Corps Humain et Effort Physique : Cours Complet

Seconde & Première spécialité SVT — Métabolisme énergétique, système cardiovasculaire, muscles, régulation de la glycémie

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2026
Programme

SECTION 01

Les besoins des cellules musculaires

📌 Pendant l'effort

Les cellules musculaires ont besoin de nutriments (glucose principalement) et de dioxygène (O₂) pour produire de l'énergie. En retour, elles rejettent du CO₂ et de la chaleur.

Pendant l'effort, les besoins augmentent :
Consommation d'O₂ : ×10 à ×20
Consommation de glucose : ×5 à ×10
Débit sanguin musculaire : ×20 à ×25
🏃 L'organisme doit s'adapter : augmenter l'apport en O₂ et nutriments aux muscles, évacuer le CO₂ et la chaleur. Cela implique le système cardiovasculaire (cœur, vaisseaux) et le système respiratoire (poumons).

SECTION 02

L'ATP : monnaie énergétique

📌 L'adénosine triphosphate

L'ATP (adénosine triphosphate) est la molécule universelle de transfert d'énergie dans la cellule. Son hydrolyse libère de l'énergie utilisable pour le travail cellulaire.

ATP → ADP + Pi + Énergie (≈ 30,5 kJ/mol)

L'ATP est régénéré en permanence :
ADP + Pi + Énergie (respiration ou fermentation) → ATP

📘 Le stock d'ATP est très faible (~5 mmol dans le corps, soit ~2-3 secondes d'effort intense). L'ATP doit être régénéré en continu à partir du glucose (ou des lipides) par la respiration cellulaire ou la fermentation.
Voie de régénération Substrat Rendement ATP Vitesse Durée
Phosphocréatine Créatine-P 1 ATP (très rapide) Très rapide ~10 secondes
Fermentation lactique Glucose 2 ATP/glucose Rapide ~30 sec – 2 min
Respiration cellulaire Glucose (+ O₂) 36-38 ATP/glucose Lente Illimitée (tant qu'il y a O₂)

SECTION 03

Respiration cellulaire

📌 Équation bilan
C₆H₁₂O₆ + 6 O₂ → 6 CO₂ + 6 H₂O + 36-38 ATP

La respiration cellulaire se déroule dans les mitochondries et comprend 3 étapes :

Étape Lieu Substrat Produit ATP
1. Glycolyse Cytoplasme (hyaloplasme) Glucose (6C) 2 pyruvates (3C) + 2 NADH 2 ATP
2. Cycle de Krebs Matrice mitochondriale Acétyl-CoA (2C) CO₂ + NADH + FADH₂ 2 ATP
3. Chaîne respiratoire Membrane interne mitochondrie NADH, FADH₂ + O₂ H₂O + gradient H⁺ 32-34 ATP
🎯 L'O₂ est l'accepteur final des électrons dans la chaîne respiratoire. Sans O₂, cette étape s'arrête, et la cellule bascule vers la fermentation (beaucoup moins rentable). C'est pourquoi l'apport d'O₂ est crucial pendant l'effort.

SECTION 04

Fermentation

📌 Fermentation lactique

Quand l'apport en O₂ est insuffisant (effort intense), la cellule musculaire utilise la fermentation lactique : le pyruvate est transformé en acide lactique (lactate) dans le cytoplasme.

Glucose → 2 Pyruvates → 2 Lactates
Bilan : 2 ATP par glucose (anaérobie, pas de mitochondrie)
Critère Respiration cellulaire Fermentation lactique
O₂ nécessaire Oui (aérobie) Non (anaérobie)
Lieu Cytoplasme + mitochondries Cytoplasme uniquement
Rendement 36-38 ATP/glucose 2 ATP/glucose
Produits CO₂ + H₂O Lactate
Durée possible Illimitée (aérobie) Courte (accumulation lactate → fatigue)
💡 Fermentation alcoolique : Chez les levures, le pyruvate → éthanol + CO₂ (2 ATP). Utilisée en boulangerie (CO₂ fait lever la pâte) et en vinification (éthanol). Les cellules humaines ne font PAS de fermentation alcoolique.

SECTION 05

Le système cardiovasculaire

📌 Rôle

Le système cardiovasculaire (cœur + vaisseaux + sang) transporte l'O₂ et les nutriments vers les cellules et évacue le CO₂ et les déchets. C'est la double circulation :

Circulation pulmonaire (petite) :
Cœur droit → Poumons (échanges gazeux : CO₂↓, O₂↑) → Cœur gauche

Circulation systémique (grande) :
Cœur gauche → Organes (apport O₂/nutriments, retrait CO₂) → Cœur droit

Structure Fonction
Artères Transportent le sang du cœur vers les organes (paroi épaisse, élastique)
Veines Ramènent le sang des organes vers le cœur (paroi fine, valvules anti-retour)
Capillaires Échanges entre le sang et les cellules (paroi très fine, 1 cellule d'épaisseur)
📌 Le cœur

4 cavités : 2 oreillettes (réception du sang) + 2 ventricules (éjection). Le cœur gauche (sang oxygéné) est plus musclé que le droit. Fréquence au repos : ~60-80 bpm. Volume d'éjection systolique : ~70 mL.

Débit cardiaque = FC × VES
Repos : 70 bpm × 70 mL = ~5 L/min
Effort max : 180 bpm × 140 mL = ~25 L/min (×5)

SECTION 06

Adaptations à l'effort

Paramètre Repos Effort intense Mécanisme
Fréquence cardiaque ~70 bpm ~180 bpm Stimulation nerveuse sympathique, adrénaline
Volume d'éjection ~70 mL ~140 mL Retour veineux accru, contractilité ↑
Débit cardiaque ~5 L/min ~25 L/min FC × VES
Fréquence respiratoire ~15/min ~40-50/min Centres respiratoires stimulés par CO₂ et pH
Volume courant ~0,5 L ~2-3 L Muscles respiratoires plus actifs
Débit ventilatoire ~7,5 L/min ~100-150 L/min FR × VC
Redistribution sanguine Répartie ~80% vers les muscles Vasodilatation musculaire, vasoconstriction digestive
🏃 VO₂max : La consommation maximale d'oxygène. C'est le meilleur indicateur de la capacité aérobie. Valeurs typiques : 35-45 mL/kg/min (sédentaire), 70-85 mL/kg/min (athlète d'endurance). L'entraînement augmente la VO₂max (cœur plus gros, plus de capillaires, plus de mitochondries).

SECTION 07

Le muscle squelettique

📌 Structure

Le muscle squelettique est constitué de fibres musculaires (cellules plurinucléées géantes). Chaque fibre contient des myofibrilles formées de filaments d'actine (fin) et de myosine (épais), organisés en sarcomères (unité contractile).

Muscle → Faisceaux → Fibres musculaires → Myofibrilles → Sarcomères
Sarcomère : actine + myosine entre deux lignes Z
📌 Mécanisme de la contraction

1. Le signal nerveux (nerf moteur) arrive à la jonction neuromusculaire.

2. Libération d'acétylcholine → dépolarisation de la fibre → libération de Ca²⁺.

3. Le Ca²⁺ permet la fixation des têtes de myosine sur l'actine.

4. Les têtes de myosine pivotent (« coup de rame ») → les filaments d'actine glissent sur la myosine.

5. Le sarcomère raccourcit → le muscle se contracte. L'ATP fournit l'énergie à chaque coup de rame.

⚠️ Sans ATP, les têtes de myosine restent fixées à l'actine → rigidité (rigidité cadavérique = absence totale d'ATP après la mort). Le relâchement musculaire nécessite aussi de l'ATP.
Type de fibre Caractéristique Spécialisation
Type I (lentes) Riches en mitochondries, myoglobine (rouges) Endurance, résistance à la fatigue
Type IIa (rapides oxydatives) Intermédiaires Effort mixte
Type IIb (rapides glycolytiques) Peu de mitochondries (blanches) Effort bref et intense (sprint, haltérophilie)

SECTION 08

La régulation de la glycémie

📌 La glycémie

La glycémie est la concentration de glucose dans le sang. Elle doit rester stable autour de 0,8 à 1,2 g/L (≈ 5 mmol/L) pour un fonctionnement optimal de l'organisme, en particulier du cerveau.

Glycémie normale : 0,8 – 1,2 g/L
Hypoglycémie : < 0,7 g/L (malaise, tremblements) Hyperglycémie : > 1,26 g/L à jeun (diabète si chronique)
Organe Rôle dans la glycémie
Foie Stocke le glucose sous forme de glycogène (glycogénogenèse). Libère le glucose (glycogénolyse). Néoglucogenèse
Muscles Stockent du glycogène (usage local uniquement)
Tissu adipeux Stocke l'excès de glucose sous forme de lipides (lipogenèse)
Pancréas Détecte la glycémie et sécrète les hormones régulatrices (îlots de Langerhans)

SECTION 09

Insuline et glucagon

Critère Insuline Glucagon
Cellules sécrétrices Cellules β des îlots de Langerhans Cellules α des îlots de Langerhans
Stimulus Hyperglycémie (après un repas) Hypoglycémie (à jeun, effort)
Action sur le foie Glycogénogenèse ↑ (stockage) Glycogénolyse ↑ (libération glucose)
Action sur les cellules Entrée du glucose ↑ (muscles, adipocytes) — (agit surtout sur le foie)
Effet sur la glycémie Hypoglycémiante (↓ glycémie) Hyperglycémiante (↑ glycémie)
Nature Hormone peptidique Hormone peptidique
📘 Hormones antagonistes : L'insuline et le glucagon ont des effets opposés sur la glycémie. Leur sécrétion est régulée par rétrocontrôle négatif : quand la glycémie revient à la normale, la sécrétion de l'hormone diminue.

SECTION 10

Le diabète

Critère Diabète de type 1 Diabète de type 2
Cause Destruction auto-immune des cellules β Insulinorésistance (cellules moins sensibles) + épuisement progressif des cellules β
Âge d'apparition Enfant/adolescent Adulte (>40 ans), de plus en plus jeune
Insuline Absente → injection obligatoire Présente mais inefficace
Facteurs Génétiques + auto-immuns Génétiques + mode de vie (obésité, sédentarité)
Fréquence ~10% des diabétiques ~90% des diabétiques
Traitement Injections d'insuline Régime, exercice, antidiabétiques oraux, puis insuline
⚠️ Le diabète non traité provoque une hyperglycémie chronique → complications graves : atteinte des vaisseaux (rétinopathie, néphropathie), neuropathie, risque cardiovasculaire accru. ~530 millions de diabétiques dans le monde (2021).

SECTION 11

Boucle de régulation et homéostasie

📌 Principe de l'homéostasie

L'homéostasie est le maintien des paramètres du milieu intérieur (glycémie, température, pH, pression artérielle…) dans des limites compatibles avec la vie. Elle repose sur des boucles de régulation à rétrocontrôle négatif.

Boucle de régulation :
1. Paramètre réglé (ex : glycémie) s'écarte de la valeur de consigne
2. Capteur (ex : cellules β/α du pancréas) détecte l'écart
3. Message (hormone : insuline ou glucagon)
4. Effecteur (ex : foie, muscles) corrige l'écart
5. Rétrocontrôle négatif : le retour à la normale freine la sécrétion
✅ Le rétrocontrôle négatif stabilise le système : toute variation du paramètre déclenche une réponse qui ramène le paramètre vers sa valeur de consigne. Exemples : thermostat de la température corporelle (37°C), régulation de la pression artérielle par les barorécepteurs, régulation de la glycémie par insuline/glucagon.

SECTION 12

Exercices types bac

Type 1 — Métabolisme énergétique
🧠 Rendement ATP : respiration = 36 ATP/glucose, fermentation lactique = 2 ATP/glucose. Rapport ?
36/2 = 18 fois plus d'ATP par la respiration. La fermentation est 18× moins rentable mais ne nécessite pas d'O₂. Elle est utilisée pour des efforts brefs et intenses.
Type 2 — Débit cardiaque
🧠 FC = 150 bpm, VES = 120 mL. Débit cardiaque ? Comparaison avec le repos (5 L/min).
DC = 150 × 120 = 18 000 mL/min = 18 L/min. Soit 18/5 = 3,6 fois le débit de repos.
Type 3 — Glycémie et hormones
🧠 Après un repas, glycémie = 1,4 g/L. Hormone sécrétée ? Effet ?
Hyperglycémie → les cellules β sécrètent de l'insuline → glycogénogenèse hépatique + entrée du glucose dans les cellules → glycémie redescend à ~1 g/L.
Type 4 — Diabète
🧠 Patient : glycémie à jeun = 1,5 g/L, insulinémie élevée, obésité. Diagnostic ?
Diabète de type 2 : hyperglycémie malgré une insuline présente → insulinorésistance. Les cellules ne répondent plus à l'insuline. Facteurs : obésité, sédentarité.
Type 5 — Contraction musculaire
🧠 Pourquoi le muscle a-t-il besoin d'ATP pour se contracter ET pour se relâcher ?
Contraction : l'ATP fournit l'énergie pour le « coup de rame » des têtes de myosine sur l'actine. Relâchement : l'ATP est nécessaire pour détacher les têtes de myosine de l'actine. Sans ATP → rigidité.

SECTION 13

Questions fréquentes

ATP ?
Monnaie énergétique universelle. ATP → ADP + énergie. Stock faible → régénéré en continu.
Respiration vs fermentation ?
Respiration : aérobie, 36-38 ATP, mitochondries. Fermentation : anaérobie, 2 ATP, cytoplasme.
VO₂max ?
Consommation max d'O₂. Sédentaire ~40 mL/kg/min, athlète ~80. Meilleur indicateur aérobie.
Cœur à l'effort ?
FC ↑, VES ↑ → débit cardiaque ×4-5. Sang redistribué vers les muscles.
Glycémie ?
0,8-1,2 g/L. Régulée par insuline (↓) et glucagon (↑).
Insuline ?
Hormone hypoglycémiante. Cellules β, après un repas. Stockage glucose, entrée dans les cellules.
Diabète type 1 vs 2 ?
Type 1 = auto-immun, pas d'insuline, injection. Type 2 = insulinorésistance, mode de vie, 90% des cas.
Contraction musculaire ?
Signal nerveux → Ca²⁺ → myosine se fixe sur actine → glissement des filaments → raccourcissement. ATP requis.
Homéostasie ?
Maintien des paramètres vitaux (glycémie, T°, pH) par rétrocontrôle négatif.
Ça tombe au bac SVT ?
Oui. ATP, respiration/fermentation, cœur à l'effort, glycémie, diabète, contraction musculaire.