Les Propositions 🧩
Cours complet : indépendante, principale, subordonnées (relative, conjonctive, interrogative) — méthode et exercices corrigés
Une proposition est un groupe de mots organisé autour d’un verbe conjugué. Comprendre comment les propositions s’articulent dans une phrase est essentiel pour l’analyse grammaticale au brevet. Ce cours explique comment identifier chaque type de proposition, les relier entre elles, et maîtriser les subordonnées relatives, conjonctives et interrogatives indirectes.
📋 Sommaire
- 📏 Principe : 1 verbe conjugué = 1 proposition
- 🔵 La proposition indépendante
- 🟢 La proposition principale
- 🟣 La subordonnée relative
- 🔴 La subordonnée conjonctive
- 🟠 La subordonnée interrogative indirecte
- 🔗 Juxtaposition et coordination
- 📊 Tableau récapitulatif complet
- 📝 Méthode : analyser les propositions au brevet
- ✏️ Exercices corrigés
- ⚠️ Erreurs fréquentes
- ❓ Questions fréquentes
📏 Principe Fondamental
La règle de base est simple : 1 verbe conjugué = 1 proposition. Pour compter les propositions d’une phrase, il suffit de compter les verbes conjugués.
| Phrase | Verbes conjugués | Propositions | Type de phrase |
|---|---|---|---|
| Le chat dort. | 1 | 1 | Phrase simple |
| Le chat dort et le chien joue. | 2 | 2 | Phrase complexe |
| Je pense qu’il viendra quand il pourra. | 3 | 3 | Phrase complexe |
Phrase simple = 1 seule proposition. Phrase complexe = 2 propositions ou plus.
🔵 La Proposition Indépendante
Une proposition indépendante ne dépend d’aucune autre proposition et aucune autre ne dépend d’elle. Elle a un sens complet à elle seule.
Exemple : « Le soleil brille. » → 1 verbe, 1 proposition, sens complet = indépendante.
Plusieurs indépendantes peuvent coexister dans une phrase complexe :
- Juxtaposées (séparées par une virgule, un point-virgule) : « Le soleil brille, les oiseaux chantent. »
- Coordonnées (reliées par une conjonction de coordination) : « Le soleil brille et les oiseaux chantent. »
🟢 La Proposition Principale
La proposition principale est celle dont dépend une subordonnée. Elle a un sens, mais elle est « complétée » par la subordonnée.
Exemple : « Je pense [qu’il viendra]. » → « Je pense » = principale. « qu’il viendra » = subordonnée (elle complète « je pense »).
Astuce : la principale, c’est « ce qui reste quand on enlève la subordonnée ».
🟣 La Subordonnée Relative
La subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, qu’, dont, où, lequel, laquelle…). Elle complète un nom appelé antécédent.
Exemple : « Le livre que tu m’as prêté est passionnant. » → « que tu m’as prêté » = subordonnée relative, antécédent = « le livre ».
| Pronom relatif | Fonction dans la subordonnée | Exemple |
|---|---|---|
| qui | Sujet | L’homme qui parle est mon père. |
| que / qu’ | COD | Le film que j’ai vu était génial. |
| dont | Complément introduit par « de » | Le livre dont je t’ai parlé. (parler de) |
| où | CC de lieu ou de temps | La ville où je suis né. / Le jour où il est parti. |
| lequel, laquelle… | Après une préposition | Le pont sur lequel nous passons. |
Fonction de la subordonnée relative : elle est complément de l’antécédent (expansion du nom), comme une épithète ou un complément du nom.
🔴 La Subordonnée Conjonctive
La subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination (que, qu’, quand, lorsque, si, parce que, pour que, bien que, avant que, après que…). On distingue deux types :
La conjonctive complétive (introduite par « que »)
Elle complète le verbe de la principale et a la fonction de COD (le plus souvent) ou de sujet.
Exemple : « Je pense qu’il viendra. » → « qu’il viendra » = sub. conjonctive complétive, COD de « pense ».
La conjonctive circonstancielle
Elle exprime une circonstance (temps, cause, but, conséquence, concession, condition) et a la fonction de CC.
| Circonstance | Conjonctions | Exemple |
|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, avant que, après que, pendant que, dès que | Je partirai quand tu arriveras. |
| Cause | parce que, puisque, comme | Il reste parce qu’il pleut. |
| But | pour que, afin que | Parle fort pour qu’on t’entende. |
| Conséquence | si bien que, de sorte que | Il a couru si bien qu’il est essoufflé. |
| Concession | bien que, quoique, même si | Il sort bien qu’il pleuve. |
| Condition | si, à condition que, pourvu que | Je viendrai si tu m’invites. |
🟠 La Subordonnée Interrogative Indirecte
Elle rapporte une question de manière indirecte, sans point d’interrogation. Elle est introduite par si, ce que, ce qui, un mot interrogatif (quand, où, comment, pourquoi, qui, quel…).
| Question directe | Question indirecte (subordonnée) |
|---|---|
| Est-ce qu’il vient ? | Je me demande s’il vient. |
| Où va-t-il ? | Je me demande où il va. |
| Qu’est-ce qui se passe ? | Je ne sais pas ce qui se passe. |
Fonction : COD du verbe principal (se demander, savoir, ignorer, dire…).
🔗 Juxtaposition et Coordination
| Lien | Définition | Mots de liaison | Exemple |
|---|---|---|---|
| Juxtaposition | Propositions séparées par un signe de ponctuation | , ; : | Il pleut, je reste chez moi. |
| Coordination | Propositions reliées par une conjonction de coordination | mais, ou, et, donc, or, ni, car | Il pleut mais je sors. |
| Subordination | Une proposition dépend de l’autre | qui, que, dont, où, quand, si, parce que… | Je reste parce qu’il pleut. |
Moyen mnémotechnique pour les conjonctions de coordination : Mais Ou Et Donc Or Ni Car.
📊 Tableau Récapitulatif Complet
| Proposition | Introduite par | Fonction | Exemple |
|---|---|---|---|
| Indépendante | Rien (autonome) | Aucune (elle se suffit) | Le chat dort. |
| Principale | Rien (elle « commande ») | Aucune (elle régit la subordonnée) | Je pense [qu’il viendra]. |
| Sub. relative | Pronom relatif (qui, que, dont, où…) | Complément de l’antécédent (nom) | Le livre que j’ai lu. |
| Sub. conjonctive complétive | que / qu’ | COD (ou sujet) | Je sais qu’il viendra. |
| Sub. conjonctive circonstancielle | quand, si, parce que, bien que… | CC (temps, cause, but…) | Il reste parce qu’il pleut. |
| Sub. interrogative indirecte | si, ce que, où, comment… | COD | Je me demande s’il viendra. |
📝 Méthode : Analyser les Propositions au Brevet
| Étape | Action |
|---|---|
| 1. | Compter les verbes conjugués → nombre de propositions |
| 2. | Repérer les mots subordonnants (qui, que, dont, où, quand, si, parce que…) |
| 3. | Délimiter chaque proposition (du mot subordonnant au verbe + ses compléments) |
| 4. | Nommer chaque proposition : pronom relatif → relative. « que » complétive → conjonctive. Conjonction de temps/cause/but → circonstancielle. Pas de subordonnant → indépendante ou principale |
| 5. | Donner la fonction de chaque subordonnée (CDN, COD, CC…) |
✏️ Exercices Corrigés
Exercice 1 — Combien de propositions ?
a) « Le soleil brille. » → 1 proposition (1 verbe conjugué), phrase simple.
b) « Le soleil brille et les oiseaux chantent. » → 2 propositions indépendantes coordonnées par « et ».
c) « Je pense qu’il viendra quand il aura fini. » → 3 propositions (pense / viendra / aura fini).
Exercice 2 — Identifier le type de subordonnée
a) « L’homme qui porte un chapeau est mon voisin. »
→ Sub. relative (pronom relatif « qui », antécédent « l’homme »), complément de l’antécédent.
b) « Je crois qu’il va pleuvoir. »
→ Sub. conjonctive complétive (conjonction « que »), COD de « crois ».
c) « Il est resté parce qu’il pleuvait. »
→ Sub. conjonctive circonstancielle de cause (conjonction « parce que »), CC de cause.
d) « Je me demande s’il viendra. »
→ Sub. interrogative indirecte (introduite par « si »), COD de « demande ».
Exercice 3 — Analyse complète (type brevet)
« Le vieil homme [qui vivait seul] racontait [qu’il avait voyagé] [quand il était jeune]. »
Analyse :
→ 4 verbes = 4 propositions.
→ « Le vieil homme racontait » = principale.
→ « qui vivait seul » = sub. relative (pronom « qui », antécédent « homme »), complément de l’antécédent.
→ « qu’il avait voyagé » = sub. conjonctive complétive (COD de « racontait »).
→ « quand il était jeune » = sub. conjonctive circonstancielle de temps (CCT).
Exercice 4 — Relative : fonction du pronom relatif
a) « L’ami qui m’a aidé. » → « qui » = sujet de « a aidé ».
b) « Le film que j’ai vu. » → « que » = COD de « ai vu ».
c) « La ville dont je t’ai parlé. » → « dont » = COI de « ai parlé » (parler de).
d) « Le village où je suis né. » → « où » = CCL de « suis né ».
⚠️ Erreurs Fréquentes
| ❌ Erreur | ✅ Bonne méthode |
|---|---|
| Confondre « que » relatif et « que » conjonctif | « Que » relatif a un antécédent (nom avant). « Que » conjonctif n’en a pas |
| Confondre indépendante et principale | Principale = il y a une subordonnée qui dépend d’elle. Indépendante = aucune subordonnée |
| Oublier de compter les verbes conjugués | Toujours compter les verbes conjugués en premier. Infinitifs et participes ne comptent pas |
| Confondre sub. circonstancielle et sub. relative avec « où » | « La ville où je vis » = relative (antécédent « ville »). « Quand il pleut » = circonstancielle (pas d’antécédent) |
| Ne pas voir l’interrogative indirecte | Après « se demander, savoir, ignorer, dire » + si/ce que/où/comment → interrogative indirecte |
❓ Questions Fréquentes
Comment différencier « que » pronom relatif et « que » conjonction ?
Le « que » pronom relatif a un antécédent (un nom juste avant) : « Le livre que je lis » (antécédent = livre). Le « que » conjonction n’a pas d’antécédent et suit un verbe : « Je pense que tu as raison. » Si on peut remplacer par « lequel/laquelle », c’est un pronom relatif.
C’est quoi un antécédent ?
L’antécédent est le nom (ou pronom) que le pronom relatif reprend dans la subordonnée relative. Exemple : « L’homme qui parle » → « homme » est l’antécédent de « qui ». Le pronom relatif « remplace » l’antécédent dans la subordonnée.
Comment savoir si une proposition est indépendante ou principale ?
Si la proposition a un sens complet et qu’aucune subordonnée ne dépend d’elle → indépendante. Si une subordonnée dépend d’elle → principale. Truc : s’il n’y a aucun mot subordonnant dans la phrase → toutes les propositions sont indépendantes.
Qu’est-ce qu’une subordonnée circonstancielle ?
C’est une subordonnée qui exprime une circonstance : le temps (quand), la cause (parce que), le but (pour que), la conséquence (si bien que), la concession (bien que), la condition (si). Elle a la fonction de complément circonstanciel et est déplaçable et supprimable.
Quelle est la fonction d’une subordonnée relative ?
La subordonnée relative est complément de l’antécédent. Elle fonctionne comme une expansion du nom, au même titre qu’une épithète ou un complément du nom. Elle enrichit la description du nom qu’elle complète.
Comment reconnaître une interrogative indirecte ?
Trois indices : elle suit un verbe d’interrogation (se demander, savoir, ignorer, dire…), elle est introduite par si, ce que/ce qui, ou un mot interrogatif (où, quand, comment, pourquoi), et la phrase ne se termine pas par un point d’interrogation.
Qu’est-ce que « Mais Ou Et Donc Or Ni Car » ?
C’est le moyen mnémotechnique pour retenir les 7 conjonctions de coordination : Mais, Ou, Et, Donc, Or, Ni, Car. Elles servent à coordonner deux propositions de même nature (indépendantes entre elles). Attention : « ou » (conjonction) ≠ « où » (pronom relatif ou adverbe).
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