Les Propositions

Cours complet : indépendante, principale, subordonnées (relative, conjonctive, interrogative) — méthode et exercices corrigés

Matière
Français — Grammaire
Niveau
Collège (brevet)
Notions clés
Proposition indépendante, principale, subordonnées relative, conjonctive, interrogative indirecte
Objectif
Identifier, nommer et analyser chaque type de proposition dans une phrase
Une proposition est un groupe de mots organisé autour d’un verbe conjugué. Comprendre comment les propositions s’articulent dans une phrase est essentiel pour l’analyse grammaticale au brevet. Ce cours explique comment identifier chaque type de proposition, les relier entre elles, et maîtriser les subordonnées relatives, conjonctives et interrogatives indirectes.

📏 Principe Fondamental

La règle de base est simple : 1 verbe conjugué = 1 proposition. Pour compter les propositions d’une phrase, il suffit de compter les verbes conjugués.

PhraseVerbes conjuguésPropositionsType de phrase
Le chat dort.11Phrase simple
Le chat dort et le chien joue.22Phrase complexe
Je pense qu’il viendra quand il pourra.33Phrase complexe
Phrase simple = 1 seule proposition. Phrase complexe = 2 propositions ou plus.

🔵 La Proposition Indépendante

Une proposition indépendante ne dépend d’aucune autre proposition et aucune autre ne dépend d’elle. Elle a un sens complet à elle seule.

Exemple : « Le soleil brille. » → 1 verbe, 1 proposition, sens complet = indépendante.

Plusieurs indépendantes peuvent coexister dans une phrase complexe :

  • Juxtaposées (séparées par une virgule, un point-virgule) : « Le soleil brille, les oiseaux chantent. »
  • Coordonnées (reliées par une conjonction de coordination) : « Le soleil brille et les oiseaux chantent. »

🟢 La Proposition Principale

La proposition principale est celle dont dépend une subordonnée. Elle a un sens, mais elle est « complétée » par la subordonnée.

Exemple : « Je pense [qu’il viendra]. » → « Je pense » = principale. « qu’il viendra » = subordonnée (elle complète « je pense »).

Astuce : la principale, c’est « ce qui reste quand on enlève la subordonnée ».

🟣 La Subordonnée Relative

La subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, qu’, dont, où, lequel, laquelle…). Elle complète un nom appelé antécédent.

Exemple : « Le livre que tu m’as prêté est passionnant. » → « que tu m’as prêté » = subordonnée relative, antécédent = « le livre ».

Pronom relatifFonction dans la subordonnéeExemple
quiSujetL’homme qui parle est mon père.
que / qu’CODLe film que j’ai vu était génial.
dontComplément introduit par « de »Le livre dont je t’ai parlé. (parler de)
CC de lieu ou de tempsLa ville où je suis né. / Le jour où il est parti.
lequel, laquelle…Après une prépositionLe pont sur lequel nous passons.
Fonction de la subordonnée relative : elle est complément de l’antécédent (expansion du nom), comme une épithète ou un complément du nom.

🔴 La Subordonnée Conjonctive

La subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination (que, qu’, quand, lorsque, si, parce que, pour que, bien que, avant que, après que…). On distingue deux types :

La conjonctive complétive (introduite par « que »)

Elle complète le verbe de la principale et a la fonction de COD (le plus souvent) ou de sujet.

Exemple : « Je pense qu’il viendra. » → « qu’il viendra » = sub. conjonctive complétive, COD de « pense ».

La conjonctive circonstancielle

Elle exprime une circonstance (temps, cause, but, conséquence, concession, condition) et a la fonction de CC.

CirconstanceConjonctionsExemple
Tempsquand, lorsque, avant que, après que, pendant que, dès queJe partirai quand tu arriveras.
Causeparce que, puisque, commeIl reste parce qu’il pleut.
Butpour que, afin queParle fort pour qu’on t’entende.
Conséquencesi bien que, de sorte queIl a couru si bien qu’il est essoufflé.
Concessionbien que, quoique, même siIl sort bien qu’il pleuve.
Conditionsi, à condition que, pourvu queJe viendrai si tu m’invites.

🟠 La Subordonnée Interrogative Indirecte

Elle rapporte une question de manière indirecte, sans point d’interrogation. Elle est introduite par si, ce que, ce qui, un mot interrogatif (quand, où, comment, pourquoi, qui, quel…).

Question directeQuestion indirecte (subordonnée)
Est-ce qu’il vient ?Je me demande s’il vient.
Où va-t-il ?Je me demande où il va.
Qu’est-ce qui se passe ?Je ne sais pas ce qui se passe.
Fonction : COD du verbe principal (se demander, savoir, ignorer, dire…).

🔗 Juxtaposition et Coordination

LienDéfinitionMots de liaisonExemple
JuxtapositionPropositions séparées par un signe de ponctuation, ; :Il pleut, je reste chez moi.
CoordinationPropositions reliées par une conjonction de coordinationmais, ou, et, donc, or, ni, carIl pleut mais je sors.
SubordinationUne proposition dépend de l’autrequi, que, dont, où, quand, si, parce que…Je reste parce qu’il pleut.
Moyen mnémotechnique pour les conjonctions de coordination : Mais Ou Et Donc Or Ni Car.

📊 Tableau Récapitulatif Complet

PropositionIntroduite parFonctionExemple
IndépendanteRien (autonome)Aucune (elle se suffit)Le chat dort.
PrincipaleRien (elle « commande »)Aucune (elle régit la subordonnée)Je pense [qu’il viendra].
Sub. relativePronom relatif (qui, que, dont, où…)Complément de l’antécédent (nom)Le livre que j’ai lu.
Sub. conjonctive complétiveque / qu’COD (ou sujet)Je sais qu’il viendra.
Sub. conjonctive circonstanciellequand, si, parce que, bien que…CC (temps, cause, but…)Il reste parce qu’il pleut.
Sub. interrogative indirectesi, ce que, où, comment…CODJe me demande s’il viendra.

📝 Méthode : Analyser les Propositions au Brevet

ÉtapeAction
1.Compter les verbes conjugués → nombre de propositions
2.Repérer les mots subordonnants (qui, que, dont, où, quand, si, parce que…)
3.Délimiter chaque proposition (du mot subordonnant au verbe + ses compléments)
4.Nommer chaque proposition : pronom relatif → relative. « que » complétive → conjonctive. Conjonction de temps/cause/but → circonstancielle. Pas de subordonnant → indépendante ou principale
5.Donner la fonction de chaque subordonnée (CDN, COD, CC…)

✏️ Exercices Corrigés

Exercice 1 — Combien de propositions ?

Comptez les propositions dans chaque phrase et précisez leur nature.

a) « Le soleil brille. »

b) « Le soleil brille et les oiseaux chantent. »

c) « Je pense qu’il viendra quand il aura fini. »

a) → 1 proposition (1 verbe conjugué), phrase simple.

b) → 2 propositions indépendantes coordonnées par « et ».

c) → 3 propositions (pense / viendra / aura fini).

Exercice 2 — Identifier le type de subordonnée

a) « L’homme qui porte un chapeau est mon voisin. »

b) « Je crois qu’il va pleuvoir. »

c) « Il est resté parce qu’il pleuvait. »

d) « Je me demande s’il viendra. »

a) → Sub. relative (pronom relatif « qui », antécédent « l’homme »), complément de l’antécédent.

b) → Sub. conjonctive complétive (conjonction « que »), COD de « crois ».

c) → Sub. conjonctive circonstancielle de cause (conjonction « parce que »), CC de cause.

d) → Sub. interrogative indirecte (introduite par « si »), COD de « demande ».

Exercice 3 — Analyse complète (type brevet)

« Le vieil homme [qui vivait seul] racontait [qu’il avait voyagé] [quand il était jeune]. »

Identifiez toutes les propositions et précisez leur nature et leur fonction.

→ 4 verbes = 4 propositions.

→ « Le vieil homme racontait » = principale.

→ « qui vivait seul » = sub. relative (pronom « qui », antécédent « homme »), complément de l’antécédent.

→ « qu’il avait voyagé » = sub. conjonctive complétive (COD de « racontait »).

→ « quand il était jeune » = sub. conjonctive circonstancielle de temps (CCT).

Exercice 4 — Relative : fonction du pronom relatif

a) « L’ami qui m’a aidé. »

b) « Le film que j’ai vu. »

c) « La ville dont je t’ai parlé. »

d) « Le village je suis né. »

a) « qui » = sujet de « a aidé ».

b) « que » = COD de « ai vu ».

c) « dont » = COI de « ai parlé » (parler de).

d) « où » = CCL de « suis né ».

⚠️ Erreurs Fréquentes

Erreur fréquenteBonne méthode
Confondre « que » pronom relatif et « que » conjonction« Que » relatif a un antécédent (nom avant). « Que » conjonction n’en a pas
Confondre indépendante et principalePrincipale = il y a une subordonnée qui dépend d’elle. Indépendante = aucune subordonnée
Oublier de compter les verbes conjuguésToujours compter les verbes conjugués en premier. Infinitifs et participes ne comptent pas
Confondre sub. circonstancielle et sub. relative avec « où »« La ville je vis » = relative (antécédent « ville »). « Quand il pleut » = circonstancielle (pas d’antécédent)
Ne pas voir l’interrogative indirecteAprès « se demander, savoir, ignorer, dire » + si/ce que/où/comment → interrogative indirecte

❓ Questions Fréquentes

Comment différencier « que » pronom relatif et « que » conjonction ?

Le « que » pronom relatif a un antécédent (un nom juste avant) : « Le livre que je lis » (antécédent = livre). Le « que » conjonction n’a pas d’antécédent et suit un verbe : « Je pense que tu as raison. » Si on peut remplacer par « lequel/laquelle », c’est un pronom relatif.

C’est quoi un antécédent ?

L’antécédent est le nom (ou pronom) que le pronom relatif reprend dans la subordonnée relative. Exemple : « L’homme qui parle » → « homme » est l’antécédent de « qui ». Le pronom relatif « remplace » l’antécédent dans la subordonnée.

Comment savoir si une proposition est indépendante ou principale ?

Si la proposition a un sens complet et qu’aucune subordonnée ne dépend d’elle → indépendante. Si une subordonnée dépend d’elle → principale. Truc : s’il n’y a aucun mot subordonnant dans la phrase → toutes les propositions sont indépendantes.

Qu’est-ce qu’une subordonnée circonstancielle ?

C’est une subordonnée qui exprime une circonstance : le temps (quand), la cause (parce que), le but (pour que), la conséquence (si bien que), la concession (bien que), la condition (si). Elle a la fonction de complément circonstanciel et est déplaçable et supprimable.

Quelle est la fonction d’une subordonnée relative ?

La subordonnée relative est complément de l’antécédent. Elle fonctionne comme une expansion du nom, au même titre qu’une épithète ou un complément du nom. Elle enrichit la description du nom qu’elle complète.

Comment reconnaître une interrogative indirecte ?

Trois indices : elle suit un verbe d’interrogation (se demander, savoir, ignorer, dire…), elle est introduite par si, ce que/ce qui, ou un mot interrogatif (où, quand, comment, pourquoi), et la phrase ne se termine pas par un point d’interrogation.

Qu’est-ce que « Mais Ou Et Donc Or Ni Car » ?

C’est le moyen mnémotechnique pour retenir les 7 conjonctions de coordination : Mais, Ou, Et, Donc, Or, Ni, Car. Elles servent à coordonner deux propositions de même nature (indépendantes entre elles). Attention : « ou » (conjonction) ≠ « où » (pronom relatif ou adverbe).

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