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💰 En bref
La gestion de bankroll (bankroll management, ou BRM) est la compétence la plus sous-estimée au poker. Elle ne vous rendra pas meilleur joueur — mais sans elle, même le meilleur joueur du monde finira ruiné. Votre bankroll est votre outil de travail : elle doit survivre aux inévitables périodes de malchance (variance) pour que votre avantage stratégique puisse s’exprimer sur le long terme.
Ce guide couvre les règles fondamentales, les tableaux de buy-ins par format, les règles de montée et descente de limite, et les erreurs qui conduisent à la faillite.
Pré-requis : comprendre les règles du poker et les bases de la cote et des probabilités.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une bankroll ?
- Pourquoi la gestion de bankroll est indispensable
- Comprendre la variance
- Règles de bankroll en cash game
- Règles de bankroll en tournoi (MTT)
- Règles de bankroll en Sit & Go
- Tableau récapitulatif par format et profil
- Quand monter de limite
- Quand descendre de limite
- Le stop-loss : limiter les dégâts
- Les erreurs fatales de bankroll management
- Construire un plan de bankroll concret
- Questions fréquentes
1. Qu’est-ce qu’une bankroll ? 🏦
Votre bankroll est la somme d’argent que vous consacrez exclusivement au poker. Ce n’est pas votre compte en banque, pas votre loyer, pas vos économies. C’est un capital séparé, dédié au jeu.
Principes fondamentaux :
- La bankroll est de l’argent que vous pouvez vous permettre de perdre intégralement sans impact sur votre vie quotidienne
- Elle est séparée de vos finances personnelles (idéalement sur un compte poker dédié)
- Elle détermine à quelle limite vous pouvez jouer — pas l’inverse
- Elle est gérée avec discipline, pas avec des émotions
💡 Analogie : si vous ouvriez un restaurant, votre bankroll serait votre capital de départ. Vous ne dépenseriez pas tout le capital en un seul week-end d’achats. Vous le géreriez prudemment pour survivre aux mois difficiles. Au poker, c’est exactement pareil.
2. Pourquoi la gestion de bankroll est indispensable 🛡️
Le paradoxe du joueur gagnant qui fait faillite
Imaginez un joueur qui gagne en moyenne 5 BB/100 mains (un excellent winrate en NL50). Ce joueur est objectivement rentable. Pourtant, s’il joue en NL50 avec une bankroll de 200€ (4 buy-ins), il a une probabilité élevée de tout perdre avant que son avantage ne se manifeste.
Pourquoi ? Parce que la variance — les fluctuations aléatoires inhérentes au poker — peut produire des séries de pertes de 10, 15, voire 20 buy-ins, même pour un joueur gagnant. Avec seulement 4 buy-ins, une mauvaise série de quelques jours suffit à l’anéantir.
Ce que la bankroll management fait pour vous
- Survie : elle garantit que vous survivez aux downswings inévitables
- Sérénité : quand vous savez que votre bankroll peut absorber les pertes, vous jouez mieux — moins de tilt, moins de décisions émotionnelles
- Progression : elle structure votre montée en limites de façon disciplinée et durable
- Protection : elle empêche le scénario catastrophe — perdre de l’argent qui vous est vital
3. Comprendre la variance 🎲
La variance est la mesure des fluctuations de vos résultats autour de votre espérance de gain. Même un joueur gagnant à long terme subit des séries de pertes — parfois longues et douloureuses.
Exemples concrets de variance
| Winrate (BB/100) | Nombre de mains | Downswing probable maximal |
|---|---|---|
| 3 BB/100 (bon joueur) | 100 000 mains | ~20 à 30 buy-ins |
| 5 BB/100 (très bon joueur) | 100 000 mains | ~15 à 25 buy-ins |
| 8 BB/100 (exceptionnel) | 100 000 mains | ~10 à 20 buy-ins |
| 0 BB/100 (joueur break-even) | 100 000 mains | ~30 à 40 buy-ins |
Lecture du tableau : un bon joueur gagnant 3 BB/100 peut s’attendre à subir au moins un downswing de 20 à 30 buy-ins sur 100 000 mains. Si sa bankroll ne contient que 15 buy-ins, il fera probablement faillite — malgré son avantage.
La variance est plus forte que vous ne le pensez
Beaucoup de joueurs sous-estiment la variance. Voici des faits qui surprennent :
- Un joueur gagnant à 5 BB/100 a besoin d’environ 30 000 à 50 000 mains pour être raisonnablement sûr qu’il est gagnant (et pas juste chanceux)
- Sur un échantillon de 10 000 mains, un joueur gagnant peut facilement afficher un résultat négatif
- Même AA perd ~15% du temps en all-in préflop contre une seule main. Vous allez perdre avec AA. Beaucoup.
Variance par format
| Format | Variance | Explication |
|---|---|---|
| Cash game 6-max | 🟡 Moyenne | Stacks profonds, décisions postflop, volume régulier |
| Cash game full ring | 🟢 Plus faible | Jeu plus serré, moins de situations marginales |
| Tournois (MTT) | 🔴 Très élevée | Stacks courts, ICM, top-heavy payout. Un joueur gagnant peut perdre pendant des mois |
| Sit & Go | 🟡 Moyenne-élevée | Moins de joueurs qu’en MTT → variance légèrement plus faible |
| Spin & Go / Expresso | 🔴 Extrêmement élevée | Structure hyper-turbo + multiplicateurs aléatoires = loterie |
Règle clé : plus la variance est élevée, plus votre bankroll doit être profonde.
4. Règles de bankroll en cash game 💵
Le cash game est le format le plus « lisse » en termes de variance. Les recommandations suivantes s’appliquent au No-Limit Hold’em 6-max (le format standard en ligne).
| Profil du joueur | Buy-ins recommandés | Commentaire |
|---|---|---|
| 🟢 Conservateur / débutant | 30 à 40 buy-ins | Maximum de sécurité. Recommandé si le poker est un revenu complémentaire ou si vous êtes encore en apprentissage. |
| 🟡 Standard / joueur régulier | 20 à 30 buy-ins | Le standard de l’industrie. Suffisant pour un joueur avec un winrate positif confirmé. |
| 🔴 Agressif / joueur confirmé | 15 à 20 buy-ins | Uniquement si vous avez un winrate élevé prouvé sur un large échantillon et une tolérance forte au risque. |
Exemples concrets
| Limite | Blindes | Buy-in (100 BB) | Bankroll 20 BI | Bankroll 30 BI |
|---|---|---|---|---|
| NL2 (micro) | 0,01€/0,02€ | 2€ | 40€ | 60€ |
| NL5 | 0,02€/0,05€ | 5€ | 100€ | 150€ |
| NL10 | 0,05€/0,10€ | 10€ | 200€ | 300€ |
| NL25 | 0,10€/0,25€ | 25€ | 500€ | 750€ |
| NL50 | 0,25€/0,50€ | 50€ | 1 000€ | 1 500€ |
| NL100 | 0,50€/1€ | 100€ | 2 000€ | 3 000€ |
| NL200 | 1€/2€ | 200€ | 4 000€ | 6 000€ |
| NL500 | 2,50€/5€ | 500€ | 10 000€ | 15 000€ |
💡 Full ring (9-max) : la variance est légèrement plus faible qu’en 6-max. Vous pouvez réduire les exigences de 2 à 5 buy-ins (ex : 18-25 buy-ins au lieu de 20-30).
5. Règles de bankroll en tournoi (MTT) 🏆
Les tournois multi-tables sont le format avec la variance la plus élevée. Un joueur gagnant peut facilement enchaîner 50 à 100 tournois sans résultat significatif. La bankroll doit être beaucoup plus profonde qu’en cash game.
| Profil | Buy-ins recommandés | Commentaire |
|---|---|---|
| 🟢 Conservateur / débutant | 100 à 150 buy-ins | Très sûr. Permet de survivre à des downswings de plusieurs mois. |
| 🟡 Standard | 60 à 100 buy-ins | Standard pour un joueur régulier avec un ROI positif prouvé. |
| 🔴 Agressif | 40 à 60 buy-ins | Uniquement pour joueurs expérimentés avec historique de résultats. |
Pourquoi autant de buy-ins ?
En tournoi, vous ne « cashiez » (entrez dans les prix) qu’environ 15 à 20% du temps. La majorité de vos gains provient des grosses performances (top 3, table finale) qui sont rares par définition. Un joueur rentable peut facilement subir 30, 40, voire 50 tournois sans cash — et ça reste dans les clous de la variance normale.
Exemples concrets
| Buy-in tournoi | Bankroll 60 BI | Bankroll 100 BI |
|---|---|---|
| 1€ | 60€ | 100€ |
| 5€ | 300€ | 500€ |
| 10€ | 600€ | 1 000€ |
| 20€ | 1 200€ | 2 000€ |
| 50€ | 3 000€ | 5 000€ |
| 100€ | 6 000€ | 10 000€ |
⚠️ Cas spécial — les tournois à gros field (1 000+ joueurs) : la variance est encore plus élevée car les premières places concentrent une part massive du prize pool. Prévoyez 100+ buy-ins minimum.
6. Règles de bankroll en Sit & Go 🪑
Les Sit & Go sont un format intermédiaire entre le cash game et les MTT. La variance est plus faible qu’en MTT (moins de joueurs, structure de prix plus plate) mais plus élevée qu’en cash game.
| Type de SnG | Buy-ins recommandés |
|---|---|
| SnG standard (6-10 joueurs) | 30 à 50 buy-ins |
| SnG turbo | 40 à 60 buy-ins |
| SnG hyper-turbo | 50 à 80 buy-ins |
| Spin & Go / Expresso | 100 à 200 buy-ins |
💡 Spin & Go / Expresso : ces formats à multiplicateur aléatoire ont une variance extrême. La majorité des gains provient des rares multiplateurs élevés. Sans une bankroll massive, vous serez rapidement éliminé par la variance — même en étant un joueur gagnant.
7. Tableau récapitulatif par format et profil 📋
| Format | 🟢 Conservateur | 🟡 Standard | 🔴 Agressif |
|---|---|---|---|
| Cash game 6-max | 30-40 BI | 20-30 BI | 15-20 BI |
| Cash game full ring | 25-35 BI | 18-25 BI | 12-18 BI |
| MTT (petits fields) | 80-100 BI | 50-80 BI | 40-50 BI |
| MTT (gros fields 1 000+) | 100-150 BI | 80-100 BI | 60-80 BI |
| SnG standard | 40-50 BI | 30-40 BI | 25-30 BI |
| SnG turbo/hyper | 60-80 BI | 40-60 BI | 30-50 BI |
| Spin & Go / Expresso | 150-200 BI | 100-150 BI | 80-100 BI |
Quel profil choisir ?
- Conservateur si : vous débutez, votre winrate n’est pas encore confirmé, ou le poker est un revenu important pour vous
- Standard si : vous avez un historique de résultats positif sur un échantillon significatif (50 000+ mains en cash, 500+ tournois)
- Agressif si : vous êtes un joueur confirmé avec un winrate élevé et prouvé, et vous pouvez recharger votre bankroll en cas de faillite
8. Quand monter de limite ⬆️
Monter de limite est excitant — mais le faire au mauvais moment est l’une des erreurs les plus coûteuses au poker.
Les conditions pour monter
- Bankroll suffisante : vous avez le nombre de buy-ins requis pour la limite supérieure selon votre profil
- Winrate positif confirmé : vous gagnez à votre limite actuelle sur un échantillon significatif (au minimum 30 000-50 000 mains en cash, 300+ tournois)
- Confiance technique : vous êtes à l’aise avec les concepts stratégiques de votre limite et prêt à affronter des adversaires plus forts
- État d’esprit stable : vous ne montez pas pour « vous refaire » après un downswing ou par ennui
La méthode progressive
Plutôt que de monter d’un coup, faites un test :
- Quand votre bankroll atteint le seuil requis, jouez 1 à 2 tables à la limite supérieure tout en gardant vos tables habituelles
- Évaluez votre confort et vos résultats sur 5 000 à 10 000 mains
- Si les résultats sont bons et que vous vous sentez à l’aise, basculez progressivement toutes vos tables
- Si vous perdez et que votre bankroll descend sous le seuil, redescendez immédiatement — sans hésiter
Exemple
Vous jouez NL10 (buy-in 10€) avec 350€ de bankroll (35 buy-ins). Votre seuil pour monter en NL25 est 30 buy-ins = 750€. Quand votre bankroll atteint 750€, vous ouvrez 1 table NL25 + 3 tables NL10. Après 5 000 mains de test, si les résultats sont positifs, vous passez à 4 tables NL25.
9. Quand descendre de limite ⬇️
Descendre de limite n’est pas un échec — c’est du bon money management. C’est la décision la plus mature et la plus rentable que vous puissiez prendre quand les choses vont mal.
Les règles de descente
| Profil | Descendez quand votre bankroll tombe sous… |
|---|---|
| 🟢 Conservateur | 25 buy-ins pour la limite actuelle |
| 🟡 Standard | 15-18 buy-ins pour la limite actuelle |
| 🔴 Agressif | 12 buy-ins pour la limite actuelle |
Pourquoi c’est difficile (et pourquoi c’est indispensable)
L’ego est le plus grand ennemi du bankroll management. Descendre de NL50 à NL25 quand on a l’habitude de jouer NL50 est humiliant — mais c’est temporaire. Persister à NL50 avec une bankroll insuffisante par orgueil, en revanche, peut être définitif.
Règle d’or : les limites seront toujours là demain. Votre bankroll, elle, peut disparaître aujourd’hui.
10. Le stop-loss : limiter les dégâts 🛑
Un stop-loss est une règle que vous vous fixez avant de jouer : un nombre maximum de buy-ins que vous êtes prêt à perdre dans une session donnée. Quand ce seuil est atteint, vous arrêtez — quoi qu’il arrive.
Recommandations de stop-loss
| Format | Stop-loss recommandé par session |
|---|---|
| Cash game | 3 à 5 buy-ins |
| Tournois (par journée) | Budget quotidien prédéfini (ex : 5% de la bankroll max) |
| Sit & Go | 5 à 8 buy-ins |
Pourquoi le stop-loss est crucial
Après 3 buy-ins perdus, la plupart des joueurs sont émotionnellement compromis — même s’ils ne l’admettent pas. Le tilt s’installe insidieusement : vous jouez des mains plus faibles, vous suivez des mises que vous devriez coucher, vous montez les enjeux « pour se refaire ». Le stop-loss coupe ce cycle avant qu’il ne devienne destructeur.
⚠️ Le stop-loss n’est pas négociable. « Je me sens bien, je peux continuer » après -3 buy-ins est exactement ce que dirait un joueur en tilt. Respectez votre règle.
11. Les erreurs fatales de bankroll management 🚫
Erreur 1 : Monter de limite après un gros gain
Vous gagnez 5 buy-ins en une session et décidez de « tester » la limite supérieure avec cet argent « gratuit ». Problème : l’argent n’est pas gratuit — c’est votre bankroll. Et une session gagnante ne signifie pas que vous êtes prêt pour une limite plus élevée. Les adversaires y sont meilleurs et les erreurs plus coûteuses.
Erreur 2 : Monter pour « se refaire »
C’est la variante tilt du bankroll management. Après un gros downswing en NL25, vous montez en NL50 en pensant « je vais récupérer plus vite ». En réalité, vous jouez désormais avec un bankroll insuffisante, contre des joueurs plus forts, en état émotionnel perturbé. C’est la recette parfaite pour la faillite.
Erreur 3 : Jouer avec de l’argent vital
Si perdre votre bankroll aurait un impact sur votre loyer, votre alimentation ou vos factures, vous ne jouez pas au poker — vous jouez avec votre vie. Descendez de limite ou arrêtez jusqu’à ce que vous ayez un capital dédié.
Erreur 4 : Ignorer le rake dans le calcul
Le rake (commission prélevée par la salle) réduit votre winrate effectif. En microlimites, le rake représente souvent 5 à 10 BB/100 — ce qui signifie que vous devez battre vos adversaires ET le rake. Si vous êtes break-even avant rake, vous êtes en réalité perdant. Le rake rend les bankrolls conservatrices encore plus nécessaires.
Erreur 5 : Ne pas avoir de plan de descente
Beaucoup de joueurs ont un plan pour monter de limite mais aucun pour descendre. C’est comme conduire sans frein : tant que ça va bien, pas de problème. Mais dès que ça tourne mal, c’est la catastrophe. Définissez vos seuils de descente avant de commencer à jouer.
Erreur 6 : Mixer les formats sans adapter la bankroll
Jouer du cash NL50 et des tournois à 50€ avec la même bankroll de 1 500€ est dangereux. Vous avez 30 buy-ins pour le cash mais seulement 30 buy-ins pour les tournois — largement insuffisant. Si vous jouez plusieurs formats, calculez la bankroll nécessaire pour chacun séparément, ou dédiez des budgets distincts.
12. Construire un plan de bankroll concret 📝
Voici un modèle de plan que vous pouvez adapter à votre situation.
Étape 1 : Définir votre bankroll initiale
Combien pouvez-vous consacrer au poker sans impacter votre vie ? Soyez honnête. Ce montant est votre capital de départ.
Étape 2 : Choisir votre limite de départ
Divisez votre bankroll par le nombre de buy-ins requis selon votre profil. Le résultat est votre buy-in maximum — et donc votre limite.
Exemple : vous avez 300€ et vous êtes débutant (profil conservateur, 30 buy-ins). 300 ÷ 30 = 10€ de buy-in maximum → vous commencez en NL10.
Étape 3 : Fixer vos seuils de montée et descente
| Seuil pour monter | Seuil pour descendre | |
|---|---|---|
| NL5 → NL10 | Bankroll ≥ 300€ | Bankroll < 150€ → retour NL5 |
| NL10 → NL25 | Bankroll ≥ 750€ | Bankroll < 300€ → retour NL10 |
| NL25 → NL50 | Bankroll ≥ 1 500€ | Bankroll < 750€ → retour NL25 |
| NL50 → NL100 | Bankroll ≥ 3 000€ | Bankroll < 1 500€ → retour NL50 |
Étape 4 : Fixer votre stop-loss par session
3 buy-ins pour un débutant, 5 buy-ins pour un joueur confirmé. Inscrivez-le quelque part de visible avant de jouer.
Étape 5 : Réviser mensuellement
À la fin de chaque mois, vérifiez votre bankroll, votre winrate, et votre respect des règles. Ajustez si nécessaire. Un joueur qui suit ce plan progresse mécaniquement — même lentement.
Questions fréquentes ❓
Puis-je retirer de l’argent de ma bankroll ?
Oui, mais avec discipline. Si votre bankroll dépasse largement le seuil de votre limite actuelle (ex : 50 buy-ins alors que vous en ciblez 30), vous pouvez retirer le surplus. Mais ne retirez jamais en dessous du seuil minimum. Certains joueurs se fixent un « cash-out plan » : par exemple, retirer 50% de tout gain au-dessus de 40 buy-ins.
Est-ce que 20 buy-ins suffisent vraiment ?
Pour un joueur gagnant avec un winrate confirmé en cash game 6-max, oui — la probabilité de ruine avec 20 buy-ins et un winrate de 5 BB/100 est inférieure à 5%. Mais si votre winrate n’est pas encore confirmé, 20 buy-ins est un minimum risqué. Commencez à 30.
Faut-il compter les bonus et le rakeback dans la bankroll ?
Le rakeback (remboursement partiel du rake) est un revenu régulier et prévisible — vous pouvez le compter. Les bonus ponctuels (bonus de dépôt, challenges) sont moins fiables et ne devraient pas être comptés dans votre bankroll de base. Traitez-les comme un cushion supplémentaire.
Comment gérer la bankroll si je joue en live ?
Les principes sont identiques, mais le live a 2 différences majeures : le volume de mains est beaucoup plus faible (25-30 mains/heure vs 60-100+ en ligne), ce qui signifie que les swings semblent plus longs en temps réel ; et les buy-ins live sont souvent plus élevés (une table live 1€/2€ correspond à NL200 en ligne). Appliquez les mêmes ratios de buy-ins.
Dois-je avoir une bankroll séparée pour chaque format ?
Idéalement, oui. Si vous jouez cash game et tournois, ayez deux budgets séparés. Sinon, calculez la bankroll nécessaire pour le format le plus exigeant (les tournois) et utilisez-la comme base. Ne faites jamais l’erreur de penser que 1 500€ suffit pour NL50 cash ET des tournois à 50€.
Je débute avec 50€. Par quoi je commence ?
Avec 50€ et un profil conservateur (30 buy-ins), votre buy-in max est ~1,50€ → commencez en NL2 (blindes 0,01€/0,02€). Ce n’est pas glamour, mais c’est la bonne approche. Apprenez les fondamentaux, construisez votre winrate, et montez les limites organiquement. Les joueurs qui essaient de « skip » les microlimites finissent presque toujours par perdre et devoir recommencer — mais avec moins d’argent.
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