cœur gouverne par la force).

⚠️ Limite de Platon

Cette conception est hiérarchique et anti-démocratique : Platon pense que seuls les philosophes savent ce qu'est le Bien, et que le peuple doit obéir. La justice platonicienne repose sur une inégalité de nature entre les hommes — ce que les modernes contestent.

SECTION 03

Aristote : justice distributive et corrective

📌 La justice comme « rendre à chacun ce qui lui est dû »

Aristote, dans l'Éthique à Nicomaque (livre V), donne l'analyse la plus influente de la justice. La justice est la vertu qui consiste à respecter le droit d'autrui. Elle prend deux formes principales :

Type Principe Domaine Exemple
Justice distributive Proportionnalité géométrique : à chacun selon son mérite Répartition des biens, des honneurs, des charges Un médecin gagne plus qu'un débutant car sa compétence est supérieure
Justice corrective (commutative) Égalité arithmétique : rétablir l'équilibre rompu Transactions, réparations, sanctions Le voleur rend ce qu'il a pris ; le contrat est respecté
📘 L'équité (epieikeia)

Aristote ajoute un concept essentiel : l'équité. La loi est générale, mais les cas sont particuliers. Appliquer la loi à la lettre peut produire des injustices. L'équité est la correction de la loi quand celle-ci, par sa généralité, s'avère inadaptée à un cas singulier. L'homme équitable est supérieur au simple légaliste : il sait adapter la règle au cas concret.

📐 Distinction clé pour le bac :

Égalité = traiter tout le monde de la même façon (même part pour tous).

Équité = traiter différemment les situations différentes (donner plus à celui qui a davantage besoin ou qui mérite davantage).

La justice n'est pas toujours l'égalité stricte — elle peut exiger des différences de traitement pour être véritablement juste.

SECTION 04

Droit naturel et droit positif

📌 Existe-t-il un droit antérieur aux lois humaines ?

C'est l'une des distinctions les plus fondamentales de la philosophie du droit.

Critère Droit naturel Droit positif
Source La nature humaine, la raison, Dieu Le législateur, la convention, l'État
Universalité Universel, valable partout et toujours Particulier, varie selon les sociétés
Fondement La justice en soi (idéal moral) La volonté du souverain ou du peuple
Exemple Le droit à la vie, la dignité humaine Le Code civil, le Code pénal, la Constitution
Problème Qui définit la « nature » ? Risque d'absolutisme La loi peut être injuste (esclavage légal)
🎯 Antigone : le conflit entre les deux droits

Sophocle met en scène le conflit le plus pur entre droit naturel et droit positif. Antigone invoque les lois non écrites des dieux (droit naturel) pour enterrer son frère, contre l'édit de Créon (droit positif). Ce conflit n'a pas de solution simple : les deux « droits » ont leur légitimité.

💡 Le positivisme juridique (Kelsen)

Kelsen refuse l'idée de droit naturel : le droit est ce que l'État pose (ius positivum). Il n'y a pas de justice « en soi » extérieure au droit. Le juriste n'a pas à juger si la loi est moralement juste — seulement si elle est valide (adoptée selon les procédures correctes). Cette position a l'avantage de la rigueur mais le risque de légitimer toute loi, même tyrannique.

SECTION 05

Légalité et légitimité

📌 Ce qui est légal est-il toujours légitime ?

La distinction entre légalité (conformité à la loi en vigueur) et légitimité (conformité à un idéal de justice) est cruciale.

Situation Légal ? Légitime ?
L'esclavage aux États-Unis avant 1865 ✅ Oui (loi positive) ❌ Non (injuste moralement)
Cacher un persécuté sous le régime nazi ❌ Non (violation de la loi) ✅ Oui (devoir moral)
Payer ses impôts dans un État démocratique ✅ Oui ✅ Oui (contribution au bien commun)
Lois ségrégationnistes (apartheid) ✅ Oui (loi en vigueur) ❌ Non (discrimination injuste)
📘 Conséquence : le droit de résistance

Si la légalité ne garantit pas la légitimité, alors le citoyen peut avoir le droit moral — voire le devoir — de résister à une loi injuste. C'est le fondement philosophique de la désobéissance civile (voir section 11).

SECTION 06

Pascal : justice et force

📌 La justice sans force est impuissante

Pascal, dans les Pensées, pose un diagnostic lucide et désenchanté sur le rapport entre justice et force :

« La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. […] Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. »

⚠️ La thèse pessimiste

Pascal observe que les hommes n'arrivent pas à s'accorder sur ce qui est juste (le juste varie selon les pays, les époques, les coutumes). En revanche, la force est reconnaissable par tous. Faute de pouvoir fonder le droit sur la justice (trop contestée), les sociétés fondent le droit sur la force — et habillent la force des habits de la justice. Le droit positif est souvent la loi du plus fort déguisée en légitimité.

🎯 Thrasymaque et Calliclès : la justice est l'intérêt du plus fort

Avant Pascal, les sophistes grecs avançaient la même idée. Thrasymaque (dans la République de Platon) affirme que la justice est ce qui sert les intérêts du plus fort : chaque régime définit comme « juste » ce qui l'avantage. Calliclès (dans le Gorgias) va plus loin : la vraie justice naturelle est le droit du plus fort ; les lois ne sont que l'arme des faibles pour museler les forts.

✅ Réponse de Rousseau

Rousseau répond que la force ne fait pas le droit : « Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir. » La force contraint, elle n'oblige pas moralement. Un peuple soumis par la violence n'est pas un peuple qui consent. Le droit légitime suppose le consentement, non la force.

SECTION 07

Le contrat social et la justice

📌 Fonder la justice sur l'accord des volontés

Les théories du contrat social tentent de fonder la justice politique sur un accord volontaire entre individus libres et égaux, sortant de l'état de nature pour former une société organisée.

Philosophe État de nature Motif du contrat Type d'État
Hobbes Guerre de tous contre tous (l'homme est un loup pour l'homme) Sécurité : échapper à la mort violente État absolu (Léviathan) — les individus cèdent tous leurs droits
Locke Liberté et égalité, mais insécurité des droits naturels Protection des droits (vie, liberté, propriété) État libéral limité — le peuple garde un droit de résistance
Rousseau Bonté naturelle, corruption par la société Retrouver la liberté sous la loi commune République démocratique — la volonté générale est souveraine
📐 Rousseau : la volonté générale

La justice politique naît de la volonté générale — non pas la somme des volontés particulières, mais ce que les citoyens veulent comme intérêt commun. La loi juste est celle qui exprime la volonté générale. Obéir à cette loi, c'est obéir à soi-même, donc être libre (« l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »).

SECTION 08

Rawls : la justice comme équité

📌 La Théorie de la justice (1971)

John Rawls propose l'une des théories de la justice les plus influentes du XXe siècle. Il cherche les principes de justice que des individus rationnels et impartiaux choisiraient pour organiser leur société.

📘 Le voile d'ignorance

Rawls imagine une position originelle : les individus choisissent les principes de justice derrière un voile d'ignorance — ils ne savent rien de leur position sociale, de leurs talents, de leur sexe, de leur fortune. Privés de cette information, ils ne peuvent pas favoriser leur propre situation. Ils choisiront donc des principes impartiaux.

✅ Les deux principes de justice

1. Principe de liberté égale : chaque personne a droit au système le plus étendu de libertés fondamentales égales (liberté d'expression, de conscience, de vote, etc.).

2. Principe de différence : les inégalités sociales et économiques ne sont acceptables que si elles profitent aux membres les plus désavantagés de la société.

Le premier principe a priorité sur le second : on ne sacrifie pas les libertés fondamentales pour l'efficacité économique.

🎯 Le maximin

Derrière le voile d'ignorance, les individus raisonnent selon le principe du maximin : maximiser la situation du minimum (du plus mal loti). Puisque je pourrais être le plus défavorisé, je choisis les règles qui protègent le mieux cette position. C'est un raisonnement de prudence rationnelle face à l'incertitude.

💡 Critique libertarienne : Nozick

Robert Nozick, dans Anarchie, État et Utopie (1974), s'oppose à Rawls. La justice ne concerne pas la répartition des biens (justice distributive) mais la légitimité des transferts. Un bien est justement possédé s'il a été acquis ou transféré de manière légitime (achat, don, héritage). L'État n'a pas à redistribuer — ce serait violer le droit de propriété. L'État minimal (police, justice, défense) est le seul État juste.

SECTION 09

Justice et égalité

📌 Quelle égalité la justice exige-t-elle ?

L'égalité est au cœur de l'idéal de justice, mais il existe plusieurs conceptions de l'égalité, souvent en tension :

Type d'égalité Principe Exemple Philosophe
Égalité formelle (juridique) Mêmes droits pour tous devant la loi Droit de vote universel, non-discrimination Déclaration des droits de l'homme
Égalité des chances Même point de départ, résultat selon le mérite École publique gratuite, concours ouverts Rawls (égalité équitable des chances)
Égalité des résultats Réduire les écarts réels de richesse/conditions Redistribution fiscale, minima sociaux Marx, socialisme
Équité Traiter différemment les situations différentes Discrimination positive, bourses sur critères sociaux Aristote, Rawls (principe de différence)
⚠️ Le paradoxe de l'égalité

L'égalité formelle peut masquer des inégalités réelles. Anatole France ironisait sur « la majestueuse égalité des lois, qui interdit au riche comme au pauvre de coucher sous les ponts ». L'égalité juridique sans égalité réelle est une abstraction creuse. Mais l'égalité des résultats peut étouffer la liberté et l'initiative. Trouver le bon équilibre entre égalité et liberté est l'enjeu central de la justice sociale.

SECTION 10

Vengeance, peine et justice

📌 La justice se distingue de la vengeance

La vengeance est une réaction privée, passionnelle, disproportionnée et sans fin (la spirale vindicative). La justice pénale est publique, rationnelle, proportionnée et finale (elle met un terme au conflit).

Critère Vengeance Justice pénale
Auteur La victime ou son clan L'État, un tiers impartial
Mobile Passion, ressentiment Application rationnelle de la loi
Mesure Disproportionnée, escalade Proportionnelle au délit
Finalité Satisfaction personnelle Rétablir l'ordre, protéger la société
📘 Hegel : la peine restaure le droit

Pour Hegel, la peine n'est pas une vengeance mais la négation de la négation du droit. Le crime nie le droit ; la peine nie le crime et rétablit le droit. Punir le criminel, c'est le respecter comme être rationnel responsable de ses actes — c'est lui reconnaître sa dignité de sujet libre.

🎯 Les théories de la peine

Rétributivisme (Kant, Hegel) : la peine est méritée, proportionnelle à la faute. Le criminel « doit » être puni.

Utilitarisme (Bentham) : la peine est justifiée par ses conséquences — dissuasion, protection de la société, réhabilitation.

Abolitionnisme (Foucault) : le système pénal reproduit les rapports de pouvoir. La prison ne réhabilite pas, elle fabrique des délinquants.

SECTION 11

Désobéissance et loi injuste

📌 Suffit-il d'obéir aux lois pour être juste ?

C'est l'un des sujets classiques du bac. La réponse est non — précisément parce que la légalité ne garantit pas la légitimité (section 5).

✅ Les conditions de la désobéissance civile

La désobéissance civile se distingue de la simple délinquance par plusieurs caractères :

1. Elle est publique (pas clandestine) — le désobéissant agit au grand jour.

2. Elle est non violente — elle ne s'attaque pas aux personnes.

3. Elle est motivée par la conscience morale — elle invoque un principe de justice supérieur à la loi.

4. Le désobéissant accepte la sanction — il montre par là qu'il respecte l'idée de loi tout en contestant cette loi particulière.

📐 Thoreau, Gandhi, Martin Luther King

Thoreau (1849) refuse de payer l'impôt qui finance l'esclavage et la guerre du Mexique. Gandhi organise la marche du sel pour contester le monopole colonial britannique. Martin Luther King pratique le sit-in et la marche pacifique contre la ségrégation raciale. Tous trois montrent que la justice exige parfois la transgression de la loi positive au nom d'une loi morale plus haute.

SECTION 12

Tableau récapitulatif des thèses

Philosophe Thèse sur la justice Concepts clés
Platon La justice est l'harmonie de l'âme et de la cité Raison/cœur/désir, philosophes-rois
Aristote Justice distributive (selon le mérite) et corrective (rétablir l'équilibre) Proportionnalité, équité, juste milieu
Pascal La justice sans la force est impuissante ; la force se déguise en justice Force/justice, coutume, relativisme
Hobbes La justice naît du contrat ; avant l'État, pas de justice État de nature, Léviathan, sécurité
Locke La justice protège les droits naturels (vie, liberté, propriété) Droits naturels, consentement, résistance
Rousseau La justice naît de la volonté générale dans le contrat social Volonté générale, liberté civile
Rawls La justice comme équité : liberté égale + principe de différence Voile d'ignorance, maximin, position originelle
Nozick La justice concerne la légitimité des transferts, pas la répartition État minimal, droit de propriété
Hegel La peine restaure le droit en niant la négation du crime Négation de la négation, dignité
Kelsen Le droit est ce que l'État pose ; pas de droit naturel Positivisme juridique, validité
Thoreau Le citoyen a le devoir de désobéir aux lois injustes Désobéissance civile, conscience

SECTION 13

Exercices types bac

🧠 Quelle est la différence entre justice distributive et justice corrective chez Aristote ?
La justice distributive répartit les biens et les honneurs selon le mérite (proportionnalité géométrique) : celui qui contribue plus reçoit plus. La justice corrective rétablit l'équilibre rompu par une transaction injuste ou un délit (égalité arithmétique) : le voleur rend ce qu'il a pris. La première concerne la répartition, la seconde la réparation.
🧠 Expliquez le voile d'ignorance de Rawls.
Le voile d'ignorance est un dispositif théorique : les individus choisissent les principes de justice sans savoir quelle position ils occuperont dans la société (riche/pauvre, talentueux/ordinaire, homme/femme). Privés de cette information, ils ne peuvent pas favoriser leur groupe et choisissent des principes impartiaux : liberté égale pour tous et inégalités seulement si elles profitent aux plus défavorisés (principe de différence).
🧠 Pourquoi Pascal dit-il que « ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste » ?
Pascal observe que les hommes ne s'accordent pas sur la justice (elle varie selon les coutumes). En revanche, la force est incontestable. Faute de pouvoir imposer la justice, les sociétés ont imposé la force puis l'ont déguisée en justice. Le droit positif est souvent l'expression de la puissance, pas de la justice authentique. C'est un constat pessimiste sur la condition humaine.
🧠 En quoi l'équité diffère-t-elle de l'égalité ?
L'égalité traite tous les individus de la même façon. L'équité (Aristote) adapte la règle au cas particulier : traiter différemment les situations différentes pour être véritablement juste. Donner la même quantité de nourriture à un bébé et à un adulte est « égal » mais injuste. L'équité corrige la rigidité de la loi générale en tenant compte des circonstances.
🧠 Suffit-il d'obéir aux lois pour être juste ?
Non. La légalité (conformité au droit positif) ne garantit pas la légitimité (conformité à la justice morale). L'esclavage était légal ; les lois ségrégationnistes étaient légales. Antigone, Thoreau et Luther King montrent que la justice peut exiger la transgression de lois injustes. Inversement, un acte illégal (cacher un persécuté) peut être moralement juste. La justice dépasse le droit positif.
🧠 Dissertation express : « La justice est-elle l'égalité ? » — Plan en 3 parties.
I. Oui, la justice exige l'égalité — Égalité formelle devant la loi (droits de l'homme). Rousseau : tous les citoyens sont égaux dans le contrat social. Sans égalité de droits, pas de justice possible.
II. Non, l'égalité stricte peut être injuste — Aristote : la justice distributive est proportionnelle au mérite. Donner le même salaire au débutant et à l'expert est « égal » mais injuste. L'équité corrige l'égalité mécanique.
III. La justice est une égalité complexe qui intègre les différences — Rawls : le principe de différence tolère les inégalités si elles profitent aux plus désavantagés. La justice n'est ni l'égalité absolue ni l'inégalité brute, mais un équilibre dynamique entre égalité des droits et prise en compte des situations réelles.

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Questions fréquentes

La justice en philo ?
Double sens : vertu morale (équité) et institution (tribunaux, lois). La loi est-elle toujours juste ?
Droit naturel vs droit positif ?
Naturel : universel, fondé sur la raison. Positif : posé par l'État, variable. Conflit = Antigone.
Justice distributive ?
Aristote : répartir selon le mérite (proportionnalité). Corrective : rétablir l'équilibre après un tort.
Voile d'ignorance ?
Rawls : choisir les principes sans connaître sa position → impartialité → liberté égale + principe de différence.
Égalité vs équité ?
Égalité : même traitement. Équité : adapter aux situations. L'équité corrige la rigidité de la loi.
La force fonde-t-elle le droit ?
Pascal : oui (en pratique). Rousseau : non (la force contraint, elle n'oblige pas moralement).
Obéir aux lois suffit ?
Non. Légalité ≠ légitimité. Des lois peuvent être injustes. La justice morale peut exiger la désobéissance.
Désobéissance civile ?
Publique, non violente, morale, accepte la sanction. Thoreau, Gandhi, Luther King.
Vengeance vs justice ?
Vengeance : privée, passionnelle, sans fin. Justice pénale : publique, rationnelle, proportionnelle.
Ça tombe au bac ?
Oui, notion récurrente. Légalité/légitimité, égalité/équité, droit naturel/positif, désobéissance civile.